Crains comme peste les mots Sortis de la littérature.
Les mots ne doivent être que le vêtement, sur mesure rigoureuse, de la pensée.
Les mots sont sacrés et sans innocence. Ils appellent le destin de ceux ou celles qui les tracent.
Quand un homme parle beaucoup, il y a bien des mots qui ne servent à rien...
Toute la métaphysique n'est qu'une partie de la littérature fantastique.
Adieu poète ! Il faut que les mots enterrent les mots.
Falbalas, belladone, ombelle, floréal... Combien de mots encore ont des robes de bal ?
Les mots n'ont rien de véritablement étranger, mais les images qu'ils suscitent ne débouchent que sur des sensations de meurtre inaccompli, de cruauté diffuse et de malaise. On ne saisit pas l'intention de celui qui parle et on ne comprend même pas qui prend la parole.
Quand on se retrouve à côté des pestiférés, une fracture nette sépare votre monde de celui des épargnés. On ne veut ni charité, ni empathie. De chaque côté des frontières, les mots n'ont plus le même sens.
Je crois fermement que la lecture et la littérature peuvent aider une société à mieux se comprendre.
Quand les mots sont rares, ils sont rarement dépensés en vain.
Que notre vie n'ait pas de valeur artistique, c'est très possible. Raison de plus pour que la littérature en ait une.
Les mots n'existent pas seuls ; derrière eux se cachent une idée, un sentiment, un je ne sais quoi qui les meuvent...
Le grave inconvénient d'être l'ami le plus intime d'un jeune auteur dramatique, c'est qu'il vous prie d'assister à la première dans la loge de sa mère.
Il ne faut pas beaucoup de mots pour dire la vérité.
La littérature mène à tout pourvu qu'on ne s'en serve pas.
Il est navrant de songer qu'après avoir survécu aux invasions barbares, à l'Inquisition, à la peste noire... l'humanité finira par succomber, pour avoir pulvérisé à l'aide de bombes aérosols, ces chlorofluorocarbures fatals à la couche d'ozone.
Rien n'est plus odieux que la musique sans signification cachée.
D'une utilisation imprécise, tous les mots ont perdu leur tranchant.
Tout livre qu'un autre que son auteur aurait pu écrire est bon à mettre au panier.
Quand on arrive à exprimer quelque chose avec un regard et la musique au lieu de le dire avec des mots ou de faire parler le personnage, je pense que c'est un travail plus complet.
Au téléphone le mensonge le plus fréquent tient en ces cinq mots : "Le chèque est déjà parti".
La peinture se vend mieux que la littérature : il est plus facile de planter un clou que de finir un livre.
C'est sans doute la vocation du romancier, devant cette grande page blanche de l'oubli, de faire ressurgir quelques mots à moitié effacés, comme ces icebergs perdus qui dérivent à la surface de l'océan.
Les mots peuvent être mortels. Un mot peut tuer quelque chose en vous ou installer dans votre coeur une lèpre que rien ne pourra plus guérir.
Une société se définit par la langue qui la structure et qui donne une signification aux informations qu'on y échange.
Quand un avare envoie un télégramme payé au mot, il choisit les mots les plus longs afin d'en avoir pour son argent.
Répétés trois fois, les mots deviennent fades comme l'eau.
Ce qu'on cherche surtout dans les livres sans s'en apercevoir, ce sont des mots propres à exprimer nos diverses pensées.
Les racines des mots sont-elles carrées ?
L'O donne de la majesté à tous les mots en les rendant plus sonores.