Le jour de la mort de Brassens j'ai pleuré comme un môme. J'ai vraiment pas honte de le dire. Alors que - c'est curieux - mais, le jour de la mort de Tino Rossi j'ai repris deux fois des moules.
Cette citation de Pierre Desproges exprime avec une force comique et une honnêteté brutale une forme de jugement de valeur personnel et subjectif. Le contraste est établi entre l'émotion sincère et profonde ("pleuré comme un môme") ressentie à la mort de Georges Brassens (artiste souvent associé à la poésie, à l'irrévérence et à l'authenticité) et l'indifférence joyeuse, voire le plaisir gourmand ("repris deux fois des moules"), provoqués par le décès de Tino Rossi (chanteur emblématique de variétés, souvent perçu comme plus lisse ou grand public). Le fond de la citation est une déclaration d'amour pour l'œuvre de Brassens, tout en manifestant un désintérêt total pour celle de Rossi.
Cette phrase vous invite à assumer vos propres jugements de valeur, même s'ils sont perçus comme irrévérencieux ou décalés. Elle encourage à :
Le message essentiel à retenir est qu'il est essentiel de connaître et d'affirmer vos passions. Vos réactions émotionnelles sont le reflet de vos affinités profondes, et il n'y a aucune honte à ressentir de l'émotion pour ce qui vous touche vraiment, tout comme il n'y a aucune honte à rester indifférent face à ce qui ne vous parle pas, même si c'est une icône établie. La citation est un hymne à la subjectivité sincère, enveloppé dans l'humour noir caractéristique de son auteur.
Le style est typique de Desproges :
Cette citation est en résonance avec toute la pensée de Desproges, qui valorise la liberté de ton, l'irrévérence et l'humour noir comme outils de lucidité face à l'existence et à la bêtise humaine. Elle est liée à l'idée qu'il faut se méfier du consensus et des émotions convenues, un thème récurrent dans ses chroniques et spectacles. Elle évoque aussi, plus largement, la question de l'héritage culturel et de la postérité des artistes : qui sera pleuré, et qui sera oublié ?
Cette phrase est issue des textes de scène de Pierre Desproges. Elle provient de son spectacle intitulé "Dernières volontés" ou de chroniques humoristiques similaires, où il abordait, avec son ironie habituelle, le thème de la mort et de ses propres jugements. La citation s'inscrit dans un passage où Desproges évoque son admiration pour Brassens.
L'auteur est Pierre Desproges (1939-1988), humoriste, écrivain et chroniqueur français, célèbre pour son humour noir, son sens de l'absurde, son érudition et sa maîtrise virtuose de la langue française. Il est une figure majeure de l'humour « intello » et irrévérencieux en France.
La citation fait référence à deux événements réels :
Desproges prononce cette phrase dans les années 1980, une période où le clivage culturel entre la « chanson à texte » et la « variété » était très marqué. Brassens était déjà élevé au rang de poète national, représentant une certaine exigence intellectuelle et une critique sociale, tandis que Tino Rossi, idole d'avant-guerre, était l'archétype du chanteur de charme et de Noël, souvent associé à une image un peu désuète. Desproges utilise ce contraste culturel pour provoquer et faire rire.
Même si la description physico-chimique des processus matériels correspondant à la conscience devait être un jour possible, même si l'observation physiologique ou psychologique devait permettre de prédire avec une assurance pertinente notre comportement dans les moments de décision et de [...] â–º Lire la suite