Avec toi j'étais ailleurs, en un lieu étranger; étranger à moi-même. Tu m'offrais l'accès à une dimension d'altérité supplémentaire, -à moi qui ai toujours rejeté toute identité et ajouté les unes aux autres des identités dont aucune n'était la mienne.
Je suis ce même David Crockett, fraîchement sorti des bois, mi-cheval, mi-alligator, un peu touché par la tortue serpentine; peut patauger dans le Mississippi, sauter l'Ohio, monter sur une traînée de foudre et glisser sans égratignure sur un criquet mellifère.
Quand c'est non, c'est non, on est bien d'accord. Mais comment fait-on pour rouler un patin aujourd'hui ? On adresse un courrier recommandé AR et on attend la réponse ?
Ce que je peux dire, en revanche, c'est qu'Yves Saint Laurent m'a très vite poussée à extérioriser mes émotions, ce qui a été un premier pas inconscient vers la scène.
Je déteste le fait que les gens pensent que le «compromis» est un gros mot.
J'étais un élève malheureux. Je faisais toujours l'école buissonnière. J'étais mauvais élève et il n'y avait vraiment que l'art qui me plaisait, parce qu'on pouvait y faire ce que l'on voulait.
Le concept de roman total m'intéresse, le roman qui explique tout un monde.
Il fait partie de ces hommes qui se construisent un destin pour échapper à celui du commun des mortels. Pour rester dans les livres et dans l'Histoire
D'étranges rêveries comptent mes nuits,D'un long voyage où rien ne vit,D'étranges visions couvrent mon front,Tout semble revêtu d'une ombre,L'étrange goût de mort,S'offre mon corps,Saoule mon âme jusqu'à l'aurore.
- Est-ce là le paradis ? demanda Hinkston.- Absurde. Non. C'est un monde où l'on a une deuxième chance. Personne ne nous a dit pourquoi. Mais personne ne nous a dit pourquoi nous étions sur la Terre, non plus.
Je préfère les livres aux humains: ils sont déjà écrits, on les ouvre, on les ferme à volonté.Un être humain, on ne sait jamais comment le prendre, on ne peut le ranger ou le déranger à loisir.
On ne se suicide pas parce que l'on est désespéré, on se suicide pour garder un peu d'espoir.
Dieu sait qu' je n'ai pas le fond méchant,je ne souhait' jamais la mort des gens ;Mais si l'on ne mourait plus,J'crèv'rais d'faim sur mon talus...J'suis un pauvre fossoyeur.
Il ne faut pas chercher cette situation inouïe des âmes supérieures en un autre point de l'histoire que cette fin de siècle, où le mépris de toute transcendance intellectuelle ou morale est précisément arrivé à une sorte de contrefaçon du miracle.
Marx, Darwin et Freud sont les trois ennuyeux les plus fracassants du monde occidental. La vulgarisation simpliste de leurs idées a jeté notre monde dans un carcan mental dont nous ne pouvons sortir que par la violence la plus anarchique.
Un auteur est souvent obscur pour le lecteur parce qu'il procède de la pensée à l'expression plutôt que comme le lecteur de l'expression à la pensée.
J'ai une très longue relation avec l'Amérique. Ma mère a grandi là-bas et j'ai senti dans une certaine mesure que j'y appartenais en partie. J'y ai été brièvement scolarisé pendant environ un an.
Je suis d'un optimiste naturel, mais il me semblait que je ne faisais que mettre au dos de l'enveloppe ce que je devais payer ce mois-ci.
Un moment de révélation pour se rappeler que nous sommes intemporels, nous comptons tous.
Mon père... m'a jamais obligé d'étudier quoi que ce soit, mais il savait m'inspirer un grand désir de connaissance. Avant d'apprendre à lire, mon plus grand plaisir était d'écouter des passages de l'histoire naturelle de Buffon. Je l'ai constamment demandé de me lire l'histoire des animaux et des oiseaux...
Si vous n'avez qu'un seul cochonnet, il se perdra rapidement dans les buissons.
Sculpture monumentale : un groupe de consommateurs, main en l'air, réclamant l'addition.
T'as appelé les pompiers ? Mais, tu leur as dit quoi ? Il y a une vieille chatte coincée en haut d'une barre de pool dance ?...Très drôle... T'as sucé un clown ?
Quand je serai très vieille, 40 ans ou à peu près, avec des centaines d'enfants et tout, je serai peut-être un peu triste de lire quelqu'un d'aussi jeune. Quand je boiterai, je pleurerai peut-être un peu de toutes mes activités passées et sangloterai peut-être face à mes jeunes os et mes idéaux.
La fête, c'est un dimanche un peu plus animé, voilà, tout.
- J'ai jamais vu un con pareil !- Tu sais pas regarder.
L'amour ne se transmet pas par des mots ou par des explications. Il s'exprime par des gestes plutôt que par des idées, par un ton de voix plutôt que par des paroles.
L'amour affirme, engage, entraîne, l'amitié attend. Chacun a d'égales richesses, mais elles ne sont pas du même ordre. Aimer d'amour, c'est partir à la conquête des étoiles et tout risquer pour un embrasement du ciel.
Ils m'étaient chers comme des souvenirs déjà reculés. C'est un peu bête de s'attacher si vite à des personnes qui n'ont en somme qu'un rôle passager dans votre existence. C'est l'histoire des émotions en commun.
Ne pas respecter un hôte, c'est à leurs yeux commettre un sacrilège : ceux qui, pour une raison quelconque, viennent chez eux, ils les protègent, leur personne leur est sacrée ; toutes les maisons leurs sont ouvertes et ils ont place à toutes les tables.
Un journal intime a des pouvoirs, quand on le relit, quand on le retrouve, c'est incroyable ce que ça ramène comme images, comme souvenirs d'une précision inouïe pour celui qui l'a écrit.
Un homme n'est jamais que le spectateur de son talent et ne peut se prévoir.
Par elle-même la situation du migrant le contraint à déployer sont pouvoir d'adaptation, à valoriser ses talents, ses ressources mentales, son courage. Le migrant est un entreprenant-né, un entreprenant obligé, un innovateur qui doit justifier sa nouvelle place au soleil.
Beau comme un journalier.
Le test d'un gouvernement n'est pas à quel point il est populaire auprès de quelques puissants et privilégiés, mais à quel point il traite honnêtement et équitablement les nombreuses personnes qui doivent dépendre de lui.
Le major North a depuis des années un pouvoir complet sur ces Indiens et peut faire plus avec eux que n'importe quel homme vivant.
Un bon livre se retrouve toujours entre les mains d'un lecteur libre. Sinon il n'y reste pas longtemps, car le mauvais lecteur cherche à se débarrasser de tout ce qui ne ressemble pas à ce qu'il a déjà lu. Un livre-pute n'est jamais loin de devenir un livre-culte.
Un plébiscite est un vote populaire destiné à bien établir l'autorité du souverain.
C'est trop d'un seul ennemi et trop peu d'un millier d'amis.
C'est long à élever, un père.
L'homme vaut-il la peine de déranger un Dieu pour le "créer" ?
Partir sans personne, c'est un peu comme rester.
Ton père était un panier percé. C'était un de ces enfants aristocratiques qui s'étaient intégrés en France, mais qui avaient toujours peur d'être considérés comme des "métèques", des étrangers indésirables, au fond, seulement acceptés dans la mesure ou ils avaient - et dépensaient - de l'argent.
Tout être émet un climat, une humeur générale qui est sa longueur d'onde. Elle le suit pas à pas, quoi qu'il fasse, et s'inscrit dans la mémoire comme la synthèse de son passage.
Il prétend qu 'il y a des bruits et des odeurs quand mes amis et moi nous préparons de la nourriture et écoutons de la musique de notre pays d'origine pour oublier un peu les tracas de la vie quotidienne.
Je l'ai compris plus tard : les gens d'Hollywood se délectent du déclin des stars. Ils aiment vous placer sur un piédestal, mais adorent vous en déloger...
L'habitude de faire des compliments maintenait la langue d'un homme huilée sans aucune dépense.
Il y a un avantage à être là depuis aussi longtemps que moi. Tout le monde au Sénat me connaît et - je vais dire quelque chose de présomptueux, pour me répéter - je pense que la plupart me respectent.
Ce qui fait d'un livre une oeuvre d'art, c'est précisément tout ce qui empêche de le résumer en une formule, toute cette richesse, cette beauté secrète qui, bien souvent, contredit d'une certaine manière, serait-ce à l'insu de l'auteur lui-même, le mouvement visible de sa pensée.
Écrire des chansons est super intime. C'est un peu comme se dénuder.