Je déteste ces artistes qui font de faux adieux et qui sont encore là vingt ans après. Greta Garbo a très bien réussi ses adieux. Elle est partie et on ne l'a plus jamais revue.
J'ai choisi douze narrateurs qui ne sont pas d'accord entre eux, ce qui donne plus d'espace au lecteur pour l'esprit critique.
L'ennui, avec les voitures de sport, c'est que le jour où vous avez enfin les moyens de vous en offrir une, la plupart du temps vous ne pouvez plus rentrer dedans.
Il y a des hommes si pauvres qu'il ne leur reste guère, bien à eux, que leur nom.
Ne vous effrayez pas de ce que vous entendez avant de l'avoir vu.
Ne pourrait-on même soutenir que c'est parce que les hommes sont inégaux qu'ils ont d'autant plus besoin d'être frères ?
En choisissant le succès, on ne choisit pas son public.
Certaines femmes, ne deviennent spirituelles qu'en vieillissant ; on dirait qu'alors elles travaillent à se faire écouter pour empêcher qu'on les regarde.
La pensée est comme la flamme : elle ne se diminue pas en se communiquant.
Un homme, un jour, laissa tomber par mégarde sa tartine beurrée et ce jour-là, par extraordinaire,elle ne tomba pas sur le côté où s'étalait le beurre. Contrairement à toutes les habitudes,à toutes les croyances, contrairement à ce qu'affirment les Ecritures, la tartine tomba du côté du pain sec.
Aucun point de l'espace et du temps ne peut être privilégié. Et s'il existe une suite logique d'événements suggérant qu'un moment donné serait effectivement privilégié, il ne faut surtout pas conclure à une coïncidence.
Il va falloir répondre. Il va falloir choisir. Il va falloir proposer. Ne plus se contenter d'attendre, cyniquement, que l'oiseau nous tombe tout rôti dans le bec. Parce qu'il n'y aura pas d'oiseau, sinon un oiseau de malheur.
La perspective d'un châtiment modéré, mais auquel on est sûr de ne pouvoir échapper, fera toujours une impression plus vive que la crainte vague d'un supplice terrible, dont l'espoir de l'impunité anéantit presque toute l'horreur.
N'ayant rien, il ne peut rien perdre.
Le président continue à nous dire que le virus va disparaître. Il continue à espérer un miracle. Je vais lui apprendre quelque chose: il n'y aura pas de miracle. Notre économie ne retrouvera jamais sa vigueur tant que nous n'aurons pas affronté ce virus.
En fait le verbe croire se réfère à deux attitudes fort différentes : admettre la sincérité de celui qui s'exprime, ou admettre la véracité d'un fait. (...) Je peux croire en la sincérité d'un témoin et ne pas croire le contenu de son témoignage.
L'artificier ne voit le monde qu'à travers une multitude de scènes pyrotechniques, il est sans cesse en train de rêver, une gerbe par ci, une comète par là... Nous sommes d'éternels rêveurs à la recherche d'un bonheur perpétuellement renouvelé.
Ce qui nous arrive ne regarde que nous.
Les hommes se lassent d'aimer, mais ne se lassent pas de se haïr.
On ne se trompe jamais en conférant à quelqu'un le grade qu'il n'a pas atteint. Celui qui bénéficie de cette erreur est tout prêt à la pardonner, en pensant que le flatteur a simplement un peu d'avance.
Le verbe désarmer ne se conjugue qu'au futur ou qu'au conditionnel.
Il ne faut craindre rien, quand on a tout à craindre.
On ne sait bien que ce que l'on n'a point appris.
Il serait difficile de prouver que les femmes sont incapables d'exercer les droits de cité. Pourquoi des êtres exposés à des grossesses et à des indispositions passagères ne pourraient-ils pas exercer des droits dont on n'a jamais imaginé de priver les gens qui ont la goutte tous les hivers et qui s'enrhument aisément ?
Auparavant, dans mon pays, je lui avait dit que je me ferais pour lui Chinoise, Hottentote ou n'importe quoi. Maintenant je ne peux plus ! Je resterai Américaine à jamais !
Le tout est de frapper les arrières... Ne riez surtout pas de l'égorgement des nouveau-nés.
Ces écritures intellectuelles sont donc instables, elles restent littéraires dans la mesure où elles sont impuissantes et ne sont politiques que par leur hantise de l'engagement.
En tout pays, chacun renâcle devant certaines contraintes du progrès. Mais dans les pays polycentriques, ce refus est surmonté : les récalcitrants ne peuvent s'en prendre à personne d'une évolution qui est celle de l'époque; elle les déborde de toutes parts; elle est un défi, qu'ils relèvent.
Ne vit dans les tourments que celui qui comprend.
J'ai mal de mes musclesJ'ai mal de cette heure de pause où je devrais être mais où je ne suis pasEn fumant ma clope chez moiJe suis encore à l'usine
Les personnes à craindre ne sont pas celles qui ne sont pas d'accord avec vous, mais celles qui ne sont pas d'accord avec vous et qui sont trop lâches pour vous le faire savoir.
Quand tout le monde obtient quelque chose pour rien, bientôt plus personne n'aura rien, parce que personne ne produira rien.
Je ne comprends pas comment quelqu'un peut écrire sans tout réécrire encore et encore.
Les gens bavardent. Les gens ne sont pas sûrs d'eux, alors ils parlent des autres pour qu'on ne parle pas d'eux. Ils soulignent les défauts des autres pour les faire se sentir bien dans leur peau.
Je ne quitte presque jamais Londres. Je n'aime pas la campagne en Angleterre.
Huit spectacles par semaine sont décourageants et peuvent être terrifiants. Mais cela ne fait qu'instaurer un tel sentiment de confiance et de croissance.
La plupart des gens dans le monde ne veulent pas vraiment être libres. Ils croient seulement le vouloir. Pure illusion. Si on leur donnait vraiment la liberté qu'ils réclament, ils seraient bien embêtés. En fait, les gens aiment leurs entraves.
Les mots ne viennent au monde que si l'on a absolument besoin d'eux.
Comment peut-on ne pas adorer les cloîtres, ces lieux tranquilles, fermés et frais, inventés, semble-t-il, pour faire naître la pensée pendant qu'on va à pas lents sous les longues arcades mélancoliques ?
Il faut se dire que les malentendus sont féconds. Il ne faut pas les mépriser.
Si tu ne réussis pas du premier coup, tu es comme tout le monde. C'est ce qu'on appelle apprendre.
Le vent tout seul ne fait pas de bruit, c'est quand il souffle dans les branches qu'on l'entend., autant dire que c'est la branche qui fait le vent, il lui doit tout...
J'étais entré au ministère aussi... Un autre univers. Qui me plaisait. Parce que, dans les ministères, le travail, je ne dis pas qu'il ne sert à rien, non, non, il sert mais au moins on ne voit pas à quoi. Ça rassure.
Les larmes entretiennent les plaies, elles ne les cicatrisent pas.
L'Amérique exorcise la question de l'origine, elle ne cultive pas d'origine ou d'authenticité mythique, elle n'a pas de passé ni de vérité fondatrice. Pour n'avoir pas connu d'accumulation primitive du temps, elle vit dans une actualité perpétuelle
Il est inutile de respecter les vivants, à moins qu'ils ne soient les plus forts. Dans ce cas, l'expérience conseille plutôt de lécher leurs bottes, fussent-elles merdeuses. Mais les morts doivent toujours être respectés.
Les faits sont inexorables, ils ne connaissent point la pitié.
Seule face à elle-même. Elle se mariait donc, maudite de ses parents. Rejetée, excommuniée, le herem était sur elle. Impure, sale, reniée par les siens. Et elle avait fait fait le choix de ne pas suivre ses parents, la tradition ancestrale.
À celui qui souffre, les consolations d'un consolateur joyeux ne sont pas de grand prix.
Rappelez-vous que les meilleurs et les plus grands parmi l'humanité sont ceux qui ne se font aucun bien matériel. Tout homme qui réussit est plus ou moins un homme égoïste. Les dévoués échouent.