J'entends rire les morts quand on parle de dieux.
Il n'y a pas de belle mort. Il y en a qui sont belles à raconter - mais, celles-là, ce sont les morts des autres.
Comme ils souffrent, les morts qu'on n'aime plus !
Le public est si malin qu'il rend moins volontiers justice aux vivants qu'aux morts, et que souvent il n'élève les morts que pour rabaisser les vivants.
Un économiste est un chirurgien doté d'un excellent scalpel et d'une lancette à tranchant rugueux, qui opère magnifiquement les morts et torture les vivants.
Que les morts deviennent bons, compréhensibles et désirables à mesure que l'absence et le temps les éloignent.
Presque tous les morts sont bons.
Les morts se défendent avec moins d'aisance encore que les vivants.
N'embrasse pas les morts car ils étouffent les vivants.
Le passé est un enfer dont les morts ne peuvent plus sortir.
La plus grande charité envers les morts, c'est de ne pas les tuer une seconde fois en leur prêtant de sublimes attitudes. La plus grande charité, c'est de les rapprocher de nous, de leur faire perdre la pose.
Il y a une chose dont on ne loue jamais les morts et qui est cependant la cause de toutes les louanges qu'on leur a données : c'est qu'ils sont morts.
Les morts ne sont que des vivants amnistiés.
Tous les morts sont pauvres.
Il ne faut pas sournoisement respecter les morts. Il faut traiter leurs images en amies et aimer tous les souvenirs qui nous viennent d'eux. Il faut les aimer pour eux-mêmes et pour nous, dût-on déplaire aux autres.
Les morts se prêtent aux réconciliations avec une extrême facilité.
Les morts passent l'éternité à dire la vérité et personne n'est capable de les entendre.
A quoi bon insulter les morts, puisqu'ils n'en souffrent pas ?
Ami, sois homme : les femmes pleurent les morts, les hommes les vengent !
C'est étrange comme les morts nous sautent dessus au coin des rues ou dans les rêves.
Vers les morts, Il n'est pas de géographie.
Je regardais au loin... Une armée d'enfants rangée en bataille. Ils étaient cependant immobiles, mais en transe. Je les voyais, non loin de moi, envoutés par le désir d'aller à la mort. Hallucinés par des champs illimités où, un jour, ils s'avanceraient, riant au soleil : ils laisseraient derrière eux les agonisants et les morts.
L'homme oublie qu'il est un mort qui converse avec les morts.
Existe-t-il une seule naissance qui ne convoque pas les morts ?
C'est le bon moment pour venger les morts, tous ces innocents ; avoir enfin Al-Achid en face-à-face, lui laisser juste le temps de comprendre ce qui lui arrive, lui mettre deux balles dans la poitrine, et une autre dans la tête !
La séparation entre les vivants et les morts est une séparation fictive. Le passage est plus simple que nous ne l'imaginons. C'est juste un changement de lieu, et le gravissement d'un degré.
Les vivants ne peuvent rien apprendre aux morts ; les morts, au contraire, instruisent les vivants.
L'obstination est contraire à la nature, contraire à la vie. Les seules personnes parfaitement obstinées sont les morts.
Les racines, c'est aussi les morts.
Seuls les morts n'ont pas de problèmes.
Chez les morts la richesse ne sert plus à rien.
Les livres ne ressuscitent pas les morts, ne métamorphosent pas un idiot en homme raisonnable, ni une personne stupide en individu intelligent. Ils aiguisent l'esprit, l'éveillent, l'affinent et étanchent sa soif de connaissance.
Il y a les vivants les morts et ceux qui sont en merIl y a les vivants les morts et ceux qui sont en guerre
Les vivants ne peuvent plus rien apprendre aux morts, mais les morts au contraire instruisent les vivants.
Les après-guerre sont faites pour enterrer les morts et trouver quelques belles phrases.
Dieu aime les morts.
En un mot, les vivants sont toujours, et de plus en plus, dominés par les morts.
Si vous revenez d'entre les morts, vous n'avez pas le même système de valeurs, je pense.
Une fois il dit à maman : "Cette séparation entre les vivants et les morts est une séparation fictive. Le passage est plus simple que nous ne l'imaginons. C'est juste un changement de lieu, et le gravissement d'un degré.".
Il n'y a plus, de nos jours, que deux sortes de piétons : les rapides et les morts.
Que les morts seraient embarrassants s'ils revenaient !
Les morts aux visages rompus se redressent,La langue des humiliés se gonfle,Orageuse se lève la marée des victimes.
Les rides qui fanaient le visage de la Patrie, les morts de la France combattante les ont effacées; les larmes d'impuissance qu'elle versait, ils les ont essuyées; les fautes dont le poids la courbait, ils les ont rachetées.
Les vivants sont toujours, et de plus en plus, dominés par les morts.
Tant que la fenêtre est ouverte et que je reste éveillée, je ne crains pas la solitude. Dommage que les morts n'aient pas droit à la parole. Je suis certaine qu'ils auraient beaucoup à dire.
Les morts ne se comportent pas tous de la même façon. Il y en a qui s'effacent tout de suite, on dirait qu'ils n'attendaient que ça. D'autres te tournent autour, ils te visitent en rêve, ils veulent quelque chose...
Il est inutile de respecter les vivants, à moins qu'ils ne soient les plus forts. Dans ce cas, l'expérience conseille plutôt de lécher leurs bottes, fussent-elles merdeuses. Mais les morts doivent toujours être respectés.
Le pays est peuplé d'exaltés convaincus que les morts sont parmi nous, que dans la forêt gambadent des créatures invisibles ou qu'en s'exposant aux ondes sonores adéquates on peut rétablir son champ magnétique... Il suffit de leur donner l'occasion de déballer leurs théories, et on part sur de drôles de routes.
Cela pèse lourd, une absence. Bien plus lourd qu'une disparition. Parce que avec les morts, c'est commode, on sait qu'ils ne reviendront pas. Tandis que les lointains nous narguent ou nous font espérer.
Léopold et Clotilde sont au cimetière de Bagneux. C'est toujours pour eux un apaisement de s'y promener. Ils parlent aux morts et les morts leur parlent à leur manière. Leur fils Lazare et leur ami Marchenoir sont là, et les deux tombes sont cultivées par eux avec amour.