Que les morts seraient embarrassants s'ils revenaient !
Laissons nos morts à la nature, qu'ils servent à quelque chose au moins.
Dans les milieux littéraires, quand on parle des poètes morts jeunes, ce sont les poètes morts vieux qui se mouchent.
Auront-ils une part du royaume, eux qui ne seraient pas capables de donner aux hommes même le creux d'un noyau de datte ?
Si les pays étaient des personnes, l'Angleterre et la France seraient des vieillards. L'Italie serait morte. Comparé à eux, l'Amérique est dans sa vingtaine.
Je crois que dans les périodes d'irréligiosité les gens les plus débauchés sont ceux qui seraient devenus de fanatiques prosélytes dans des périodes où la religion domine.
Tous les hommes seraient des lâches s'ils en avaient le courage.
Un diplomate est un homme qui est payé pour tenter de résoudre les difficultés qui ne se seraient jamais présentées s'il n'y avait pas eu de diplomates.
Un mort en France est plus émouvant que 10 000 morts à l'étranger. Le premier est une tragédie, les seconds une statistique. La sensibilité suit la loi de la proximité.
Quelles vies seraient nos vies si elles n'étaient pas pécheresses ?...
Nos faibles efforts pour améliorer la condition humaine ne seraient que distraitement continués par nos successeurs ; la graine d'erreur et de ruine contenue dans le bien même croîtrait monstrueusement au contraire au cours des siècles.
Poursuivre le bonheur, au lieu de le laisser venir, n'est-ce pas courir après le reflet d'un mot ? En fait, les hommes seraient plus heureux si on leur parlait moins de bonheur !
Les morts ont forcément le dernier mot, ils ne lâchent jamais prise, ils sont en vous désormais.
Il est malheureux que les gens ne voient que les différences qui les séparent. S'ils regardaient avec plus d'amour, ils discerneraient surtout ce qu'il y a de commun entre eux, et la moitié des problèmes du monde seraient résolus.
Les serments qu'échangent deux amants sont aussi raisonnables que le seraient ceux qu'échangeraient un gigot et l'homme qui l'entame.
La bonne humeur et la santé seraient le pinacle de la condition humaine ! La communication, le nec plus ultra de nos relations ! Quelle niaiserie !
On vante les morts parce qu'on est sûr qu'ils n'en démentiront rien.
La vie serait plus douce si on se levait plus tard parce que les soirées seraient plus longues.
Les morts sont plus nombreux que les vivants. Leur nombre augmente. Les vivants sont rares.
Que les femmes seraient agréables si elles ne tenaient pas absolument à être heureuses !
Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons car demain nous mourrons.
Il vaut mieux insulter les morts qu'insulter les vivants, on ne risque pas de se ramasser une baffe.
Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre! Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés!
Toutes les vérités seraient bonnes à dire si on les disait ensemble.
La Toussaint est le jour où les morts de demain vont rendre visite à ceux d'hier.
Les hommes seraient un peu plus intéressés par la monogamie si elle sonnait moins comme "monotonie".
Les femmes détestent un jaloux qui n'est point aimé ; mais elles seraient fâchées qu'un homme qu'elles aiment ne fût pas jaloux.
Les après-guerre sont faites pour enterrer les morts et trouver quelques belles phrases.
Règlement : "Les vivants sont priés de respecter le silence des cimetières, d'autant que les morts eux-mêmes en sont capables".
Si les femmes avaient la majorité dans les conseils municipaux, les créneaux seraient interdits.
- Babi, BABI ! [Il la prend par le bras] - Me touche pas ! - Babi, écoute moi s'il te plait ! - J'en peux plus, t'as une vie de merde ! Pleine de morts et pleine de sang, ça t'es complètement égal [...] â–º Lire la suite