La recrudescence des psychoses et des névroses n'a peut-être pas d'autre origine que le refus de mettre les morts à leur place.
Seuls les morts peuvent ressusciter. Pour les vivants, c'est plus difficile.
Que les morts seraient embarrassants s'ils revenaient !
Ce n'est pas parce que les autres sont morts que notre affection pour eux s'affaiblit, c'est parce que nous mourrons nous-mêmes.
Les hommes morts pour l'idéal patriotique sont journellement honorés et respectés.
Les morts n'ont pas de voix, heureusement. Si les morts pouvaient se plaindre, quel cri, quelle clameur. On ne s'entendrait plus vivre.
L'humanité se compose de plus de morts que de vivants.
Les millions d'êtres humains qui ont été abattus, torturés, affamés, traités comme des animaux et ont fait l'objet d'une conspiration ridicule, peuvent dormir en paix dans leurs tombes communes, car au moins la lutte dans laquelle ils sont morts a [...] â–º Lire la suite
Le siècle est fou. Fou de lâchetés, de démissions, de mensonges, d'impostures et de laideur, et ce qu'on appelle "crise de civilisation" n'est en vérité que le refus apeuré de toute hauteur.
Pour que Charb, Cabu et les autres ne soient pas morts pour rien, laissez-nous l'ouvrir et risquer notre peau.
Les morts n'ont pas de noms. Et nous ne devrions pas non plus. Sans nom ni passé, ceux d'entre nous qui sont assez forts pour être encore vivants ici peuvent se connaître à un niveau primitif.
Le refus de vieillir, ce n'est pas seulement l'obstination à garder un corps jeune, c'est parfois une mentalité inapte à maturation.
À bien des égards, la tâche du critique est aisée. Nous ne risquons pas grand-choses, et pourtant, nous jouissons d 'une position de supériorité par rapport à ceux qui se soumettent avec leur travail, à notre jugement. Nous nous épanouissons [...] â–º Lire la suite
Je laisse parfois négligemment entrouvertes la porte de ma chambre et je prends des poses évocatrices quand il passe et que je m'habille en tenant compte de ses goûts. Et surtout je ne refuse plus ses avances. Un homme supporte [...] â–º Lire la suite
Nous voyons les mêmes étoiles que les morts et l'odeur qui monte de la terre est le fantôme de toutes ses fleurs.
Les églises ne sont-elles pas des dortoirs des vivants aussi bien que des morts ?
Le non de quelques-uns plaît davantage que le oui des autres. Le refus accompagné de douceur et de civilité satisfait davantage un bon coeur qu'une grâce qu'on accorde sèchement.
Ceux qui ont voulu changer le monde en sont morts et ceux pour qui rien n'a changé sont morts également.
Les vivants sont dans le corbillard, les morts suivent le cortège.
- Le premier homme qui a enterré ses morts, tu crois qu'il l'a fait par respect pour eux ?- Ah ! Ah ! C'est le mensonge qu'ont inventé philosophes et scientifiques pour couvrir l'humanité. Le premier homme a enterré ses morts pour éliminer les preuves d'un meurtre !
Les morts se défendent avec moins d'aisance encore que les vivants.
Toutes les actions accomplies partout dans le monde ont pour origine l'imagination.
Pourquoi des êtres humains intelligents ne peuvent-ils discuter de leur origine sans impliquer systématiquement dieu ou des putains d'Aaiens !
Les statues sont plus belles que l'homme et les poèmes aussi. Il n'y a donc qu'à penser aux morts pour penser plus haut que soi.
Ne pleure pas sur les morts qui ne sont plus que des cages dont les oiseaux sont partis.
Les seuls espaces libres sont les cimetières dont la superficie dépasse presque, dans Paris même, la superficie des jardins. Honneur à la ville qui prévoit plus d'oxygène pour ses morts que pour ses vivants.
Tout refus du langage est une mort.
Quoique les morts aient dit de leur vivant, c'est en définitif aux vivants de choisir.
Toute mythologie petite-bourgeoise implique le refus de l'altérité, la négation du différent, le bonheur de l'identité et l'exaltation du semblable.
Chez l'homme civilisé, la crainte de ses morts n'a rien de commun avec le mysticisme des primitifs. Elle est un retour de flamme de sa conscience, un déguisement de ses remords.
On ne peut oublier que le fondamentalisme religieux et le laïcisme sont des formes spéculaires et extrêmes du refus du légitime pluralisme et du principe de laïcité.