Les vivants sont toujours de plus en plus dominés par les morts.
Tous ceux qui ont vécu là ne sont pas nés en même temps que moi. Et les morts me disent : "Dépêche-toi de vivre !"
A quoi serviraient les morts, sinon à aimer les vivants davantage ?
Quand les passions retombent tout le mal est déjà fait, les morts, les destructions, et les survivants ont mal à l'âme, pour toujours.
Lorsque les trains déraillent, ce qui me fait de la peine, ce sont les morts de première classe.
De toutes les morts, la mort atomique est la moins chère...
Les morts sont qui n'ont pas de vivants sont malheureux, aussi malheureux que les vivants qui n'ont pas de morts.
Le théâtre est le seul lieu où les crimes puissent se changer en métaphores, et les morts en vivants.
De tous les morts dont la chaîne innombrable constitue notre trésor de gloire, ceux-là plus qu'aucuns autres incarneront, dans sa pure gratuité, l'esprit de sacrifice.
En art, comme en politique, les imbéciles sont un obstacle plus gênant que les morts : on a plus de peine à se frayer un chemin à travers leurs rangs.
Il y a plus de morts que de vivants, ce sont les morts qui dirigent les vivants.
C'était une bonne chose que cette habitude ancienne de transmission des portraits de famille. Les morts n'étaient enterrés que jusqu'à la ceinture.
Quoique les morts aient dit de leur vivant, c'est en définitif aux vivants de choisir.
Les vivants ont des cartes de visite imprimées ; les morts seuls en ont de gravées.
Les morts sont plus nombreux que les vivants. Leur nombre augmente. Les vivants sont rares.
Les morts n'ont pas de voix, heureusement. Si les morts pouvaient se plaindre, quel cri, quelle clameur. On ne s'entendrait plus vivre.
Il n'y a que les morts qui ne reviennent pas.
Vouloir faire l'amour, c'est un signe de vie : les morts n'ont pas ce genre d'envie-là.
Les morts se taisent, les vivants ne veulent pas entendre et les survivants ne peuvent pas parler.
Tombeau. Endroit où l'on place les morts, dans l'attente des étudiants en médecine.
C'est un fait que les morts les plus chers, au bout de quelques mois, seraient, s'ils revenaient, des intrus dans l'existence des vivants.
Les vivants, en effet, savent qu'ils mourront, mais les morts ne savent rien du tout.
Les larmes ne sécheraient jamais si l'on n'oubliait pas les morts.
Il n'existe qu'un seul ordre parfait : celui des cimetières. Les morts ne réclament jamais et ils jouissent en silence de leur égalité...
Celui qui invoque l'histoire est toujours en sécurité, les morts ne se lèveront pas pour témoigner contre lui.
Le mort saisit le vif, les morts veulent hériter des vivants, de tous sans exception.
Savoir ce qu'on sera, c'est vivre comme les morts.
Les morts de tous les jours sont à leur vie fidèles.
On ne restaurera pas l'ancienne France. On doit honorer les morts, on peut s'inspirer de leur exemple; on ne les ressuscite pas. Une tradition peut se prolonger dans son esprit, mais personne ne parviendra jamais à couler la réalité présente [...] ► Lire la suite
Nous avons vécu la certitude d'être vivants. C'est présomptueux. C'est gratuit. C'est insensé. Les morts aussi ont cette certitude.
Les morts on toujours tort. Les gagnants, ce sont ceux qui restent en vie.
On oublie vite les morts. On oublie très vite, aussi, les circonstances où l'on a été malheureux... Il ne faut pas s'en scandaliser : s'il en était autrement, la vie serait un cauchemar.
Dieu est absent des champs de bataille et les morts du début de la guerre, ces pauvres petits pioupious en pantalon rouge garance oubliés dans l'herbe, faisaient des taches aussi nombreuses mais pas plus importantes que des bouses de vache dans un pré.
Ne porte pas en toi le cimetière. Les morts donnent la pestilence.
Oh ! ce son grave des cloches, comme si les morts eux-mêmes tiraient la corde avec leurs pieds !
Un au-delà ? Pourquoi pas ? Pourquoi les morts ne vivraient-ils pas ? Les vivants meurent bien.
Les vrais vaincus de la guerre, ce sont les morts.
En Espagne, les morts sont plus vivants que les morts des autres pays du monde.
Personne ne peut ressusciter les morts ni compléter leur destin.
Les morts sont toujours grands. Ce n'est pas sans conséquence : on pourrait en déduire que, pour être petit, il faut être vivant.
Il faut convaincre les vivants que les morts ne savent pas chanter.
La route du passé se mesure par les morts qu'on a laissés tout au long.
Seuls les morts peuvent ressusciter. Pour les vivants, c'est plus difficile.
Ce qu'il y a de plus heureux pour les historiens, c'est que les morts ne puissent protester.
Nous voyons les mêmes étoiles que les morts et l'odeur qui monte de la terre est le fantôme de toutes ses fleurs.
Les morts n'ont pas de noms. Et nous ne devrions pas non plus. Sans nom ni passé, ceux d'entre nous qui sont assez forts pour être encore vivants ici peuvent se connaître à un niveau primitif.
Il vaut mieux insulter les morts qu'insulter les vivants, on ne risque pas de se ramasser une baffe.
On cloue les cercueils comme si on avait peur que les morts s'envolent.
L'honneur est un luxe de vivant, il n'a plus cours chez les morts.
Les morts ont forcément le dernier mot, ils ne lâchent jamais prise, ils sont en vous désormais.