Les morts aux visages rompus se redressent,La langue des humiliés se gonfle,Orageuse se lève la marée des victimes.
La médecine moderne a forgé le terme de mythomanie, qui qualifie ce genre de blague. Mythomane si l'on veut, Aicard aura mené dans l'existence une singulière et fructueuse comédie. Il aura fait croire aux Parisiens gobeurs qu'il était célèbre en [...] â–º Lire la suite
Si retranchée soit notre vie, perdue sur les hauteurs brûlées de vent, elle n'est jamais si proche que dans une poignée de visages aimés, que dans cette pensée qui va vers eux, dans ce souffle d'eux à nous, de nous à eux.
On doit des égards aux vivants ; on ne doit aux morts que la vérité.
Toute vie est ponctuée de morts ou de départs et chacune ou chacun cause de grandes souffrances qu'il vaut mieux endurer que de ne pas avoir connu la présence de ces personnes quand elles existaient.
La langue française, dès cette époque, commençait à être choisie par les peuples comme intermédiaire entre l'excès de consonnes du nord et l'excès de voyelles du midi.
Le saxophone parle la langue des bas-fonds, l'argot blasé et mélancolique du demi-jour - sale et sexy et suant et dur. C'est la langue des orphelins, des bâtards et des putains.
Le français, c'est la langue de ma bouche, mais le picard, c'est celle de mon coeur.
Les morts ne dorment point tous étendus sous terre. Certains, qu'on n'a pas inhumés, Reviennent fréquemment, la nuit, en grand mystère, Hanter les lieux qu'ils ont aimés.
Il faut tourner sa langue sept fois avant de parler... Quatorze fois pour les bilingues.
La langue française est une noble gueuse, elle ne souffre pas qu'on l'enrichisse malgré elle.
Une langue est harmonieuse selon la classe sociale qui la parle.
Il eut une seule mère et plus d'une mère, sans doute, mais il a bien eu sa langue maternelle, une langue maternelle, une seule langue maternelle plus une autre langue. Il peut alors dire « ma langue maternelle » sans laisser paraître, en surface, le moindre trouble.
Mon visage dans tes yeux se reflète, comme se reflète le tien dans les miens et la puretés des coeurs dans nos visages reposent.
Dans une langue seconde, les mots sont simplement plus éloignés de la réalité que dans la langue maternelle.
On a plébiscité ce livre parce qu'il est agréable à lire, sans temps morts ni effets de style, se lit d'une traite. Peut-on faire compliment plus laid dans la littérature que 'ce que j'aime dans le livre, c'est que j'ai eu le sentiment de n'avoir pas eu besoin de le lire ?'
J'aime la nuit. Ses sanglots dans les tuyaux. Le frigo qui se remet en marche. L'eau qui coule du robinet pour le chat. Il ne boit qu'à l'eau fraîche qui l'éclabousse. Sa langue rose. Je revisite le silence. Les nuits du monde.
Celui qui maîtrise la langue garde souvent le silence.
Les vivants sont dans le corbillard, les morts suivent le cortège.
- Mes ancêtres ont envoyé un petit lézard pour me sauver ? - Dragon ! Dragon, y a pas d'lézard, nous ne parlons pas la même langue !
Il faut revenir au théâtre pour redevenir attentif à notre destin dans la langue et saisir le grand mouvement de nos vies, que la scène restitue et rend visible.
Nous avons deux oreilles et une langue pour écouter plus et parler moins.
Enfants, oyez une leçon : notre langue a cette façon, que le terme qui va devant, volontiers régit le suivant.
Si nous parlons la langue de l'adversaire, nous nourrissons leur propagande et leur mythologie.
A coup de langue écu d'oreille.
Tout Berbère avec son fusil est roi.
Serre ta chemise entre tes jambes et ta langue entre tes dents.
Quand il n'y a plus de place en enfer, les morts reviennent sur terre.
Les églises ne sont-elles pas des dortoirs des vivants aussi bien que des morts ?
Les vivants ont des cartes de visite imprimées ; les morts seuls en ont de gravées.
La langue allemande n'est pas une langue, c'est un hache-paille.