Nous sommes si aveugles que nous ne savons quand nous devons nous affliger ou nous réjouir : nous n'avons presque jamais que de fausses tristesses ou de fausses joies.
Les livres anciens sont pour les auteurs, les nouveaux pour les lecteurs.
La connaissance humanise l'humanité et la raison tend à la douceur ; mais les préjugés éradiquent toute disposition tendre.
Autrefois on cherchait des armées pour les mener combattre dans un pays. A présent on cherche des pays pour y mener combattre des armées.
Ne pas être aimé est un malheur, mais c'est une insulte de ne plus être aimé.
La justice humaine, qui ne voit que les actions, n'a qu'un pacte avec les hommes, qui est celui de l'innocence ; la justice divine, qui voit les pensées, en a deux, celui de l'innocence et celui du repentir.
L'effet ordinaire des colonies est d'affaiblir les pays d'où on les tire, sans peupler ceux où on les envoie.
Les lois sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses.
Si nous connaissions bien le prix d'un véritable ami, nous passerions notre vie à le chercher.
La liberté elle-même est apparue intolérable aux nations qui n'ont pas été habituées à en jouir.
Quand dans un royaume il y a plus d'avantage à faire sa cour qu'à faire son devoir, tout est perdu.
Un gentilhomme anglais est un homme, le matin, habillé comme son valet de chambre ; un gentilhomme français est un homme qui a un valet de chambre habillé comme lui.
Le gouvernement est comme toutes les choses du monde ; pour le conserver il faut l'aimer.
Les moeurs et les manières sont des usages que les lois n'ont point établis, ou n'ont pu, ou n'ont pas voulu établir.
Tous les hommes sont des bêtes ; les princes sont des bêtes qui ne sont pas attachées.
Les pays ne sont pas cultivés en raison de leur fertilité mais en raison de leur liberté.
La liberté, ce bien qui fait jouir des autres biens.
Comme il faut de la vertu dans une république, et dans la monarchie de l'honneur, il faut de la crainte dans un gouvernement despotique ; la vertu n'y est point nécessaire et l'honneur y serait dangereux.
L'esclavage dans la conquête est une chose d'accident.
La crainte est un ressort qu'il faut ménager ; il ne faut jamais faire de loi sévère lorsqu'une plus douce suffit.
Il ne faut pas beaucoup d'esprit pour montrer ce qu'on sait ; mais il en faut infiniment pour enseigner ce qu'on ignore.
L'argent est très estimable, quand on le méprise.
Les hommes sont extrêmement portés à espérer et à craindre, et une religion qui n'aurait ni enfer ni paradis ne saurait guère leur plaire.
Le principe de la monarchie se corrompt lorsque des âmes singulièrement lâches croient que ce qui fait que l'on doit tout au prince fait que l'on ne doit rien à sa patrie.
Le mérite console de tout.
Il n'y a pas de nation aussi puissante que celle qui obéit à ses lois non pas par des principes de peur ou de raison, mais par passion.
Le plus grand mal que fait un ministre n'est pas de ruiner son peuple, il y en a un autre mille fois plus dangereux : c'est le mauvais exemple qu'il donne.
Le gouvernement monarchique a un grand avantage sur le républicain : les affaires étant menées par un seul, il y a plus de promptitude dans l'exécution.
L'adresse n'est autre chose qu'une juste dispensation des forces que l'on a.
La politique est une lime sourde et qui parvient lentement à sa fin.
La raillerie est un discours en faveur de son esprit contre son bon naturel.
Dans toute magistrature, il faut compenser la grandeur de la puissance par la brièveté de sa durée.
La vie de l'homme n'est qu'une succession d'espoirs vains et de peurs sans fondement.
Les juifs, toujours exterminés et toujours renaissants, ont réparé leurs pertes et leurs destructions continuelles par cette seule espérance qu'ont parmi eux toutes les familles, d'y voir naître un roi puissant qui sera le maître de la terre.
Ce qui manque aux orateurs en profondeur, ils vous le donnent en longueur.
Aujourd'hui nous recevons trois éducations différentes ou contraires : celles de nos pères, celles de nos maîtres, celle du monde. Ce qu'on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des premières.
Je suis persuadé que les anges ne méprisent pas tant les hommes que les hommes se méprisent les uns les autres.
Plus d'Etats ont péri parce qu'on a violé les moeurs que parce qu'on a violé les lois.
La plupart des mépris ne valent que des mépris.
Des lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires.
Le café rend de nombreuses personnes stupides temporairement capables de sages actions.
La volonté du souverain est le souverain lui-même.
La religion est moins un sujet de sanctification qu'un sujet de disputes qui appartient à tout le monde.
La gêne du commandement fatiguera comme celle de l'obéissance.
La solennité est le bouclier des idiots.
Le ciel peut seul faire les dévots ; les princes font les hypocrites.
Les petites sociétés ont plus souvent le droit de faire la guerre que les grandes, parce qu'elles sont plus souvent dans le cas de craindre d'être détruites.
Les politiques grecs ne reconnaissent d'autre force que celle de la vertu. Ceux d'aujourd'hui ne vous parlent que de manufactures, de commerce, de finances, de richesses et de luxe même.
Je suis distrait. Je n'ai de mémoire que dans le coeur.
On ne veut pas mourir. Chaque homme est proprement une suite d'idées qu'on ne veut pas interrompre.
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