J'ai rêvé parfois d'élaborer un système de connaissance humaine basé sur l'érotique, une théorie du contact, où le mystère et la dignité d'autrui consisteraient précisément à offrir au Moi ce point d'appui d'un autre monde.
Vous avez cru qu'il suffisait d'être parfaite pour être heureuse ; j'ai cru suffisant, pour être heureux, de n'être plus coupable.
Tout ce que les hommes ont dit de mieux a été dit en grec.
Quand je considère ma vie, je suis épouvanté de la trouver informe.
Vaut-il la peine de s'évertuer durant vingt ans pour arriver au doute, qui pousse de lui-même dans toutes les têtes bien faites ?
Il n'y a pas d'amour malheureux : on ne possède que ce qu'on ne possède pas. Il n'y a pas d'amour heureux : ce qu'on possède, on ne le possède plus.
La vie est notre seul bien et notre seule malédiction.
Une totale liberté naissait du départ.
J'acceptais la guerre comme un moyen vers la paix si les négociations n'y pouvaient suffire, à la façon du médecin se décidant pour le cautère après avoir essayé les simples.
Mon amie, nous croyons à tort que la vie nous transforme : elle nous use et ce qu'elle use en nous, ce sont les choses apprises.
Je souris amèrement à me dire qu'aujourd'hui, sur deux pensées, j'en consacre une à ma propre fin, comme s'il fallait tant de façons pour décider ce corps usé à l'inévitable. À cette époque, au contraire, un jeune homme qui aurait [...] ► Lire la suite
Il est difficile de rester empereur en présence d'un médecin, et difficile aussi de garder sa qualité d'homme.
Ne plus se donner, c'est se donner encore. C'est donner son sacrifice.
Toute loi trop souvent transgressée est mauvaise : c'est au législateur à l'abroger ou à la changer.
Un homme qui lit, ou qui pense, ou qui calcule, appartient à l'espèce et non au sexe ; dans ses meilleurs moments il échappe même à l'humain.
César avait raison de préférer la première place dans un village à la seconde à Rome. Non par ambition, ou par vaine gloire, mais parce que l'homme placé en second n'a le choix qu'entre les dangers de l'obéissance, ceux de la révolte, et ceux, plus graves, du compromis.
J'espère que ce livre ne sera jamais lu.
La lettre écrite m'a enseigné à écouter la voix humaine, tout comme les grandes attitudes immobiles des statues m'ont appris à apprécier les gestes.
L'esprit humain répugne à s'accepter des mains du hasard, à n'être que le produit passager de chances.
C'est au moment où l'on rejette tous les principes qu'il convient de se munir de scrupules.
La victoire et la défaite sont mêlées, confondues, rayons différents d'un même jour solaire.
il n'est pas difficile de nourrir des pensées admirables lorsque les étoiles sont présentes.
La lettre écrite m'a enseigné à écouter la voix humaine.
Tout soldat rencontré dans un lieu désert tourne aisément au bandit.
La sollicitude de mes amis équivaut à une constante surveillance : tout malade est un prisonnier.
Nous sommes tous distraits, parce que nous avons nos rêves ; seul, le perpétuel recommencement des mêmes choses finit par nous imprégner d'elles.
On ne doit plus craindre les mots lorsqu'on a consenti aux choses.
Trop souvent, la paix n'est pour l'armée qu'une période de désoeuvrement turbulent entre deux combats : l'alternative à l'inaction ou au désordre est la préparation en vue d'une guerre déterminée, puis la guerre.
On avait toujours vu les petits se faire tondre et les puissants s'emparer de la laine.
Tous les peuples ont péri jusqu'ici par manque de générosité.
On ne sait jamais, devant les nouveau-nés, quelle raison de pleurer leur fournira l'avenir.
Wang-Fô aimait l'image des choses, et non les choses elles-mêmes.
Nous croyons à tort que la vie nous transforme : elle nous use.
Un triomphe ne sied guère qu'aux morts. Vivant, il se trouve toujours quelqu'un pour nous reprocher nos faiblesses.
Un grossissement de plus, et ces visages se décomposeraient en mouvements d'atomes, aussi indifférents à ce baiser que nous pouvons l'être aux amours démesurées des astres.
Je le regardai vivre : mon opinion sur lui se modifiait sans cesse, ce qui n'arrive guère que pour les êtres qui nous touchent de près ; nous nous contentons de juger les autres plus en gros, et une fois pour toutes.
J'ai souvent pensé, avec tristesse, qu'une âme vraiment belle n'obtiendrait pas la gloire, parce qu'elle ne la désirerait pas. Cette idée, qui m'a désabusé de la gloire, m'a désabusé du génie. J'ai souvent pensé que le génie n'est qu'une éloquence particulière, un don bruyant d'exprimer.
C'est insulter les autres que de paraître dédaigner leurs joies.
C'est toujours ainsi : nos oeuvres représentent une période de notre existence que nous avons déjà franchie, à l'époque où nous les écrivons.
Je ne diffère des morts que par la faculté de suffoquer quelques moments de plus ; leur existence en un sens me paraît plus assurée que la mienne.
Je pleurai à l'idée que la vie fût si simple, et serait si facile si nous étions nous-mêmes assez simples pour l'accepter.
Je ne refuse pas à ces dix forcenés le titre de héros ; en tout cas, ce n'étaient pas des sages.
Beaucoup d'hommes se défont, peu d'hommes meurent.
Nous sommes tous distraits, parce que nous avons nos rêves.
On parle souvent des rêves de la jeunesse. On oublie trop ses calculs.
Ce qui rend la pauvreté si dure, ce sont les privations, c'est la promiscuité.
Les conventions finissent par former les êtres.
Les notions mouraient comme les hommes : il avait vu au cours d'un demi-siècle plusieurs générations d'idées tomber en poussière.
Le bonheur n'est peut-être qu'un malheur mieux supporté.
Je me refuse à faire de toi un objet, même quand ce serait l'Objet Aimé.
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