La masse, comme telle, est toujours anonyme et irresponsable.
Chaque vie se fait son destin.
Avant de donner un conseil, il faut l'avoir fait accepter, ou mieux, l'avoir fait désirer.
L'amour doit sûrement exister puisqu'il parvient à nous faire si mal.
Apparu, disparu, c'est toute l'histoire d'un homme, comme celle d'un monde et celle d'un infusoire.
La vie, c'est apprendre à surmonter les marées qui menacent de nous engloutir, surnager toujours.
Dans la vie, ma chérie, on n'arrive à rien sans relations, et il n'y a rien de plus commode que les cocktails pour se faire des relations.
Deux êtres ont cessé de s'aimer lorsqu'ils ne sont plus capables de transformer en bonnes blagues leurs différends.
Aller à travers le monde et parler aux hommes ? Les convaincre d'avoir pitié les uns des autres, les bourrer de leur mort prochaine ? Rien à faire, ils aiment être méchants.
On comprend les femmes comme la langue des oiseaux, d'intuition ou pas du tout.
Le malheur est le père du bonheur de demain.
La manière de former transcende sa propre destination, dépasse le but même.
Les femmes les plus attirantes ne sont pas celles qui nous permettent de leur donner un baiser sur-le-champ, pas plus que celles qui nous l'interdisent indéfiniment, mais celles qui, en douce, nous maintiennent dans l'expectative.
Si tous les cornus d'Europe portaient lampions, ô miséricorde, quelle illumination.
Je déteste voir les acteurs si contents d'eux-mêmes quand ils saluent. Ca détruit toutes les illusions qu'ils ont créées pendant la représentation.
Le génie est pour les gens intelligents ce que la "folie" est pour les imbéciles, un état extrême dans lequel tout devient possible, dans lequel, miraculeusement, les règles normales ne s'appliquent plus.
On peut encore à tout moment modifier la vie avec beaucoup d'attention et de douceur.
Le philosophe est l'homme à jeun dans l'ébriété universelle.
L'amour ça se commande pas, l'amour est enfant de poème.
Fort mais vulnérable, méprisant mais complimenteur, respectueux mais sexuel. Et chaque manège lustre son contraire et en accroît l'attrait.
Plus on aime, plus on souffre. La somme des douleurs possibles pour chaque âme est proportionnelle à son degré de perfection
Quand on a aimé quelqu'un, ce n'est pas la durée de la liaison qui compte, c'est tout ce qu'on a ressenti ou fait, et qui ressort de là, intensifié.
Les poètes célibataires sont une peste publique ; ils troublent, sans le savoir et le vouloir, tous les coeurs féminins sans emploi.
On prononce certains mots non pour qu'ils soient entendus mais parce qu'on juge important de s'exprimer.
Les vrais musiciens, par la manière dont ils attaquent le silence, le rendent plus profond.
La beauté n'est pas quelque chose dont on puisse convaincre un tiers.
La tragédie de l'amour tient à ce qu'il n'échappe pas à la dimension temporelle. Quand on partage la vie d'un être aimé, il y a une cruauté toute spéciale à constater combien nos anciennes amours nous sont devenues indifférentes.
Justesse de vie et justesse de parole sont inséparables pour moi.
Il n'y a rien de plus grand que le saint mariage, alliance de deux humains unis.
Paris n'est rien, ni la France, ni l'Europe, ni les Blancs... une seule chose compte, envers et contre tous les particularismes, c'est l'engrenage magnifique qui s'appelle le monde.
Ce qui est laid, c'est que sur cette terre il ne suffise pas d'être tendre et naïf pour être accueilli à bras ouverts.
La vraie poésie est plus vraie que la science, parce qu'elle est synthétique et saisit dès l'abord ce que la combinaison de toutes les sciences pourra tout au plus atteindre une fois comme résultat.
Le motif pour lequel se produisent les disputes n'est jamais aussi grave que le malaise qui en découle.
Le sommeil a les avantages de la mort sans son petit inconvénient.
On peut comparer le monde à un bloc de cristal aux facettes innombrables. Selon sa structure et sa position, chacun de nous voit certaines facettes. Tout ce qui peut nous passionner, c'est de découvrir un nouveau tranchant, un nouvel espace.
En chacun de nous existe un autre être que nous ne connaissons pas. Il nous parle à travers le rêve et nous fait savoir qu'il nous voit bien différent de ce que nous croyons être.
La femme seule peut devenir âme de notre âme comme elle est chair de notre chair.
Le génie, c'est l'erreur dans le système.
L'opposition de la poésie et des grands événements de notre temps, c'est peut-être le combat de la graine et du tonnerre.
Le charme : ce qui dans les autres nous rend plus contents de nous-mêmes.
Je ne supporte pas le masque d'amour ; il faut se lancer avec folie dans l'amour.
C'est la compagnie des autres femmes qui pousse beaucoup de femmes à se marier.
Ce qui me surprend toujours, c'est qu'on puisse croire avoir épuisé un paysage, compris un être, achevé une recherche quelle qu'elle soit.
L'art et la science, c'est tâcher de comprendre.
L'important c'est de dormir, quand on dort on n'est pas malheureux.
Notre oeil trouve dans le monde sa raison d'être, et notre esprit s'éclaire en se mesurant avec lui.
La France a toujours cru qu'une chose dite était une chose faite.
J'aime les outils qui font des lignes je les connais, je les fréquente, les lignes sans conclusion, leurs retours, leur accidents, leur apparente vitesse, leur durée tenace, leur persistance (...).
La douleur, ça ne s'exprime pas toujours avec des mots nobles. Ça peut sortir par de petites plaisanteries tristes, petites vieilles grimaçant aux fenêtres mortes de mes yeux.
Le mariage doit être une éducation mutuelle et infinie.