L'important n'est pas d'écrire un livre d'urgence mais d'écrire un livre fantastique. C'est un gros bras d'honneur à ceux qui nous empêchent de rêver.
Lire est une forme de paresse dans la mesure où on laisse le livre penser à la place du lecteur. Le lecteur lit et se figure qu'il pense ; de là ce plaisir qui flatte l'amour-propre d'une illusion délicate.
La réalité nous livre des faits si romanesques que l'imagination elle-même ne pourrait rien y ajouter.
J'espère que ce livre ne sera jamais lu.
De temps en temps elle frisottait du bout du doigt la rose en papier de son corsage.
La philosophie est écrite dans ce grand livre qui s'étend chaque jour devant nos yeux : l'univers. Mais on ne peut le comprendre si nous n'apprenons d'abord son langage et si nous ne comprenons les symboles avec lesquels il est écrit.
Celui qui est maître du livre est maître de l'éducation.
Le livre est l'opium de l'Occident.
Cela fait partie de la beauté de toute littérature : vous découvrez que vos désirs sont des désirs universels, que vous n'êtes pas seul et différent des autres. Vous en êtes.
Erudition. Poussière tombant d'un livre dans un crâne vide.
Il n'y a que la littérature pour contourner, tout en les déplaçant, les interdits dont sont frappés nos rêves et nos désirs.
Terminer un livre c'est comme traîner un gamin dans l'arrière-cour pour lui tirer dessus.
A l'heure où l'on cherche des méthodes électroniques pour stocker les films, il faut garder à l'esprit le rôle joué par le papier dans la préservation du cinéma.
Songez bien que la littérature n'a pas été créée pour servir la vie, ni même la traduire, mais pour lui échapper.
Écrire un livre n'est pas tout. Il faut encore, comme disent les éditeurs, le fabriquer. C'est alors que commence le tourment de l'auteur.
Le cinéaste pense avec les yeux et les oreilles, le peintre avec les mains. La littérature est un refuge. Elle approfondit la vision du monde.
Quels sont les livres qui valent l'arbre de leur papier ?
Un livre posthume est presque toujours une oeuvre que l'on a eu tort de ne pas enterrer avec son auteur.
Lorsqu'on a appris le livre des proverbes, on n'a plus d'efforts pour parler.
Rien n'est plus musical qu'un coucher de soleil. Celui qui ressent ce qu'il voit ne trouvera pas de plus bel exemple de développement dans tout ce livre que, hélas, les musiciens lisent mais trop peu, le livre de la nature.
Un livre est une bouteille jetée en pleine mer sur laquelle il faut coller cette étiquette : attrape qui peut.
Je ne supportais pas l'idée de ces forêts rasées pour nourrir ce fantastique gaspillage de matière imprimée, dont une part infime sera lue, dont une part encore plus minuscule vaut la peine d'être lue.
On a pris la fâcheuse habitude de croire que, là où il y a des sons musicaux, il y a nécessairement de la musique. Autant dire qu'il y a littérature partout où l'on bavarde, peinture partout où l'on barbouille.
Un bon livre, c'est un livre qui te fait mal quand tu le refermes.
La vie est comme un grand livre : si on oublie les pages qu'on tourne, on arrive à la fin sans rien avoir compris !
La littérature ne possède aucune valeur thérapeutique. Un temps, elle peut nous anesthésier, elle ne nous guérira pas de nos plaies et blessures.
On dit beaucoup plus de choses et on les dit mieux avec ses yeux qu'avec sa langue. Par son regard, l'être se livre tout entier.
Entendre ou lire sans réfléchir est une occupation vaine ; réfléchir sans livre ni maître est dangereux.
Cette même égalité qui rend l'individu indépendant de chacun de ses concitoyens en particulier le livre isolé et sans défense à l'action du plus grand nombre.
Au moment où vous écrivez les derniers paragraphes, le livre vous témoigne une certaine hostilité dans sa hâte de se libérer de vous.
Le monde est aussi un livre qui nous parle de Dieu. Et ce livre est le seul dont disposait l'humanité païenne.