Lorsqu'une langue meurt avec ses couleurs, ses nuances, le peuple meurt aussi.
Le nihilisme n'a plus les couleurs sombres, wagnériennes, splengleriennes, fuligineuses, de la fin du siècle. Il ne procède plus d'une Weltanschauung de la décadence ni d'une radicalité métaphysique née de la mort de Dieu et de toutes les conséquences qu'il faut en tirer.
C'est vrai, Dieu meurt de froid. Il frappe à toutes les portes, mais qui ouvre jamais ? La place est prise. Par qui ? Par nous-mêmes.
On ne meurt pas. La mort, c'est encore de la vie couvée.
On ne meurt pas d'un trou à son pantalon, sauf si l'on est scaphandrier.
La pire chose de notre monde moderne est que les gens pensent, à cause de la télévision, qu'on meurt sans douleur et sans effusion de sang. On fait croire aux enfants que ce n'est pas si grave de tuer quelqu'un.
Le problème du mariage c'est qu'il meurt toutes les nuits après l'amour et qu'il faut le reconstruire tous les matins avant le petit déjeuner.
L'homme qui meurt riche meurt disgracié.
La haine tue toujours, l'amour ne meurt jamais.
Si l'homme est à l'image de Dieu, ce doit être une image d'Epinal, bien sommaire, bien naïve et de couleurs bien enfantines.
La nature est plus profonde que la surface, les couleurs sont les expressions à la surface de cette profondeur; ils se lèvent des racines du monde.
Le plus heureux de tous est celui qui meurt au berceau.
Dieu est une maladie dont on se croit guéri parce que plus personne n'en meurt et dont on est surpris, de temps en temps, de constater qu'elle est toujours là.
L'amour vit d'inanition et meurt de nourriture.
Le cochon qui a deux maîtres meurt de faim.
On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels.
Une société se meurt quand les hommes y oublient de se méfier de leurs frères.
L'homme bien élevé vit chez sa maîtresse et meurt chez sa femme.
La vie, c'est un peu comme une pièce de théâtre, dont nous serions les acteurs... et les autres, le public. Mais à la fin, on ne vient pas saluer. On meurt sur scène comme Molière.
L'amour naît dans un regard, grandit dans un baiser, meurt dans une larme.
L'habit d'un arlequin n'est pas plus varié dans ses nuances que ne l'est l'esprit humain dans ses folies.
Passons passons puisque tout passe Je me retournerai souvent Les souvenirs sont cors de chasse Dont meurt le bruit parmi le vent.
Le célibataire vit comme un roi et meurt comme un chien, alors que l'homme marié vit comme un chien et meurt comme un roi.
Le reflet est pour les couleurs ce que l'écho est pour les sons.
Le bonheur humain, s'il s'élève assez haut, ne meurt pas stérile ; de la prospérité naît un insatiable malheur.
Je savais qu'on peut faire mentir même le soleil, mais on sentait que nulle manipulation de la lumière et de la pose n'aurait pu transmettre la délicate nuance de sincérité de ses traits.
C'étaient des cheveux blonds, d'un blond cendré, d'un blond de poudre, et il y en avait, et ils étaient fin, un brouillard d'or autour de la tête.
On ne meurt pas d'une overdose de rêve.
Qu'un homme est méprisable, à l'heure du trépas, Lorsque, ayant négligé le seul point nécessaire, Il meurt connu de tous et ne se connaît pas.
Parce qu'une langue est semblable au vent, elle poursuit sa fin mêlée de toutes les saveurs du monde et meurt vidée d'elle-même jusqu'à son renouvellement.
L'art naît de contraintes, vit de luttes et meurt de liberté.