L'insomnie est mauvaise conseillère ; surtout, elle exagère les images. Elle transforme facilement l'inquiétude en effroi, l'effroi en épouvante.
Le mal n'a pas d'autre cause que notre négligence et le bien ne peut naître que d'une résistance à cet ensommeillement, que d'une insomnie de l'esprit portant notre attention à son point d'incandescence.
La contemplation de certains bonheurs dégoûte du bonheur : quel orgueil ! c'est quand on est jeune surtout que la vue des félicités vulgaires vous donne la nausée de la vie.
Ce malaise devant l'inhumanité de l'homme même, cette incalculable chute devant l'image de ce que nous sommes, cette nausée comme l'appelle un auteur de nos jours, c'est aussi l'absurde.
Il faut avoir peur, c'est salutaire. La peur aujourd'hui est bonne conseillère : elle fait voler en éclats les idées reçues, les conditionnements de masse, le culte du chef.
Appris une curieuse monstruosité. Il y a des femmes qui se font endormir pour échapper aux douleurs de l'enfantement. Cela me rappelle la grande dame du XVIIIe siècle, qui se soûla pour mourir. Mais cette nouveauté est peut-être plus démoniaque.
Les secrets, ça sert seulement à endormir les souvenirs.
L'érudition est dans beaucoup de cas une forme mal déguisée de la paresse spirituelle, ou un opium pour endormir les inquiétudes intimes de l'esprit.
Les infirmes, comme les jolies femmes, sont las d'être regardés; ils ont la nausée de vivre cernés par le regard des autres.
Babarbiturique : tranquillisant assez fort pour endormir un éléphant.
À des moments étranges et imprévisibles, nous nous accrochons avec effroi au passé.
Les chansons, c'est comme les prières. Ça ne sert qu'à endormir le peuple.
A l'issue de Chabbat, j'ai appris avec effroi les sanglantes attaques perpétrées hier soir à Paris. J'adresse mes sincères condoléances aux proches des victimes et prie pour le complet rétablissement des blessés. Horrifié, je tiens à exprimer tout mon soutien [...] â–º Lire la suite
Celui qui feint d'envisager la mort sans effroi ment. Tout homme craint de mourir, c'est la grande loi des êtres sensibles, sans laquelle toute espèce mortelle serait bientôt détruite.
Il est plus économique de lire Minute que Sartre. Pour le prix d'un journal on a à la fois La nausée et Les mains sales.
La réaction est mauvaise conseillère et peut-être coûteuse.