La langue est un théâtre dont les mots sont les acteurs.
Celui pour qui le théâtre est la joie de la métamorphose mourra acteur, même dans la cellule d'un couvent.
Contrairement à une idée reçue, la traduction n'est pas une "première mise en scène". Ou alors elle se condamne à l'éphémère. Elle doit être tout aussi rétive au théâtre que le texte original peut l'être.
Or toute forme est aussi une valeur ; c'est pourquoi entre la langue et le style, il y a place pour une autre réalité formelle : l'écriture.
L'égoïsme est la langue de la vanité.
Le thé est courtois, amical même, distant aussi, il rend excessif le copinage, l'effusion, tout le théâtre de la relation sociale.
L'espagnol est la langue des amants, l'italien est celle des chanteurs, le français celle des diplomates, l'allemand celle des chevaux.
Un juge est comme la langue au milieu des dents.
Le théâtre est indispensable à ce qui nous rend humain.
Huysmans tasse des idées dans un seul mot et commande à un infini de sensations de tenir dans la pelure étriquée d'une langue despotiquement pliée aux dernières exigences de la plus irréductible concision.
Je ne me sens pas limité par la langue : je me sens plus libre.
La grammaire est l'art de lever les difficultés d'une langue ; mais il ne faut pas que le levier soit plus lourd que le fardeau.
On demande volontiers au polyglotte : "En quelle langue pensez-vous ?" Je lui pose plutôt cette question : "En quelle langue souffrez-vous ?" Celle-là, c'est la vraie, la maternelle.
Le théâtre est un géant qui blesse à mort tout ce qu'il frappe.
Il parle une langue qui n'exige aucune tension d'esprit. Une discussion avec lui est un voyage à pied dans le désert.
- Je suis née en voyage, on m'a trouvé dans le train Baltimo-Oayo, enveloppée dans un journal, j'avais 3 jours, j'ai grandi dans des familles d'accueil, je me suis inventée des parents imaginaires. Quand j'avais 5 ans pendant une année [...] â–º Lire la suite
La langue de muet est bien meilleure que la langue de menteur.
Quand la colère emplit ton coeur, ne laisse pas ta langue aboyer en vain.
Le théâtre peut se lire. Mais cette lecture n'est pas ce qui le constitue.
Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler.
Loquacité. Affection qui redouble chez le malade incapable de refréner sa langue quand vous souhaitez prendre la parole.
L'amour de notre langue s'identifie avec l'amour des mères qui nous l'apprennent !
On va au théâtre pour voir et savoir, pour sentir et ressentir. On se met en état d'attente, dans l'espoir d'attendre ou de comprendre quelque chose que l'on n'a pas su comprendre jusqu'alors.
Ce ne sont pas seulement les mots qui diffèrent d'une langue à l'autre, ce sont aussi les idées qu'ils traduisent, les façons de penser et de dire.
Le fait d'être à la fois arabe et chrétien est une situation fort spécifique, très minoritaire, et pas toujours facile à assumer.
Mais où le théâtre prendrait-il son impulsion décisive sinon dans le royaume de la liberté ?
Le théâtre est un grand tableau noir où la craie sert d'éponge et l'éponge de craie.
Autant dire que nous ne savons plus notre langue et qu'à force d'apprendre celle des autres peuples, nous avons laissé la nôtre vieillir et se dessécher.
Une pièce de théâtre est une conversation.
La langue est fasciste. La possibilité de tricher avec elle se nomme littérature.
Qui va au théâtre pour passer une bonne soirée est un piètre spectateur.