Oui, j'ai une patrie : la langue française.
Il y a chez moi ce besoin de rugir parce que les antillais, descendants d'esclaves, êtres déchirés, ont été opprimés, dépouillés de notre langue et de notre terre.
De la poésie, je dirai maintenant qu'elle est, je crois, le sacrifice où les mots sont victimes. Les mots, nous les utilisons, nous faisons d'eux les instruments d'actes utiles. Nous n'aurions rien d'humain si le langage en nous devait être en entier servile.
La nostalgie que nous avons des pays que nous ne connaissons pas n'est peut-être que le souvenir de régions parcourues en des voyages antérieurs à cette vie.
Les câlins, mieux que l'esperanto, parlent une langue universelle.
C'est un devoir d'aimer sa langue maternelle. La négliger est un signe de décadence morale.
Nul n'est à l'abri des flèches que décochent la langue des hommes.
Celui qui riposte court toujours le danger de s'abaisser au niveau de ceux qui s'en prennent à lui, et à ce moment-là, il se salit avec eux. Il ne lui est pas interdit de riposter, mais à condition d'être capable de se maintenir très haut.
La langue est un bon bâton.
Les Irlandais. Ce peuple est si malheureux qu'il a toujours festoyé la mort comme une amie, et que nul danger ne peut l'éloigner d'une cérémonie funèbre.
Est-il un plus beau sacrifice ? Est-il une abnégation de soi-même et une mortification plus parfaite ?
Le propre du véritable danger est précisément de ne jamais venir d'où on l'attend.
Si un sacrifice est une tristesse pour vous, non une joie, ne le faites pas, vous n'en êtes pas digne.
Un coup de langue est pire qu'un coup de lance.
Le sacrifice de Marie est une participation spécifique à la révélation de la Miséricorde.
Au chagrin si profond la langue doit remuer en vain ; le langage de nos sens et de notre mémoire manque du vocabulaire d'une telle douleur.
Seul le danger mortel est incolore.
Je mets mon vit contre ta joue,Le bout frôle ton oreille,Lèche mes bourses lentement,Ta langue est douce comme l'eau.
Il faut revenir au théâtre pour redevenir attentif à notre destin dans la langue et saisir le grand mouvement de nos vies, que la scène restitue et rend visible.
Le danger avec l'affaire Strauss-Kahn, c'est qu'on associe l'affaire du Coral, où un enfant de sept ans est violé et tué, avec Gabriel Matzneff, qui a des histoires avec des jeunes femmes de 14, 15,16 ans. La pédophilie, c'est la pédophilie, le goût des femmes, c'est le goût des femmes.
Il n'y a personne qui fasse un sacrifice sans en espérer une compensation. Tout est une question de marché.
La patrie est là où l'on nous aime.
Le danger qui menace les chercheurs aujourd'hui serait de conclure qu'il n'y a plus rien à découvrir.
Moins qu'avant : la jeunesse française boit des eaux pétillantes, et les anciens combattants, des eaux de régime. Puis, surtout, il y a le whisky... C'est le drame ça, le whisky.
La crise morale française porte un nom : c'est la crise du travail.
Les Français croient qu'ils parlent bien le français parce qu'ils ne parlent aucune langue étrangère.
Redouté par les uns et adulé par les autres, le réseau des réseaux présente un double visage : ce peut être à la fois un danger et un vecteur de liberté.
Une langue contient non seulement une forme d'éducation, de culture, mais aussi des éléments constitutifs d'une société : gestion des émotions, code de politesse.
Protéger quelqu'un, c'est d'abord lui apprendre à voir, lui montrer le danger en lui, autour de lui. C'est le rendre capable de l'affronter et de le vaincre.
Ce que ma langue n'ose pas que mon coeur le dise.