Et oui j'ai connu ton père... et toi aussi, je te connais bien mon garçon. Tu sais, ton père m'a beaucoup parlé de toi au camp, pendant ces 5 ans ou on est restés côte à côte prisonniers à Hanoï, et on a vécu l'enfer tous les deux. Toi au moins... tout ça devrait t'être épargné... enfin on peut l'espérer. Dans une situation comme celle qu'on a dû vivre pendant 5 ans lui et moi... on se crée certaines responsabilités l'un envers l'autre. Si ce n'était pas moi qui... [il se retourne vers la mère de Butch] qui m'en était tiré, c'est le Major Coolidge qui parlerait à mon fils maintenant, à Jim. Mais le destin en a décidé autrement, c'est moi qui te parle aujourd'hui... à toi, Butch. J'ai quelque chose pour toi... [il s'assoit et sort une montre] une montre en or. Tu vois, cette montre appartenait à ton arrière grand-père qui l'avait acheté avant la guerre de 14, dans un magasin à quelques pas de chez lui à Knoxville dans le Tennessee. Pour lui, cette montre-bracelet représentait un pas en avant historique, à l'époque tout le monde portait les montres Gousset, des oignons. Peu après, sa montre au poignet, le caporal Coolidge quitta son Tenessee natal pour les tranchées. Sur tous les fronts de France, de Verdun jusqu'à la forêt noire, cette montre en or fût son plus fidèle compagnon. À la fin de la guerre, il rentra chez lui retrouver ton arrière grand-mère. Il ouvrit son coffre, il déposa sa montre et elle y resta quelques années. Jusqu'au jour ou la deuxième guerre mondiale éclata, qu'il fallut encore une fois ce battre contre les Allemands, et que ton grand-père Dane Coolidge fut mobilisé envoyé au front à son tour. Et ton arrière grand-père offrit la montre à son fils Dane sur un quai de gare, ce fut son dernier cadeau. Dane eut moins de chance que son père, comme tant de Marines, il fut tué. Il tomba héroïquement à la bataille de Wake Island. Tous ces hommes prévoyaient leur destin... lui aussi. Il n'avait plus aucune illusion, personne n'avait la moindre chance d'en sortir vivant, alors ton pauvre grand-père, sachant que l'assaut final allait être donné, alla trouver à l'aéroport un nommé O'Flaherty. Et bien qu'il ne l'eut jamais vu de sa vie, il lui dit « j'ai un fils, c'est un nouveau né. Et je n'ai vu ce fils qu'en photo. Je voudrais... si tu as la chance de rentrer un jour en Amérique que cette montre-bracelet soir remise à mon gosse ». Trois jours plus tard, ton grand-père fut tué. O'Flaherty qui lui avait donné sa parole porta la montre à ta grand-mère, pour qu'elle la donne à ton père quand il serait grand, la voici... [il la montre à Butch pendant un petit temps] Coolidge, l'avait sur lui le jour ou il s'est fait descendre, en volant, sur Hanoï. Ton père fut capturé et envoyé dans un camp de prisonniers. Si les Niaks voyaient sa montre, elle lui serait confisqué ! Il le savait ! Et pour lui, il était clair que cette montre... te revenait de droit, et pour rien au monde il ne voulait que les Niaks mettent leur pattes sur ton héritage, le patrimoine de son fils, alors il décida de la cacher. Comme il n'y avait pas d'autre cachette, il se l'est mise dans l'cul. Fallait avoir du courage pour le faire... se la mettre dans l'cul. Un jour, juste avant que la dysenterie le tue, il me donna la montre, j'ai alors caché ce vieux bout de métal dans mon anus deux années durant. Et... après 7 ans d'absence, je pu retrouver ma famille. Et aujourd'hui... cette montre, je suis venu te la donner.
Le Capitaine Koons, un vétéran de la guerre du Vietnam, raconte au jeune Butch Coolidge l'histoire de la montre en or de famille. Cette montre a été transmise de l'arrière-grand-père (un soldat de la Première Guerre mondiale) au grand-père (tué durant la Seconde Guerre mondiale), puis au père de Butch (Major Coolidge, prisonnier de guerre à Hanoï). Koons révèle qu'il était prisonnier avec le père de Butch et qu'ils ont partagé une expérience traumatisante de cinq ans. Le père, sachant qu'il ne survivrait pas à la captivité, a confié la montre à Koons pour qu'il la remette à son fils, Butch. Pour la cacher des geôliers vietnamiens ("Niaks"), le père l'a cachée dans son anus, et Koons a continué à la cacher de la même manière pendant deux ans après la mort du père, afin de préserver cet héritage familial.
L'histoire de la montre est une référence culturelle majeure. Bien que le contexte soit extrême, elle est souvent citée ou parodiée pour illustrer :
Cette réplique provient du film Pulp Fiction (1994) écrit et réalisé par Quentin Tarantino. Elle est prononcée par l'acteur Christopher Walken dans le rôle du Capitaine Koons.
La scène se déroule des années après la guerre du Vietnam. Le Capitaine Koons, en uniforme, rend visite au jeune Butch Coolidge (qui deviendra le boxeur interprété par Bruce Willis) et à sa mère. Koons est là pour remettre la montre en or de famille. C'est un flashback crucial qui sert à établir l'importance capitale de cette montre pour le personnage de Butch et à justifier les décisions qu'il prendra plus tard dans le film.
Pour Butch Coolidge, la montre n'est pas qu'un objet. Elle est la matérialisation de l'amour et du sacrifice de son père qu'il n'a jamais connu, ainsi que de ses ancêtres. Elle symbolise son patrimoine et son honneur. Le fait qu'il risque sa vie plus tard dans le film pour récupérer cette montre (après que sa petite amie l'a oubliée) montre à quel point l'héritage familial et cette notion d'honneur sont vitaux pour lui, malgré son comportement de gangster. La réplique justifie sa quête obsessionnelle de l'objet.
Cette scène s'inscrit parfaitement dans les thèmes de Pulp Fiction :
L'impact de cette réplique est immense. Elle est souvent citée comme l'un des meilleurs monologues du cinéma moderne. Culturellement :