En tant que chrétien, mon sentiment me désigne mon Seigneur et mon Sauveur comme un combattant. Il m'indique l'homme qui autrefois dans la solitude, entouré de quelques disciples, a reconnu ces juifs pour ce qu'ils étaient, et sommé les hommes de se battre contre eux, et qui, vérité de Dieu !, était le plus grand, pas en tant que souffrant, mais comme combattant. Dans un amour sans limite en tant que chrétien et en tant qu'homme, je lis dans le passage qui nous dit comment enfin le seigneur s'est levé dans Sa puissance et s'est emparé du fouet pour chasser du Temple l'engeance de vipères et de calculateurs. Comme il était terrible, Son combat pour le monde contre le poison juif ! Aujourd'hui, deux mille ans plus tard, c'est avec la plus grande émotion que je reconnais plus profondément que jamais auparavant que c'était pour cela qu'Il a dû verser son sang sur la Croix. En tant que chrétien, je n'ai pas le droit de me laisser berner, mais j'ai le devoir d'être un comb
Chancelier, Criminel de guerre, Homme d'état, Homme politique, Nazi (1889 - 1945)
Origine de la citation
Cette citation est attribuée à Adolf Hitler, le chef du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) et dictateur de l'Allemagne de 1933 à 1945. Elle provient d'un discours qu'il aurait prononcé à Munich le 12 avril 1922. L'authenticité et la formulation exacte de la citation peuvent varier selon les sources, mais elle est largement reconnue comme reflétant son idéologie violemment antisémite et sa tentative de se présenter comme un défenseur du christianisme contre le « poison juif ».
Auteur de la citation
L'auteur est Adolf Hitler.
Contexte historique ou culturel
La citation a été prononcée au début des années 1920, après la Première Guerre mondiale, dans une période de forte instabilité économique et politique en Allemagne (République de Weimar). Hitler, alors leader d'un mouvement politique naissant, cherchait à exploiter le mécontentement populaire, les peurs et l'antisémitisme déjà présent dans la société européenne pour construire sa base politique. Il utilisait des références religieuses et culturelles familières pour légitimer ses attaques contre les Juifs et mobiliser ses partisans. Il s'agissait d'une époque où l'antisémitisme racial et politique était en pleine croissance.
Sens de la citation
Le sens principal de la citation est une tentative de fusionner l'identité chrétienne avec une idéologie violemment antisémite. Hitler y affirme que :
- Son « sentiment de chrétien » identifie Jésus-Christ non pas comme un souffrant (le Christ en Croix), mais comme un « combattant ».
- Jésus aurait été le premier à reconnaître les Juifs « pour ce qu'ils étaient » et à inciter à la lutte contre eux.
- Il utilise l'épisode biblique de la purification du Temple (Jésus chassant les marchands) pour présenter Jésus comme un violent guerrier (le « fouet » et l'« engeance de vipères ») luttant contre le « poison juif ».
- Il conclut que, en tant que chrétien, il a le « devoir d'être un combattant » contre les Juifs.
Analyse du vocabulaire et du style
Le style est celui d'un discours politique passionné et manipulateur :
- Vocabulaire émotionnel et violent : Utilisation de mots forts comme « combattant », « se battre », « terrible », « poison juif », « engeance de vipères ».
- Langage religieux détourné : Il emploie des termes chrétiens fondamentaux (« Seigneur et Sauveur », « chrétien », « Temple », « Croix ») pour leur donner une signification politique et raciale radicalement différente de leur sens théologique traditionnel.
- Rhétorique de la confrontation : Il établit un contraste entre le Christ « souffrant » (l'image traditionnelle) et le Christ « combattant » (son interprétation), rejetant l'idée de compassion ou de pardon pour prôner la lutte.
Interprétations possibles
L'interprétation univoque est que cette citation sert de justification théologique et morale artificielle à l'antisémitisme d'Hitler et du nazisme :
- Justification de la haine : Elle permet de présenter l'agression et la haine raciale comme un devoir chrétien, pervertissant ainsi les enseignements de l'Évangile.
- Auto-légitimation : Hitler se positionne comme l'héritier direct de la mission de Jésus-Christ, le « plus grand combattant » contre les Juifs, faisant de lui-même un « combattant » providentiel.
- Appel à l'action : Le message est un appel clair et direct à la violence et à la persécution au nom d'une foi dévoyée.
Lien avec d’autres pensées
- Théologie Völkisch (populiste/nationaliste) : Elle est typique des tentatives de la mouvance völkisch en Allemagne de créer un « christianisme positif » débarrassé de ses racines juives et centré sur un Jésus « aryen » et guerrier.
- Antisémitisme Chrétien Historique : Bien qu'Hitler y ajoute un antisémitisme racial moderne, il s'appuie et exacerbe une longue tradition d'antijudaïsme chrétien qui a historiquement accusé les Juifs de la mort du Christ et les a stéréotypés comme des usuriers ou des ennemis de la foi.
Critiques ou limites
La critique principale et essentielle de cette citation est qu'elle est une distorsion et une perversion radicale du message du Christ et des Évangiles :
- Contradiction Théologique : La Bible présente le Christ non seulement comme un enseignant et un prophète, mais surtout comme un Agneau sacrificiel (le « souffrant ») dont le message central est l'amour, la miséricorde et le pardon (y compris des ennemis).
- Détournement de l'épisode du Temple : La purification du Temple par Jésus est dirigée contre la corruption du lieu de culte, non contre le peuple juif en tant que race. C'était un acte prophétique de zèle, pas un appel à l'extermination raciale.
- Instrumentalisation de la foi : Hitler utilise la religion pour justifier un programme politique et génocidaire, violant les principes éthiques fondamentaux de presque toutes les confessions chrétiennes.
Morale ou résumé à retenir
Le point le plus important à retenir est la mise en garde contre l'instrumentalisation du langage religieux pour justifier la haine, la violence et la discrimination.
- L'idéologie nazie a cyniquement déformé le christianisme pour servir son antisémitisme racial.
- Le véritable message de l'Évangile est incompatible avec l'appel à la haine raciale et à la persécution.
- Il est crucial d'analyser le discours politique, surtout lorsqu'il fait appel à la religion, pour déceler toute tentative de légitimer la violence.
Application dans la vie quotidienne
L'application de cette analyse dans la vie quotidienne n'est pas de suivre le message de haine, mais de développer un esprit critique aiguisé face aux discours extrémistes :
- Vérifiez les sources : Ne jamais accepter une interprétation dogmatique ou violente d'un texte sacré sans la vérifier à l'aune du texte original et de l'ensemble de la tradition éthique.
- Reconnaître les signes de l'extrémisme : Soyez attentifs aux discours qui désignent un groupe comme un « poison » ou une « engeance de vipères » et appellent à la lutte violente contre ce groupe.
- Défendre l'éthique : S'engager à défendre les valeurs d'humanité, de tolérance et de respect, même (et surtout) face aux tentatives de les masquer sous un voile religieux ou moral.