Sur le point d'être rassasié, le désir apparaît encore infini.
Le désir sexuel est une mécanique, guère compliquée à mettre en branle.
Ecrire, c'est comme être amoureux, on est nouveau, libre - et porté par un désir formidable.
Passé quarante ans, tout le monde ressemble à une ville bombardée. Il tombe amoureux quand elle éclate de rire - au désir s'ajoute une promesse de bonheur, une utopie de tranquillités emboîtées -, il suffira qu'elle tourne la tête vers lui et se laisse embrasser, et il accèdera à un monde différent.
La faim va tout droit, le désir d'amour tourne en rond.
L'espoir est le désir mais ouvert à la peur.
Rien n'imprime si vivement quelque chose à notre souvenance que le désir de l'oublier.
On en vient à aimer son désir et non plus l'objet de son désir.
J'ai le désir d'ensoleiller cette langue de l'ombre qu'est l'arabe des femmes.
C'est le désir qui crée le désirable, et le projet qui pose la fin.
Pour l'homme, le désir est toujours à l'intérieur de lui. Il ne peut s'en débarrasser. Il en est l'esclave. Il est toujours seul face à ce maître exigeant.
Il faut que le désir soit irrité par des obstacles. L'homme qui n'a rien à désirer est à coup sûr plus malheureux que celui qui souffre.
Quand un génie véritable apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui.
Il n'y a pas de désir que la puissance de l'analyse ne parvienne à dissoudre.
Il arrive parfois qu'un homme ait besoin de rendre à sa femme toute liberté, parce qu'il a grand désir de reprendre la sienne.
Ce désir d'équité ne doit pas conduire à un excès de bien-être, où personne n'est responsable de quoi que ce soit.
Le désir de paraître habile empêche souvent de le devenir.
La grande amitié a toujours quelque chose d'amoureux, d'exclusif, d'immédiat, une alchimie aussi implacable que le désir charnel.
Si vous désignez par égoïsme le désir de contenter ses besoins, en ce sens je suis et chaque parcelle de la nature est égoïste.
Le goût de la possession n'est qu'une autre forme du désir de durer ; c'est lui qui fait le délire impuissant de l'amour.
Un désir fou grandit rarement seul. L'erreur se partage.
La séduction est de l'ordre du rituel, le sexe et le désir sont de l'ordre du naturel. Ce qui s'affronte dans le féminin et le masculin, ce sont ces deux formes fondamentales, et non quelque différence biologique ou rivalité naïve du pouvoir.
Quand Bérénice était petite fille, dans mon désir de l'aimer, j'avais beaucoup regretté qu'elle n'eût pas quelque infirmité physique. Au moins pour intéresser mon coeur avait-elle sa misère morale.
Quand le rêve est trop violent, il désaffecte le désir comme un acide ronge doucement un métal précieux.
Dans l'histoire de type romain, la mémoire avait essentiellement à assurer le non-oubli - c'est-à-dire le maintien de la loi et la majoration perpétuelle de l'éclat du pouvoir à mesure qu'il dure. Au contraire, la nouvelle histoire qui apparaît va [...] â–º Lire la suite
Croire en Dieu, c'est désirer qu'il existe, et c'est en outre se conduire comme s'il existait ; c'est vivre de ce désir et faire de lui notre ressort intime d'action.
Nulle jouissance n'égale peut-être celle de se posséder dans la sagesse.
La simplicité est la réalisation finale. Après avoir joué une quantité considérable de notes et d'autres notes, c'est la simplicité qui apparaît comme la récompense suprême de l'art.
La douceur est une énigme. Incluse dans un double mouvement d'accueil et de don, elle apparaît à la lisière des passages que naissance et mort signent.
Ce n'est pas le manque ni la privation qui donne du désir : on ne manque que par rapport à un agencement dont on est exclu, mais on ne désire qu'en fonction d'un agencement où l'on est inclus.
Ainsi donc le désir naturel de connaître ne s'apaisera pas en nous tant que nous ne connaîtrons pas la première cause, et non pas de manière quelconque, mais par son essence. Or la première cause est Dieu; la fin dernière d'une créature intellectuelle est donc de voir Dieu par son essence.