On ne peut dire à quel moment nait l'amitié. Si l'on remplit d'eau une embarcation goutte à goutte, il en vient une dernière qui la fait chavirer ; ainsi quand les marques d'affection se succèdent, il en vient une dernière qui submerge le coeur.
Si l'on y réfléchit bien, le Christ est le seul anarchiste qui ait vraiment réussi.
"Je suis fier d'être français!", "Je suis fier d'être Juif" sont des affirmations ridicules, même si l'on perçoit le ressort de tels orgueils.
On ne peut être juste si l'on n'est humain.
Ce serait un moindre mal de mourir si l'on pouvait tenir pour assuré qu'on a du moins vécu.
Si l'on vous sert une tasse de café, ne vous efforcez pas d'y trouver de la bière.
Ne combattez l'opinion de personne ; songez que, si l'on voulait dissuader les gens de toutes les absurdités auxquelles ils croient, on n'en aurait pas fini, quand on atteindrait l'âge de Mathusalem.
Le bonheur n'existe pas, si l'on n'en a pas la conscience claire.
Si l'on ouvre toute grande la gueule à un âne, et qu'on lui dise : "Maintenant, toi aussi tu as droit à la parole" , que peut faire le pauvre animal, sinon braire ?
On ne doit pas changer d'opinion si l'on ne peut changer de conduite.
Si l'on entre par la porte du plaisir dans la maison de la fortune, l'on en sort d'ordinaire par la porte du chagrin ; ainsi du contraire.
L'homme est plein d'imperfections, mais ce n'est pas étonnant si l'on songe à l'époque où il a été créé.
Tout est provisoire. Cependant, si l'on en fait la somme, cela donne une sûre et inaltérable permanence.
On ne peut dire à quel moment précis naît l'amitié. Si l'on remplit un récipient goutte à goutte, il finit par y en avoir une qui le fait déborder ; ainsi, lorsque se succèdent les gentillesses, il finit par y en avoir une qui fait déborder le coeur.
Vivre vaut la peine si l'on peut contribuer d'une petite manière à cette chaîne sans fin de progrès.
Il est embarrassant d'expliquer des réflexions : c'est comme si l'on se rétractait.
Ce n'est pas si désagréable de vieillir si l'on ne coupe pas la vie en étapes, si on ne se dit pas : « Maintenant c'est fini, je suis entrée dans la vieillesse ».
La vie serait impossible si l'on se souvenait, le tout est de choisir ce qu'on doit oublier.
Ecrire ses mémoires n'est cohérent que si l'on se tue à la fin.
Pourquoi tenter l'impossible, si l'on peut faire simple ?
Si l'on se forme soi-même suivant les conseils qu'on donne aux autres, alors, bien dirigé, on peut diriger autrui. En effet, il est difficile de se maîtriser.
N'est-ce pas à peu près comme si l'on avait dit à quelque dieu, après la création : "Voilà l'univers fini : recommencez-le !"
Si l'on habite près d'une gare, cela change complètement la vie. On a l'impression d'être de passage. Rien n'est jamais définitif. Un jour ou l'autre, on monte dans un train.
Si l'on vous donne un soufflet, rendez-en quatre, n'importe la joue.
Si l'on se bat, on peut être battu.
Si l'on connaît des riches bien pensants, on en voit rarement de bien-dépensants.
Comme ce serait amusant si l'on n'était pas obligé de songer au bonheur !
Si l'on veut prévenir les délits, il faut faire en sorte que les lois soient claires et simples, et que tous les membres de la nation unissent leurs forces pour les défendre, sans qu'aucun puisse travailler à les détruire.
On ne «flirte » pas à l'Opéra; on crie très fort des mots incompréhensibles ; si l'on y échange des serments, c'est avec l'assentiment des trombones : logiquement, les nuances changeantes d'un sentiment doivent s'y perdre parmi tant de clameur obligée.
Un danger cesse d'être épouvantable, si l'on en connaît les causes.
Il ne faut pas se regarder trop en face, entre époux, si l'on veut éviter des découvertes.
Si l'on te décerne des louanges, c'est que tu ne suis pas ta propre vie, mais celle d'un autre.
On conviendra aisément qu'il importe au plus haut point de savoir si l'on n'est pas dupe de la morale.
Il ne vaut pas la peine de vivre, si l'on n'a pas un bon ami.
Comme se serait amusant si l'on n'était pas obligé de songer au bonheur !
Si l'on était toujours heureux, où serait le plaisir ?
Si l'on veut faire un programme qui marche à 20h30 sur une chaîne privée, il y a quand même peu de chance qu'on y parle de choses intéressantes.
Si l'on m'élève, je m'abaisse ; si l'on m'abaisse, je m'élève. Tout ce qu'on me refuse, j'y prétends ; de tout ce qu'on m'accorde, je me sens indigne.
Si l'on doit aimer son prochain comme soi-même, il est au moins aussi juste de s'aimer comme son prochain.
Il est donc de la plus grande importance que la peine suive de près le délit si l'on veut que dans l'esprit grossier du vulgaire la peinture séduisante d'un délit profitable éveille immédiatement l'idée étroitement associée de la peine.
L'indignation morale ne lutte pas contre le mal au sens concret du terme. La légalité seule permet de sanctionner, c'est pourquoi je prétends que le plus sage, si l'on veut réduire les maux terrestres, consiste, comme le disait Kant, à favoriser un progrès de la légalité: la moralité suivra et non le contraire.
La société serait une chose charmante, si l'on s'intéressait les uns aux autres.
L'armée est une école qui rend le ladre généreux et le généreux prodigue, et si l'on trouve des soldats avares, ils sont comme les monstres : une chose fort rare.
Si l'on ne souffrait pas de temps en temps, le bonheur ne serait plus supportable.
On dit souvent bien du mal de la bureaucratie, et moi tout le premier, mais ce jour-là j'ai dû reconnaître son mérite. Si l'on se met à manger le papier, c'est la bureaucratie qui nous fera vivre, car c'est elle la plus grande productrice de papier du monde !
Il est impossible, absolument impossible de vaincre l'ennemi étranger si l'on ne punit pas auparavant l'ennemi domestique, son zélé serviteur : sans cela, heurtant contre l'écueil de l'un, vous seriez invinciblement dépassés par l'autre.
On plaint plus souvent qu'on admire, même si l'on aime mieux soi-même être admiré que plaint.
Beaucoup devient peu si l'on désire un peu plus encore.
Avant de blâmer, il faudrait toujours chercher à voir si l'on ne peut d'abord excuser.
Sans le stage qu'il accomplit quai Félix-Maréchal, il serait un de ces Allemands, aux poches bourrées de livres, que l'on voit arpenter, étudier, contrôler nos trois places, et, dont il faudrait croire qu'ils sont les plus fins connaisseurs en délicatesses [...] ► Lire la suite