Si l'on vous sert une tasse de café, ne vous efforcez pas d'y trouver de la bière.
L'homme est plein d'imperfections, mais ce n'est pas étonnant si l'on songe à l'époque où il a été créé.
On ne doit pas changer d'opinion si l'on ne peut changer de conduite.
Le bonheur n'existe pas, si l'on n'en a pas la conscience claire.
Mais dans son pays, même si l'on ne voulait rien leur donner, on parlait gentiment aux mendiants. Dans son pays, on n'enseignait pas aux enfants à jeter des pierres à ceux qui imploraient la pitié.
On ne peut dire à quel moment précis naît l'amitié. Si l'on remplit un récipient goutte à goutte, il finit par y en avoir une qui le fait déborder ; ainsi, lorsque se succèdent les gentillesses, il finit par y en avoir une qui fait déborder le coeur.
Tout est provisoire. Cependant, si l'on en fait la somme, cela donne une sûre et inaltérable permanence.
On ne peut être juste si l'on n'est humain.
Il est embarrassant d'expliquer des réflexions : c'est comme si l'on se rétractait.
Vivre vaut la peine si l'on peut contribuer d'une petite manière à cette chaîne sans fin de progrès.
Si l'on entre par la porte du plaisir dans la maison de la fortune, l'on en sort d'ordinaire par la porte du chagrin ; ainsi du contraire.
Ecrire ses mémoires n'est cohérent que si l'on se tue à la fin.
Pourquoi tenter l'impossible, si l'on peut faire simple ?
Ce serait un moindre mal de mourir si l'on pouvait tenir pour assuré qu'on a du moins vécu.
Les mots peuvent ressembler aux rayons X : si l'on s'en sert convenablement, ils transpercent n'importe quoi. On lit et l'on est transpercé.
Si l'on vous donne un soufflet, rendez-en quatre, n'importe la joue.
Si l'on se forme soi-même suivant les conseils qu'on donne aux autres, alors, bien dirigé, on peut diriger autrui. En effet, il est difficile de se maîtriser.
Si l'on habite près d'une gare, cela change complètement la vie. On a l'impression d'être de passage. Rien n'est jamais définitif. Un jour ou l'autre, on monte dans un train.
Si l'on ouvre toute grande la gueule à un âne, et qu'on lui dise : "Maintenant, toi aussi tu as droit à la parole" , que peut faire le pauvre animal, sinon braire ?
La vie serait impossible si l'on se souvenait, le tout est de choisir ce qu'on doit oublier.
Si l'on se bat, on peut être battu.
N'est-ce pas à peu près comme si l'on avait dit à quelque dieu, après la création : "Voilà l'univers fini : recommencez-le !"
Si l'on connaît des riches bien pensants, on en voit rarement de bien-dépensants.
Comme ce serait amusant si l'on n'était pas obligé de songer au bonheur !
Si l'on veut prévenir les délits, il faut faire en sorte que les lois soient claires et simples, et que tous les membres de la nation unissent leurs forces pour les défendre, sans qu'aucun puisse travailler à les détruire.
Un danger cesse d'être épouvantable, si l'on en connaît les causes.
On conviendra aisément qu'il importe au plus haut point de savoir si l'on n'est pas dupe de la morale.
On ne peut s'enrichir si l'on dépend entièrement de la terre.
Ce n'est pas si désagréable de vieillir si l'on ne coupe pas la vie en étapes, si on ne se dit pas : « Maintenant c'est fini, je suis entrée dans la vieillesse ».
Il ne faut pas se regarder trop en face, entre époux, si l'on veut éviter des découvertes.
Comme se serait amusant si l'on n'était pas obligé de songer au bonheur !
Il ne vaut pas la peine de vivre, si l'on n'a pas un bon ami.
On ne «flirte » pas à l'Opéra; on crie très fort des mots incompréhensibles ; si l'on y échange des serments, c'est avec l'assentiment des trombones : logiquement, les nuances changeantes d'un sentiment doivent s'y perdre parmi tant de clameur obligée.
Si l'on veut faire un programme qui marche à 20h30 sur une chaîne privée, il y a quand même peu de chance qu'on y parle de choses intéressantes.
Si l'on te décerne des louanges, c'est que tu ne suis pas ta propre vie, mais celle d'un autre.
Si l'on était toujours heureux, où serait le plaisir ?
Si l'on m'élève, je m'abaisse ; si l'on m'abaisse, je m'élève. Tout ce qu'on me refuse, j'y prétends ; de tout ce qu'on m'accorde, je me sens indigne.
La société serait une chose charmante, si l'on s'intéressait les uns aux autres.
L'indignation morale ne lutte pas contre le mal au sens concret du terme. La légalité seule permet de sanctionner, c'est pourquoi je prétends que le plus sage, si l'on veut réduire les maux terrestres, consiste, comme le disait Kant, à favoriser un progrès de la légalité: la moralité suivra et non le contraire.
Ne combattez l'opinion de personne ; songez que, si l'on voulait dissuader les gens de toutes les absurdités auxquelles ils croient, on n'en aurait pas fini, quand on atteindrait l'âge de Mathusalem.
Il est donc de la plus grande importance que la peine suive de près le délit si l'on veut que dans l'esprit grossier du vulgaire la peinture séduisante d'un délit profitable éveille immédiatement l'idée étroitement associée de la peine.
L'armée est une école qui rend le ladre généreux et le généreux prodigue, et si l'on trouve des soldats avares, ils sont comme les monstres : une chose fort rare.
Si l'on ne souffrait pas de temps en temps, le bonheur ne serait plus supportable.
Si l'on doit aimer son prochain comme soi-même, il est au moins aussi juste de s'aimer comme son prochain.
Avant de blâmer, il faudrait toujours chercher à voir si l'on ne peut d'abord excuser.
Il est impossible, absolument impossible de vaincre l'ennemi étranger si l'on ne punit pas auparavant l'ennemi domestique, son zélé serviteur : sans cela, heurtant contre l'écueil de l'un, vous seriez invinciblement dépassés par l'autre.
On dit souvent bien du mal de la bureaucratie, et moi tout le premier, mais ce jour-là j'ai dû reconnaître son mérite. Si l'on se met à manger le papier, c'est la bureaucratie qui nous fera vivre, car c'est elle la plus grande productrice de papier du monde !
Reste à se demander si l'on peut attribuer des actes de violence au fondateur d'une religion, à celui qui en reste le modèle et à son enseignement.
On plaint plus souvent qu'on admire, même si l'on aime mieux soi-même être admiré que plaint.
Tut, tut, ma petite, dit la duchesse, tout a une morale si l'on cherche bien.