Le Français se distingue des autres peuples en ce qu'il s'élève constamment au-dessus de lui-même, ce qui est un exploit stupéfiant si l'on considère qu'il est déjà très haut.
On ne peut dire à quel moment nait l'amitié. Si l'on remplit d'eau une embarcation goutte à goutte, il en vient une dernière qui la fait chavirer ; ainsi quand les marques d'affection se succèdent, il en vient une dernière qui submerge le coeur.
Tout est provisoire. Cependant, si l'on en fait la somme, cela donne une sûre et inaltérable permanence.
Il est embarrassant d'expliquer des réflexions : c'est comme si l'on se rétractait.
Ecrire ses mémoires n'est cohérent que si l'on se tue à la fin.
On ne peut dire à quel moment précis naît l'amitié. Si l'on remplit un récipient goutte à goutte, il finit par y en avoir une qui le fait déborder ; ainsi, lorsque se succèdent les gentillesses, il finit par y en avoir une qui fait déborder le coeur.
Le bonheur n'existe pas, si l'on n'en a pas la conscience claire.
Pourquoi tenter l'impossible, si l'on peut faire simple ?
On ne peut être juste si l'on n'est humain.
Vivre vaut la peine si l'on peut contribuer d'une petite manière à cette chaîne sans fin de progrès.
Les mots peuvent ressembler aux rayons X : si l'on s'en sert convenablement, ils transpercent n'importe quoi. On lit et l'on est transpercé.
Si l'on se bat, on peut être battu.
Si l'on vous donne un soufflet, rendez-en quatre, n'importe la joue.
Si l'on connaît des riches bien pensants, on en voit rarement de bien-dépensants.
La vie serait impossible si l'on se souvenait, le tout est de choisir ce qu'on doit oublier.
Si l'on entre par la porte du plaisir dans la maison de la fortune, l'on en sort d'ordinaire par la porte du chagrin ; ainsi du contraire.
N'est-ce pas à peu près comme si l'on avait dit à quelque dieu, après la création : "Voilà l'univers fini : recommencez-le !"
Si l'on habite près d'une gare, cela change complètement la vie. On a l'impression d'être de passage. Rien n'est jamais définitif. Un jour ou l'autre, on monte dans un train.
Mais dans son pays, même si l'on ne voulait rien leur donner, on parlait gentiment aux mendiants. Dans son pays, on n'enseignait pas aux enfants à jeter des pierres à ceux qui imploraient la pitié.
Être jaloux, c'est aimer comme si l'on haïssait.
Si l'on se forme soi-même suivant les conseils qu'on donne aux autres, alors, bien dirigé, on peut diriger autrui. En effet, il est difficile de se maîtriser.
Ce serait un moindre mal de mourir si l'on pouvait tenir pour assuré qu'on a du moins vécu.
Un danger cesse d'être épouvantable, si l'on en connaît les causes.
Si l'on ouvre toute grande la gueule à un âne, et qu'on lui dise : "Maintenant, toi aussi tu as droit à la parole" , que peut faire le pauvre animal, sinon braire ?
Comme ce serait amusant si l'on n'était pas obligé de songer au bonheur !
On ne peut s'enrichir si l'on dépend entièrement de la terre.
Si l'on veut prévenir les délits, il faut faire en sorte que les lois soient claires et simples, et que tous les membres de la nation unissent leurs forces pour les défendre, sans qu'aucun puisse travailler à les détruire.
Il ne faut pas se regarder trop en face, entre époux, si l'on veut éviter des découvertes.
Il ne vaut pas la peine de vivre, si l'on n'a pas un bon ami.
Comme se serait amusant si l'on n'était pas obligé de songer au bonheur !
Si l'on veut faire un programme qui marche à 20h30 sur une chaîne privée, il y a quand même peu de chance qu'on y parle de choses intéressantes.
Ce n'est pas si désagréable de vieillir si l'on ne coupe pas la vie en étapes, si on ne se dit pas : « Maintenant c'est fini, je suis entrée dans la vieillesse ».
On ne «flirte » pas à l'Opéra; on crie très fort des mots incompréhensibles ; si l'on y échange des serments, c'est avec l'assentiment des trombones : logiquement, les nuances changeantes d'un sentiment doivent s'y perdre parmi tant de clameur obligée.
Si l'on était toujours heureux, où serait le plaisir ?
On conviendra aisément qu'il importe au plus haut point de savoir si l'on n'est pas dupe de la morale.
Si l'on te décerne des louanges, c'est que tu ne suis pas ta propre vie, mais celle d'un autre.
Si l'on m'élève, je m'abaisse ; si l'on m'abaisse, je m'élève. Tout ce qu'on me refuse, j'y prétends ; de tout ce qu'on m'accorde, je me sens indigne.
Ne combattez l'opinion de personne ; songez que, si l'on voulait dissuader les gens de toutes les absurdités auxquelles ils croient, on n'en aurait pas fini, quand on atteindrait l'âge de Mathusalem.
La société serait une chose charmante, si l'on s'intéressait les uns aux autres.
L'indignation morale ne lutte pas contre le mal au sens concret du terme. La légalité seule permet de sanctionner, c'est pourquoi je prétends que le plus sage, si l'on veut réduire les maux terrestres, consiste, comme le disait Kant, à favoriser un progrès de la légalité: la moralité suivra et non le contraire.
Avant de blâmer, il faudrait toujours chercher à voir si l'on ne peut d'abord excuser.
Si l'on doit aimer son prochain comme soi-même, il est au moins aussi juste de s'aimer comme son prochain.
L'armée est une école qui rend le ladre généreux et le généreux prodigue, et si l'on trouve des soldats avares, ils sont comme les monstres : une chose fort rare.
Il est impossible, absolument impossible de vaincre l'ennemi étranger si l'on ne punit pas auparavant l'ennemi domestique, son zélé serviteur : sans cela, heurtant contre l'écueil de l'un, vous seriez invinciblement dépassés par l'autre.
Si l'on ne souffrait pas de temps en temps, le bonheur ne serait plus supportable.
Il est donc de la plus grande importance que la peine suive de près le délit si l'on veut que dans l'esprit grossier du vulgaire la peinture séduisante d'un délit profitable éveille immédiatement l'idée étroitement associée de la peine.
Tut, tut, ma petite, dit la duchesse, tout a une morale si l'on cherche bien.
On plaint plus souvent qu'on admire, même si l'on aime mieux soi-même être admiré que plaint.
Reste à se demander si l'on peut attribuer des actes de violence au fondateur d'une religion, à celui qui en reste le modèle et à son enseignement.
Si l'on ne voyait que les gens qu'on estime, on ne verrait personne.