Pour vivre jusqu'à 90 ans, mon spécialiste m'a conseillé "pas de fruit, pas de légume !" : avec des pâtes, du riz et des pommes de terre, on vit très bien... si vous le voulez.
Divination, ce nom, comment ne pas l'associer aux deux machines sublimes dont je me sers pour travailler ? Caméra et magnétophone, emmenez-moi loin de l'intelligence qui complique tout.
Vous ne savez pas qui est important pour vous jusqu'à ce que vous les perdiez réellement.
La foi est la grande échappatoire, la grande excuse pour échapper au besoin de penser.
Ne vous inquiétez pas, il faut plus qu'une infection pour empêcher un bébé de naître en santé.
Le ciel sait que j'ai fait tout ce qu'un mortel pouvait faire, pour sauver le peuple, et l'échec n'était pas ma faute, mais la faute des autres.
Je fais tout pour une raison quelconque. La plupart du temps, la raison est l'argent.
J'estime que l'État doit intervenir le moins possible. J'ai laissé conduire au cimetière bien des banques. J'ai préféré les laisser mourir que d'infliger au contribuable italien des charges de plus en plus lourdes pour sauver des imbéciles ou des voleurs.
Les fêtes n'existent que pour colorer les angoisses.
Je respecte trop l'idée de Dieu pour le rendre responsable d'un monde aussi absurde.
Pour aller vite en amour, il vaut mieux parler qu'écrire.
L'éducation est pour les gens heureux une parure, pour les malheureux un refuge.
Il n'est pas nécessaire de réussir pour désespérer.
Ce sont des hommes publics : ils sont sortis de l'ombre pour entrer dans la boue.
Il est caractéristique de la nouvelle culture glauque des clubs de remise en forme que les entraîneurs personnels se permettent de se prendre pour des médecins sans avoir prononcé le serment d'Hippocrate.
Le corps se prête à toutes les philosophies, il demeure le même pour toutes les idéologies.
Le rassurant de l'équilibre, c'est que rien ne bouge. Le vrai de l'équilibre, c'est qu'il suffit d'un souffle pour faire tout bouger.
Il n'est pas facile de sortir comme cela d'un chapeau un emploi et une nouvelle vie, en quelques semaines. Il faut du temps pour s'organiser.
Les dimanches où le bon Dieu est gentil, je n'entends aucune musique ; je vous en fais toutes mes excuses... Enfin, veuillez vous en tenir au mot « Impressions », auquel je tiens pour ce qu'il me laisse la liberté de garder mon émotion de toute esthétique parasite.
Et puis Pathé Marconi s'est restructuré, des financiers, pour qui la musique se composait avant tout en notes de frais, ont pris le pouvoir.
Ecrire comme un chien qui fait son trou, un rat qui fait son terrier. Et, pour cela, trouver son propre point de sous-développement, son propre patois, son tiers monde à soi, son désert à soi.
Le mépris pour une fonction se marque d'abord par la rémunération plus ou moins dérisoire qui lui est accordée.
La charogne du plus immonde bourgeois se calant et se cantonnant dans sa bière, pour une sereine déliquescence, lui paraissait un témoignage surprenant de l'originelle dignité de l'homme.
Deux conditions semblent donc devoir être réunies pour éprouver l'affect de l'indignation : être spectateur (1) d'une injustice (2).
Je me rends compte que les choses arrivent pour une raison.
Il suffit de quelques jours, parfois de quelques heures, pour que la barbarie des comportements humains rejaillisse.
Faut-il qu'un homme soit tombé bas pour se croire heureux.
Personne ne déploiera jamais les facultés de son intelligence s'il n'intercale, pour le moins, quelques moments de solitude dans sa vie.
On se ruine souvent pour soutenir qu'on est riche.
Crois pour comprendre.
J'ai toujours senti que l'état d'auteur n'était, ne pouvait être illustre et respectable qu'autant qu'il n'était pas un métier. Pour pouvoir, pour oser dire de grandes vérités, il ne faut pas dépendre de son succès.
Oui, oui ! Je sais ce qu'être dieu, et ce n'est pas drôle tous les jours. Je parle du bon Dieu, cela va sans dire. Pour l'autre, celui qui n'est pas bon, il doit avoir une vie plus facile.
Si je pensais à l'absolu, je cesserais de faire tout effort même pour vivre.
En ville, tenir le crottin pour parfum, préférer le silence d'un box aux rumeurs de salon, travailler plus à la perfection d'un appuyer qu'à la dilatation de son importance, c'est être sinon fou, du moins bête.
Je me suis abandonné au flux de ma plume ; j'ai la logodiarrhée, et je barbouille inutilement du papier, pour vous dire des choses que vous savez mieux que moi.
Les larmes du monde sont immuables. Pour chacun qui se met à pleurer, quelque part un autre s'arrête. Il en va de même du rire.
Parfois, j'aimerais pouvoir conduire une voiture, mais je conduirai une voiture un jour, alors je ne m'inquiète pas pour ça.
Pensez de temps en temps qu'il y a un homme qui donnerait sa vie, pour garder une vie que vous aimez à côté de vous.
Souligner la production est la clé pour améliorer la productivité, tandis que chercher à augmenter l'activité peut entraîner le contraire.
Je quitte le bureau mais je ne quitte pas la bataille pour la paix.
L'âge, pour moi, ce n'est pas forcément lié à mon métier, mais aux capacités physiques qui se barrent.
Si je suis trop vieille pour ça, alors je n'ai rien d'autre. Ça vous suffit comme vérité ?
Bien qu'une beauté mérite qu'on l'adore, Pour en perdre le goût, on n'a qu'à l'épouser.
La politique est la conduite des affaires publiques pour le profit des particuliers.
A la guerre, on tue non pour tuer, mais pour ne pas être tué.
Le Net est un animal qui ne dort jamais, et les Netsclaves font des nuits blanches pour le nourrir...
Les bourgeois, par une vanité ridicule, font de leurs filles un fumier pour les terres des gens de qualité.
Seuls les morts peuvent ressusciter. Pour les vivants, c'est plus difficile.
Si les plaisirs sont plus grands lorsqu'on les prévoit, il en va de même pour les problèmes.
Pour faire illusion aux autres, il faut être capable de se faire illusion à soi-même, et c'est un privilège qui n'est donné qu'au fanatisme et au génie, aux fous et aux poètes.