On m'a demandé si cela m'intéressait de jouer pour la Belgique et j'ai répondu positivement, sans trop réfléchir. Je ne l'ai jamais regretté...
Le polar est le genre littéraire idéal pour mettre en scène les dysfonctionnements de notre société, sans pour autant tomber dans le manichéisme.
La naissance est un naufrage et pour se maintenir à flot nombreux sont les marchands de bouées. Jusqu'à la dernière... en forme de couronne mortuaire.
Pour savoir écrire, il faut avoir lu, et pour savoir lire, il faut savoir vivre.
Le léopard ne salue pas la gazelle, si ce n'est pour sucer son sang.
Il suffit parfois d'aimer un peu moins ce qu'on aime pour éviter de le haïr.
Tous les vices à la mode passent pour vertus.
Notre télévision a trois chaînes. C'est sans doute pour ça qu'elle manque de liberté.
Nous ne pouvons être que d'un seul sexe et ne pouvons que fabuler les plaisirs et les désirs de l'autre sexe. C'est pour cela que les hommes et les femmes ne se comprennent jamais.
Si vous avez déjà volé vous comprendrez peut-être l'amour qu'un pilote porte au vol. C'est la même chose que ce qu'un homme ressent pour une femme, ou une épouse pour son mari.
Le théâtre porte au plus haut l'intention (souvent oubliée) de la poésie, qui est de maintenir ouverte, pour tous, dans la langue, la circulation de l'infini.
Donner un avis est la chose la plus difficile qui soit pour quelqu'un qui n'a pas d'opinion.
Un général en chef doit vivre pour répondre de ses actes devant l'Histoire.
Le port du foulard imposé par les courants fondamentalistes signifie qu'une femme doit cacher ses cheveux pour ne pas être objet de désir.
Solitude : c'est le même mot pour deux situations opposées, la solitude subie, la solitude désirée.
J'ai besoin de ne pas m'ennuyer pour être créatif. Me casser, partir, c'est le seul truc qui m'apaise un peu.
Pour ne pas perdre ses illusions, le mieux c'est d'en avoir le moins possible.
Pourquoi épouser une femme pour sa dot ? Les chemises de nuit n'ont pas de poches.
Le monde appartient à ceux qui n'ont pas d'heure fixe pour les repas.
Pour se soustraire à la fatigue de penser, beaucoup sont même disposés à travailler.
Heureusement pour l'humanité de grands esprits travaillent encore, amenant de géniales idées qu'un esprit normal n'aurait pu avoir sans ingérer de fantastiques quantités de gin.
Pour les jeunes gens, tout ce qui a plus de vingt cinq ans, c'est la vieillesse ; trente, cinquante, ce sont des variations infimes et sans intérêt.
Trois choses sont indispensables pour bien prêcher, quand on est curé : avoir quelque chose à dire, le dire, se taire.
Le suicide n'a d'avantages que s'il ennuie les autres. Pour le reste, il est vide de sens commun.
On peut séduire n'importe qui avec des mots tracés pour lui sur une feuille de papier. C'est un pouvoir extraordinaire, phénoménal, monstrueux, quoique peu usité : la lettre d'amour est d'une efficacité redoutable, mais méconnue.
Ainsi, l'un sur l'autre on déteint, Et souvent, pas pour notre bien, Sachons donc choisir nos voisins...
Les dieux sont souvent injustes. Ils frappent les innocents pour mieux châtier les coupables.
Dieu a dû chier le monde un jour pour se guérir d'une colique.
En chacun de nous, il y a une voie tracée pour un héros, et c'est justement comme homme du commun qu'il l'accomplit.
Une mule travaillera dix ans volontiers et patiemment pour vous, pour avoir le privilège de vous donner un coup de pied.
Lumière, geste, regard, mouvement, silence, repos, rigueur, détente, je voudrais tout incorporer dans cet instant pour que s'exprime avec un minimum de moyen l'essentiel de l'homme.
Les seules armes du diplomate pour éviter la guerre sont les mots.
Il m'a fallu 40 ans pour découvrir que la peinture n'est pas une sculpture.
C'est un homme bon donc il passe pour un idiot.
Pour ne point rougir devant sa victime, l'homme qui a commencé par la blesser, la tue.
La marque d'une intelligence de premier ordre, c'est la capacité d'avoir deux idées opposées présentes à l'esprit, en même temps, et de ne pas cesser de fonctionner pour autant.
Les humoristes sont comme des enfants qui, en traversant les chambres obscures, chantent pour se donner du courage.
Etre prêt à mourir pour le peuple ça ne signifie pas qu'on est prêt à vivre avec.
L'horreur de l'homme pour la réalité lui a fait trouver ces trois échappatoires : l'ivresse, l'amour, le travail.
Aurait-on inventé l'amour pour faire durer l'exaltation du désir ?
Occupez-vous de vivre, ou arrangez-vous pour mourir.
Le travail, quelle belle chose ! S'il n'existait pas, il faudrait l'inventer, ne fût-ce que pour anesthésier les ennuis !
Un peu d'albumine, de sucre, d'arythmie cardiaque, n'empêche pas la vie de continuer normale pour celui qui ne s'en aperçoit même pas, alors que seul le médecin y voit la prophétie de catastrophes.
Si on n'a personne pour nous contredire, on finit par croire avoir toujours raison, et on commence à avoir tort !
Je ne pactise pas ! Et j'emploierai la force si nécessaire ! Mais l'intervention armée, c'est pour moi le dernier recours. C'est sûrement difficile à comprendre pour un fils à papa qui a passé ses années d'étude à siffler des bières avec ses copains de fraternité et à prêter serment devant des sociétés secrètes ridicules.
Il y a des lieux qui tirent l'âme de sa léthargie, des lieux enveloppés, baignés de mystères, élus de toute éternité pour être le siège de l'émotion religieuse.
J'ai pris, du premier au dernier jour, Nadja pour un génie libre, quelque chose comme un de ces esprits de l'air que certaines pratiques de magie permettent momentanément de s'attacher mais qu'il ne saurait être question de se soumettre.
Il m'a fallu trente-trois ans et un coup sur la tête pour mettre de l'ordre dans mes valeurs.
Nous vivons aujourd'hui une crise aiguë des langues. Jadis tenues pour trésors, elles tombent en mésestime, chacun saccage la sienne, comme on a fait de la terre.
Il est plus facile d'être responsable des décisions que vous avez prises vous-même que celles prises par d'autres personnes pour vous.