La vieillesse est impitoyable.
La vieillesse est la vaseline de la crédulité. Quand la mort frappe à sa porte, le scepticisme saute par la fenêtre.
La vieillesse ne supporte pas les affronts. Le système nerveux est le premier atteint par l'âge.
Je ne céderai jamais à la vieillesse avant de devenir vieille. Et je ne suis pas encore vieille !
La vieillesse n'est qu'une certaine idée que les autres se font de vous.
Je ne connais qu'une distraction dans la vieillesse : être utile. C'est sortir de soi.
Un jour viendra où l'absence totale de rides constituera le seul moyen de déceler la vieillesse.
La vieillesse nous transforme tous en caricatures.
Ce qui est intéressant, avec la vieillesse, c'est que le désir s'ajuste miraculeusement aux moyens.
La jeunesse ressemble à tout ce qui s'accroît, la vieillesse à tout ce qui décroît.
La vieillesse n'ôte à l'homme d'esprit que des qualités inutiles à la sagesse. Il semble que, pour certaines productions de l'esprit, l'hiver du corps soit l'automne de l'âme.
Les bonnes actions accomplies dans la jeunesse sont les vivres de la vieillesse.
La vieillesse n'est pas une question d'âge, mais bien plus une certaine façon de regarder les autres.
L'âge entraîne une raréfaction des liens aux autres, puisque des compagnons disparaissent, alors que l'aptitude à contracter de nouveaux liens, d'autres amitiés, diminue. La vieillesse est seule.
Le philosophe doit regarder la vieillesse comme un préjugé.
Voulez-vous savoir ce qui fait les bons mariages ? - les sens dans la jeunesse - l'habitude dans l'âge mûr - le besoin réciproque dans la vieillesse.
Rien de tel que le spectacle massif de la maladie et de la vieillesse, pour vous faire redresser le dos et marcher d'un pas ferme.
Les habitudes de la vieillesse ne sont pas de moindres obstacles pour notre salut que les passions de la jeunesse.
Les quinquagénaires sont des impatients. Comme si l'approche de la vieillesse nous donnait des ailes. Des ailes qui ne procurent pas l'assurance de voler bien haut.
La vieillesse, la dernière politesse de la moisissure.
La vieillesse aime bien faire un câlin avec le temps.
Pour les jeunes gens, tout ce qui a plus de vingt cinq ans, c'est la vieillesse ; trente, cinquante, ce sont des variations infimes et sans intérêt.
Pour le jeune homme, dont la vieillesse ne marque pas le visage, la jeunesse est sans valeur.
La vieillesse, c'est dans la vie d'un homme l'époque où, quand il flirte, il ne peut se rappeler pourquoi.
La vieillesse est un alibi.
Pour leurs parents, les enfants sont de belles fleurs d'hiver ; ils leur font oublier le chagrin, ils sont les guides, les béquilles, les soutiens de leur père ; par eux la vieillesse refleurit.
La vieillesse est la période de notre existence pendant laquelle nous composons avec les vices que nous chérissons encore, en vitupérant ceux que nous n'osons plus pratiquer.
Et si c'est cela la vie : retrouver son enfance, alors, à ce moment-là, lorsque la vieillesse l'a rejointe un beau jour, la petite ronde doit être presque finie, la fête terminée.
Je vois autant de vieillards révoltés contre la vieillesse que de jeunes gens révoltés contre la société.
La jeunesse enfante pour la vieillesse.
L'on craint la vieillesse, que l'on n'est pas sûr de pouvoir atteindre.
C'est une des pires humiliations de la vieillesse, de ne rien recevoir que de la pitié.
La vieillesse n'est qu'une auberge de maladies, un logis de préoccupations, angoisse continuelle, plaie incurable, peine du passé, chagrin du présent, triste souci de l'avenir, voisine de la mort.
La jeunesse veut l'espace ; la vieillesse, le temps.
Le marxisme est la vieillesse du monde.
Il ne faut pas attribuer à la vieillesse tous les défauts des vieillards.
La vieillesse peut devenir une parure, sans être une abdication.
L'existence de l'homme porte la vieillesse du monde.
Pour faire bon usage de la vie, il faut avoir dans la jeunesse l'expérience des années avancées, et dans la vieillesse la vigueur de la jeunesse.
La vieillesse s'oublie car le coeur ne change guère, et plus on vieillit, plus on a d'aventures pour s'engaillardir.
L'inquiétude amène la vieillesse avant le temps.
Le pire dans la vieillesse, ce n'est pas la diminution physique, c'est le dégoût de l'humanité. Combien commencent en subversifs pour finir en grincheux ? Rebelles à vingt-ans, poupons geignards à soixante-ans.
La vieillesse, c'est le temps où les anniversaires ne sont plus des fêtes.
La vieillesse nous paraîtrait naturelle, si l'âme n'était que l'idée du corps.
Il en est de la vieillesse comme d'un reste de vin oublié au fond de la bouteille : l'un et l'autre tourne facilement à l'aigre.
Faculté merveilleuse de la vieillesse que de se fermer l'esprit à tout souvenir désagréable.
Chaque époque de l'existence a son odeur : l'enfance sent le lait, l'adolescence le fauve, l'âge mûr le parfum et la vieillesse le médicament.
La vieillesse rendait-elle insensible à la souffrance ou était-ce simplement le masque qui gagnait en solidité ?
Ce n'est que dans la vieillesse que l'homme devient vraiment lui-même.
Le mari est seul dans le mariage, le père est seul dans la vieillesse, l'ami est seul dans l'amitié, car il est bien rare que nous soyons élus par ceux que nous avons choisis.