C'était notre devoir de nous développer. Ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas nous rejoindre sont à plaindre. Ce que nous voulons faire, nous pouvons le faire et le ferons ensemble.
Un sentiment très fort chez moi, c'est l'étonnement. J'en ai un autre, un peu vieillot, l'admiration. J'ai longtemps passé pour un écrivain du bonheur. C'était un peu usurpé.
J'ai passé les quatorze premières années de ma vie à croire que mes looks étaient hideux. L'adolescence est douloureuse pour tout le monde, je sais, mais la mienne était complètement bizarre.
Rien n'était, rien ne sera, tout a réalité et présence.
Ce mec, c'était Laurel et Hardy à lui tout seul.
Elle était courageuse, elle m'a supporté quarante ans, moi que je ne souhaite à personne.
Il y a quelques jours, j'ai senti le bébé bouger, répondit April, émue. Au début, j'ai cru à une indigestion avant de me rendre compte que c'était lui. On aurait dit la caresse d'un papillon.
- Le vol, par exemple, existait avant le capitalisme.- Oui, mais il n'était pas enseigné dans les écoles de Commerce...
J'étais parfaitement « chez moi » dans ce travail. Il consistait à me situer ailleurs, à ne m'occuper que de ce qui était étranger à mon entourage et au public pour lequel j'écrivais. À me produire absent.
Ah ! Gringoire, qu'elle était jolie la petite chèvre de M. Seguin ! qu'elle était jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande !...
Elle était heureuse, elle savait qu'elle était heureuse et savait qu'elle devait être heureuse.
Elles étaient nulles les études, et comme la conduite n'était pas brillante en plus, tous ces braves gens n'avaient aucune raison de me garder dans leurs établissements et je comprends trés bien qu'ils soient débarasser de moi aussi vite.
Ils vous ont encouragé à mettre un peu de votre poids dans leurs mains et dès que vous avez senti à quel point il était léger et charmant, ils ont étudié vos cicatrices et vos tribulations...
Mon chagrin était d'une étonnante surabondance d'émotion, tout à fait semblable à celle que j'avais remarquée dans le chagrin hurlant de ces sauvages de la brousse. Je n'aurais pu éprouver plus solitaire accablement, si l'on m'avait dépossédé d'une conviction ou si j'avais manqué ma destinée...
Je ne connais pas vraiment Hollywood, mais vivre à L.A. était très motivant et inspirant. Les lumières, les figurants, leurs visages américains, l'énergie, le Théâtre Orpheum. C'était très inspirant.
Je reconnais que j'avais une fenêtre d'opportunité qui s'était ouverte en raison de mon exposition en tant qu'acteur.
Cette souveraineté de la théologie dans tout le domaine de l'activité intellectuelle était en même temps la conséquence nécessaire de la situation de l'Église, synthèse de la plus générale et sanction de la domination féodale régnante.
J'aimais mon père et le haïssais tout à la fois. C'était un chiffonnier, il conduisait une carriole et il ne savait ni lire ni écrire. Mais pour moi, c'était un grand homme. Il était si fort. C'était un homme. J'avais envie qu'il m'accepte, qu'il me fasse des compliments.
Paulo était un écrivain qui disait que dès que les mots étaient écrits, ils ne valaient plus rien sur terre. Ils devenaient célestes, une danse païenne qui dirait tout, qui dirait rien. Les mots saignent en silence à certaines heures de la nuit. Un silence hurlant.
Dans les comédies homo-sexuelles lourdingues, c'était la tante qui imitait le camionneur. Désormais, c'est le camionneur qui prend des leçons auprès de la tante. Des homosexuels qui apprennent à un homme à aimer une femme !
J'ai accepté mes maladresses, j'ai compris que ma patte était dans mes défauts.
Une liaison était un compromis : on échangeait le contrôle de sa vie contre de la compagnie.
Les religions ne devraient pas exister. Dieu n'en voulait pas d'ailleurs, c'est écrit dans la Bible. Il était contre toutes les guerres
Autrefois on était riche parce qu'on était puissant, aujourd'hui on est puissant parce qu'on est riche.
Cet homme, c'était Tartarin, Tartarin de Tarascon, l'intrépide, le grand, l'incomparable Tartarin de Tarascon.
Je pense à ce drôle de bonhomme dans le train... Il était bien suspect... Cette casquette... cette barbe... cette bouteille vide... tout cela ressemble beaucoup à de la mise en scène, du grimage...
Le Christ a parlé comme si le Monde n'était composé que de bons et de méchants ; il a oublié les imbéciles.
Un jour, tout allait à la perfection et le lendemain, tout avait disparu - attrait, saveur, intérêt, contentement - tout. C'était l'un des moments en question, voyez-vous. Le souffle chlorotique de la fin de la jeunesse s'abattit sur moi et m'emporta.
Le Seigneur des Anneaux a été ma première expérience de réalisation de films et à l'époque, je n'avais aucune idée de comment les films étaient faits. Je pensais que c'était comme ça qu'ils étaient faits, donc d'une certaine façon, je n'avais rien à comparer.
- Il a été décoré parce qu'il a été blessé en service...- Mais il s'est tiré une balle dans le pied, putain !!- Vu comme il était bourré, c'est méritoire ! Il aurait pu tuer quelqu'un...
Son fils est de droite. Elle a d'abord pensé que c'était uniquement pour l'emmerder, mais elle a fini par en convenir : les jeunes gens intelligents ne sont plus systématiquement de gauche.
La vieille femme restait couchée sur son lit très heureuse, tétant sa pipe d'opium et dormant tout le temps, et son cercueil était auprès d'elle bien en vue pour son réconfort.
La vanité était plus forte que l'amour à seize ans et il n'y avait plus de place dans son coeur brûlant pour autre chose que la haine.
C'est drôle, quand on a finalement affronté la réalité, c'était incroyable de voir à quel point on pouvait voir les choses.
Il (Jean d'ormesson) était complètement mêlé à notre histoire et à notre culture, comme peu de gens le sont aujourd'hui. Sa disparition est une perte personnelle, mais aussi une perte pour la culture, la civilisation et l'image de la France.
Je ne suis pas Charlie Hebdo. Ce journal anarchiste était l'ennemi direct de notre parti le Front national, et ses journalistes, il y a quelques années, rassemblaient des signatures pour une pétition exigeant notre interdiction. Et tous ces politiciens, qui sont sortis manifester, ce ne sont pas des Charlie, mais des charlots !
Après que sa mission a été accomplie selon ce qui était écrit, le doute poigne d'angoisse le Christ, comme tout être humain concernant sa propre foi, la certitude de son bon droit, la vérité de son désir et de son oeuvre accomplie.
J'ai toujours pensé d'abord que ce qui caractérisait l'Europe occidentale, c'était une vision équilibrée entre la société et l'Etat d'une part, l'individu d'autre part.
C'était alors une bousculade, une défilade rapide d'ombres fuyantes devant nos réseaux de fils de fer; une déroute de godillots, de rires, de chutes.
C'est avec ma mémoire que j'existe. Comme si l'avenir était déjà dedans. Elle m'aide à me jeter en avant. La vie je la gagnerai toujours d'une courte tête. Je pourrai jamais me reposer. Jamais m'arrêter. Alors, je la berce. Elle est ma glaise. Ma sculpture inachevée.
Je me rappelle les cartes de la Terre sainte. En couleur. Très jolies. La mer Morte était bleu pâle. J'avais soif rien qu'en la regardant.
Il croyait que c'était à la solitude qu'il tentait d'échapper, et non à lui-même.
Je considère que le film a été mon grand échec, mais j'ai beaucoup appris. J'aimais Dino et sa fille, Raffaela, la distribution, l'équipe et Mexico, où j'ai vécu durant 18 mois. Le tournage de "Dune" a duré trois ans mais c'était un cauchemar. Un cauchemar !
Sophia Loren serait une fille glamour même si elle était en haillons et vendait du poisson. Elle a le regard, le mouvement et l'intellect.
Notre credo, c'était mélanger le sérieux et la distraction.
S'attendre au pire, à quelque chose de pis que la chute, tout en chutant, c'était un peu la conception que j'avais de la vie.
A mesure que j'avançais en âge, mon « hugolâtrie » grandissait, et chaque nouvelle oeuvre du poète, attendue avec impatience, était dévorée dès son apparition. Si j'entendais autour de moi grincer d'irritantes critiques, je me réconfortais en causant avec Berlioz, qui voulait bien m'honorer de son amitié et dont l'admiration pour Hugo égalait la mienne.
Elle était de celles qui, une fois commencées, seraient toujours amoureuses.
On a deux vies au moins. Une qui s'installe dans notre mémoire comme une pierre au fond de l'eau, et l'autre qui disparaît au fur et à mesure qu'elle se déroule comme si c'était vaporeux.
Elle avait un joli visage, mais sa tête était dans l'espace.