Quand le Poussin disait, dans une boutade, que Raphaël était un âne, à côté de l'antique, il savait ce qu'il disait.
Il n'est sans doute pas facile, même pour le créateur lui-même dans l'intimité de son expérience, de discerner ce qui sépare l'artiste raté, bohème qui prolonge sa révolte adolescente au-delà de la limite socialement assignée, de l'"artiste maudit", victime provisoire de la réaction suscitée par la révolution symbolique qu'il opère.
J'écrivais pour conjurer l'angoisse. N'importe quoi. J'étais un écriveur. L'écriveur deviendra écrivain quand son besoin d'écrire sera soutenu par un sujet qui permet et exige que ce besoin s'organise en projet. Nous sommes des millions à passer notre vie à écrire sans jamais rien achever ni publier.
Je crois que l'amour est ce qui fait tourner le monde. Peu importe l'âge ou la jeunesse, l'amour est la raison pour laquelle nous sommes ici. C'est l'essence même de son être.
J'ai passé une heure à regarder des pots et des tapis dans les musées l'autre jour, jusqu'à ce que le désir de les décrire devienne comme le désir des convoitises de la chair.
Lorsqu'on me demande ce que j'ai à dire aux proches des victimes du 13 novembre, je dis d'abord que le chagrin est infini, ensuite qu'il faut se méfier des promesses énoncées dans l'émotion du lendemain. Elles ne sont jamais tenues.
Les notes et les accords sont devenus ma deuxiéme langue et, le plus souvent, ce vocabulaire exprime ce que je ressens lorsque la langue me manque.
La chose la plus importante est de lire autant que vous le pouvez, comme je l'ai fait. Cela vous permettra de comprendre ce qui fait une bonne écriture et cela élargira votre vocabulaire.
Ce que j'essaie de faire est d'apprécier chaque travail pendant que je travaille dessus.
Ce qui manque avec l'ordinateur c'est de mâchouiller le bout du crayon.
Qui saura peser ce qu'il entre du comédien dans tout homme public toujours en vue ?
Maîtresse - Un homme politique digne de ce nom n'en a jamais qu'une seule.
Le plus pressé, ce n'est pas que l'État enseigne, mais qu'il laisse enseigner. Tous les monopoles sont détestables, mais le pire de tous, c'est le monopole de l'enseignement.
Ce qu'il y a de pratique quand les gens ont vraiment des vies de con, c'est qu'un rien suffit à les distraire.
J'attends qu'elle revienne tandis qu'elle voudrait que je l'oublie. J'attends qu'elle change, alors qu'elle est enfin bien dans sa peau, dit-elle, et elle m'en remercie, mais je ne suis plus compatible avec ce que je l'ai aidée à devenir.
La voix. Au téléphone, la voix seule qui dit tout des êtres, bien davantage que leur présence physique, car il n'y a plus cette dramaturgie - fût-elle infime - qui cache ce qu'on ne souhaite pas révéler.
J'écris toutes les nuits après le tournage. J'entends la mer. Ce soir, il faut écrire. Hors saison. Idéal pour se prendre pour un écrivain. Ce soir, je vivrai toute ma vie, solitaire, si les vagues me donnaient ce que j'envie. Le livre de mes rêves au bout de mes doigts.
Je n'écouterai pas la raison... la raison signifie toujours ce que quelqu'un d'autre a à dire.
Le gouvernement peut changer de visage de temps à autre, mais ce n'est pas comme si nous menions des guerres pour la démocratie - nous menons des guerres pour le capitalisme et pour le pétrole.
Le luxe est tout ce dont vous n'avez pas besoin, n'est-ce pas ? Il faut de la nourriture, de l'eau, des vêtements, un abri... mais du bon vin, de la bonne nourriture, de beaux intérieurs, de beaux vêtements ; ce ne sont pas des nécessités, ce sont des luxes.
Mon prédécesseur a taxé les personnes fortunées et prospères à un taux plus élevé que jamais auparavant. Qu'est ce qui est arrivé ? Ils sont partis. Et qu'est-ce qui en est sorti ? Le chômage a-t-il chuté ? Non.
Dois-je demander comment finira ce monde, ou comment a débuté cet enfer ?
La matière, c'est ce qui ne dure pas.
Est-ce que l'amour existe ?
Le soir, elle laissait sa porte ouverte. Je me glissais silencieusement chez elle, et là, elle m'attrapait par le bras et me conduisait jusqu'à son lit. Mais ce pauvre homme si laid, incapable d'avoir la moindre petite amie, parvenait à trouver en moi quelque chose qui le confirmait dans son sentiment de supériorité.
Monsieur le Président, je retire ce que je viens de dire, à savoir qu'une moitié du gouvernement est composée de crétins : une moitié du gouvernement n'est donc pas composée de crétins.
César, instruit de ces évènements, et redoutant la pusillanimité des Gaulois, car ils changent facilement d'avis et sont presque toujours séduits par ce qui est nouveau, estima qu'il ne devait se reposer sur eux de rien.
Le pouvoir commence sa carrière en abaissant ce qui est élevé, et en élevant ce qui est abaissé.
Fuyez de ces auteurs l'abondance stérileEt ne vous chargez point d'un détail inutile.Tout ce qu'on dit de trop est fade et rebutant,L'esprit rassasié le rejette à l'instant.
De même que les pages que j'écris en ce moment, les nuits que je passe à les écrire, tout cela est si vain, si pour rien. Je mourrai. Plus de je bientôt.
Si j'achète un billet Polnareff, je ne veux pas qu'on me refile à la place du Obispo. Martine Aubry est à Ségolène Royal ce qu'Obispo est à Polnareff.
Ce qui me perturbe aujourd'hui, surtout dans l'environnement actuel, c'est tout ce qui est très défini, la recherche d'une soit-disant pureté personnelle, puretés de civilisations... Tout ça me panique complètement.
Ainsi, l'Équateur et la France ont, aujourd'hui plus que jamais, tout ce qu'il faut pour se comprendre, s'entendre et coopérer. Viva el Ecuador ! Vive l'Équateur !
Qu'est-ce qu'aimer sinon s'aveugler sur le compte de la personne adorée ?
L'art, ce consolateur des misères humaines !
Ce qui fait le bon du mariage, c'est donc la soumission de l'épouse, mais associée aux ardeurs de l'amante. À condition que l'amour de celle-ci soit libre, désintéressé.
La terre sous ce corps, était ouverte comme une tombe, son ventre s'ouvrit à moi comme une tombe fraiche.Nous étions frappés de stupeur, faisant l'amour au dessus d'un cimetière étoilé.Chacune des lumières annonçait un squelette dans une tombe, elles formaient ainsi un ciel vacillant, aussi trouble que les mouvements de nos corps mêlés.
En tant qu'acteur, je veux faire autant de prises que possible. Je veux tourner la scène... ou tirer jusqu'à ce qu'ils me fassent démissionner.
On voit aux tessons ce que fut le pot.
Déjà à l'origine de l'espèce l'homme était égal à ce qu'il était destiné à devenir.
Ce qui ne tue pas les hommes les rend plus forts. Ce qui ne tue pas les femmes fait déjeuner les hommes.
Il serait désolant que les européens quittent la zone Euro. Ce serait une catastrophe !
Les hommes sont risibles, elle ajoute. Dans leurs poses. Dans ce qu'ils cachent. Dans leur façon de se débattre avec leur virilité. Leur pudeur. C'est pour ça qu'ils sont si touchants.
Ce qui est grand mérite rarement d'être aimé.
Dans les arts rien ne vit que ce qui donne continuellement du plaisir.
Les enfants crient ou chantent tout ce qu'ils demandent, caressent ou brisent tout ce qu'ils touchent, et pleurent tout ce qu'ils perdent.
Tout ce qui isole délivre.
Ce sont les livres les plus abîmés, les plus griffonnés dans les marges qui sont les plus beaux. Comme les jeans vieillis troués aux genoux !
Il me semble qu'en ce qui concerne le contrôle des individus, au fond, l'Occident n'a eu que deux grands modèles : l'un, c'est celui de l'exclusion du lépreux; l'autre, c'est le modèle de l'inclusion du pestiféré.
L'imagination s'entraîne. Ce qui ne s'entraîne pas, c'est l'émotion.