Il n'y a que deux grands courants dans l'histoire de l'humanité : la bassesse qui fait les conservateurs et l'envie qui fait les révolutionnaires.
Je n'ai jamais vu un imbécile être cynique : il ne peut être qu'obscène.
Le peuple déjeune, la bourgeoisie dîne, la noblesse soupait. L'estomac se lève plus ou moins tard chez l'homme selon sa distinction.
C'est après dîner que l'homme a le plus d'idées. L'estomac rempli semble dégager la pensée, comme ces plantes qui suent instantanément par leurs feuilles l'eau dont on a arrosé leur terreau.
La langue allemande n'est pas une langue, c'est un hache-paille.
Se soigner ? A quoi bon ? Je durerai peut-être moins que mes maladies.
Il me semble voir dans une pharmacie homéopathique le protestantisme de la médecine.
La misère a ses gestes. Le corps même à la longue prend des habitudes de pauvre.
Il y a deux femmes dans la femme. La première est un animal, doux, dévoué par nature ; la seconde un animal fou, méchant, trouvant un âpre plaisir aux souffrances de ce qui lui est associé dans la vie.
Une façon rapide de faire son chemin est de monter derrière les succès. A ce métier-là, on est bien un peu crotté, on risque bien d'attraper quelques coups de fouet, mais on arrive, comme les domestiques, à l'antichambre.
La médisance est encore le plus grand lien des sociétés.
Rien de plus rare qu'une femme qui a tort et qui n'est pas de mauvaise humeur.
Les enfants sont comme la crème : les plus fouettés sont les meilleurs.
La misère des idées dans les intérieurs riches arrive parfois à vous apitoyer.
Dans les dîners d'hommes, il y a une tendance à parler de l'immortalité de l'âme au dessert.
Combien d'hommes meurent dans un homme avant sa mort !
Une Anglaise est la lutte de la chlorose et de la couperose.
L'histoire est un roman qui a été ; le roman est de l'histoire qui aurait pu être.
Ne jamais parler de soi aux autres et leur parler toujours d'eux-mêmes : c'est tout l'art de plaire.
Ce que l'adultère fait perdre à la bourgeoisie, ce n'est pas ce que les grandes dames appellent de ce grand mot : l'honneur ; c'est ce que les petites gens appellent de ce mot étroit mais précis : l'honnêteté.
L'excès en tout est la vertu de la femme.
La platitude du style vient de l'âme.
Il y a des livres qui meublent. Ce sont ceux qu'on vend le plus et qu'on lit le moins.
Il ne suffit pas d'avoir du talent, il faut encore se le faire pardonner.
Dans l'art, il y a mille moyens d'encourager les fausses vocations, aucun moyen de décourager les vraies.
Un auteur doit être dans un livre comme la police dans la ville : partout et nulle part.
La messe de l'amour, - on dirait que la musique est cela pour la femme.
Peut-être faut-il mentir aux femmes pour qu'elles vous croient.
Moi envieux ? Je ne suis pas si modeste que cela.
La politesse est à la fois la fille de la grâce française et du génie jésuite.
Tout homme qui ne se croit pas du génie n'a pas de talent.
Quand une femme laide est jolie, elle est charmante.
Un livre n'est jamais un chef-d'oeuvre : il le devient.
Trop suffit quelquefois à la femme.
Dans la langue de la bourgeoisie, la grandeur des mots est en raison directe de la petitesse des sentiments.
Les antipathies sont un premier mouvement et une seconde vue.
Il y a des fortunes qui crient "Imbécile !" à l'honnête homme.
Le monde ne pardonne qu'aux supériorités qui ne l'humilient pas.
Peut-être dit-on moins de sottises qu'on n'en imprime.
Dieu a fait le coït, l'homme a fait l'amour.
Le malheur de tout homme d'idée, c'est-à-dire d'ambition, c'est de ne jamais vivre le présent. Il ne le jouit pas, il ne le goûte pas, il le franchit sans cesse et il le saute. Il vit sans cesse en avant, aspirant l'avenir.
Dans l'histoire du monde, c'est encore l'absurde qui a le plus de martyrs.
Un bourgeois est l'océan du rien.
Il n'y a que les domestiques qui savent reconnaître les gens distingués.
Il n'y a de bon que les choses exquises.
Pleurer, c'est diminuer son corps.
Si l'on savait ce que coûtent les bonheurs de la vie, personne ne voudrait les acheter.
Qu'est-ce que le droit ? Le contraire du fait.
Les historiens sont des raconteurs du passé, les romanciers des raconteurs du présent.
Souvent les honnêtes femmes parlent des fautes des autres femmes comme de fautes qu'on leur aurait volées.