Il n'y a que le désert qui guérisse le désespoir : on peut y pleurer sans crainte de faire déborder un fleuve.
Quand on a dit que l'anus de l'hyène sent mauvais, on a tout dit. En rajouter n'apporte rien.
Un grand pays ne peut subjuguer que le petit peuple qui ne sait pas se rassembler pour faire avec tous ses moyens, face à l'agression.
L'aumône se réalise avec le coeur alors qu'offrir s'accomplit par devoir pour se débarrasser d'un mendiant accrocheur.
Tout homme est un dissimulateur. Les bons sentiments ne sont que des stratagèmes : le cancrelat nous dévore en soufflant sur notre plaie.
Ingérence humanitaire, c'est le droit qu'on donne à des Etats d'envoyer des soldats dans un autre Etat pour aller tuer des pauvres innocents chez eux, dans leur propre pays, dans leur propre village, dans leur propre case, sur leur propre natte.
Le bébé de la laitière dort en paix parce qu'il sait qu'il aura du lait quoi qu'il arrive.
La politique ne réussit que par la duplicité.
Un homme est aussi un chien errant en quête perpétuelle de sa nourriture.
Un peuple riche ne s'impose qu'au pays pauvre dont les habitants ne savent pas faire don de leur personne.
Un homme se réalise pleinement dès qu'il se libère du distinguo entre vérité et mensonge.
La principale institution, dans tout gouvernement avec un parti unique, est la prison.
Le chasseur à l'affût, de temps en temps, interrompt la poursuite pour chiquer son tabac.
Il y a dans la vie deux sortes de destins : ceux qui ouvrent les pistes dans la grande brousse de la vie et ceux qui suivent ces pistes ouvertes.
Quand on voit quelqu'un et qu'il fuit, ça signifie c'est quelqu'un qui te veut du mal. Il faut l'attraper.
C'est toujours dans la nuit, et en catimini, qu'on quitte le pays dans lequel on a été accueilli en richissime, quand la pauvreté et l'endettement vous assaillent.
Avant de créer une chute, le fleuve se calme et crée un petit lac.
Le chasseur à l'affût, s'immobilise parfois pour s'orienter.
Le voleur réputé paie la poule qu'il n'a pas chapardée.
Parfois, on trouve une grosse biche dans le piège tendu à des agoutis.
Il n'y a pas de justice sur cette terre pour le pauvre.
Pour les empêcher de s'éloigner, de se perdre dans la brousse, la lionne, toute la journée, s'amuse avec les lionceaux.
Si la perdrix s'envole, son enfant ne reste pas à terre.
Il ne faut jamais verser du jus de viande dans la gorge d'une hyène et lui demander de le recracher.
Il n'y a pas d'oiseau qui chante toute une journée sans s'arrêter.
Les animaux traitent mieux les blessés que les hommes.
On peut survivre à la balle qui vous pénètre dans les pieds, jamais à celle qui vous frappe dans le coeur.
Aimer, c'est servir un autre que soi-même et en faire un maître.
On est toujours plus sincère quand on prend à témoin plusieurs au lieu d'un seul Dieu.
Dans le combat entre les volées de mouches et le troupeau d'éléphants, ce ne sont pas les gros qui toujours l'emportent.
Les peuples n'ont pas le temps de tourner, de soupeser, de comparer, les actes d'un président.
A la longue, de toute manière, ce qui est secret est connu par tout le monde.
On ne vous prendra jamais comme grand guérisseur de lèpre si votre mère est couverte de pustules.
Partout dans le monde une femme ne doit pas quitter le lit de son mari même si le mari injurie, frappe et menace la femme. Elle a toujours tort. C'est ça qu'on appelle les droits de la femme.
Le chef authentique véhicule à travers les ordres qu'il donne, la sève vitale qui vivifie son pays.
On ne discute pas avec un visionnaire.
La vérité n'est très souvent qu'une seconde manière de redire un mensonge.
On ne reçoit pas dans sa maison avec les chiens de garde en laisse dans sa cour.
Il y a les peuples grands par le nombre de leurs habitants comme les Chinois, les peuples grands par les moyens techniques de leur armée comme les Américains, les peuples grands par leur culture et leur histoire comme les Français.
On ne tire pas sur les pintades qu'on a dans son filet.
C'est comme ça dans les guerres tribales : les gens abandonnent les villages où vivent les hommes pour se réfugier dans la forêt où vivent les bêtes sauvages. Les bêtes sauvages, ça vit mieux que les hommes.
Même riche, le chien ne cesse pas de manger ses excréments.
Il n'y a pas de marche qui un jour, ne finit pas.
Dans un bief, il ne peut exister qu'un hippopotame mâle.
On n'apprend pas l'eau, ni la nage au jeune caïman.
Le destin ne surprend jamais ceux de la race des biens nés. Sur leur chemin, ce ne sont pas sur les cailloux de la déveine qu'ils buttent, mais sur ceux de l'avantageuse chance.
Certains ne sont pas plus portés à la grande mystique que les hyènes ne le sont à la grande ablution.
Allah fait ce qu'il veut ; il n'est pas obligé d'accéder à toutes les prières des pauvres humains. Les mânes font ce qu'ils veulent ; ils ne sont pas obligés d'accéder à toutes les chiaderies des prieurs.
Les voleurs de basse-cour le savent et le disent : Quand on réussit un coup mirifique avec un second, on ne jouit pleinement du fruit de la rapine qu'après avoir éliminé ce second.
C'est souvent en y mettant trop de condiments qu'on finit par gâter les meilleures sauces.
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