J'ai dit un jour qu'écrire un roman c'est un peu comme construire les montagnes d'Edom avec des Lego. Ou comme édifier entièrement Paris, avec ses monuments, ses places, ses boulevards, ses tours, ses banlieues et jusqu'au dernier banc public, à l'aide d'allumettes.
La prière s'écoule dans un murmure. De temps à autre une voix s'élève et entraîne les murmures à sa suite.
Ne jetez point vos perles devant les pourceaux.
Un mot d'encouragement est parfois aussi précieux qu'un bandage.
Il est plus facile de lire que d'écrire. Mon père prétend que je lis trop vite et qu'une lecture précipitée n'a pas beaucoup de valeur. Il faut prendre le temps de s'interroger sur ce que l'on vient de lire. Une lecture dépourvue de réflexion équivaut à engloutir une soupe claire.
C'est un des plus beaux jours de ma vie !
La vie est comme une ombre qui passe. La mort aussi. Seule, la douleur demeure. Elle n'en finit pas. Jamais.
La pitié est la chose la moins partagée du monde, c'est dommage de la gaspiller.
Plus de cinquante ans passé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le coeur a beaucoup oublié, principalement des lieux, des dates, des noms de gens, et pourtant je ressens ces jours-là dans tout mon corps.
Je ne crois pas en l'amour universel. L'amour est limité par nature. On peut aimer cinq personnes, peut-être dix, très rarement quinze.
Ignorer la dureté de l'existence est à mon sens aussi stupide que sacrilège. Nous ne pouvons peut-être rien y faire, mais ce n'est pas une raison pour ne pas en parler.
Au commencement était le Verbe.
Peu importe que vous soyez juif, arabe, français, britannique, américain, nous n'avons qu'un seul coeur auquel il faut faire bien attention.
Il y beaucoup d'appelés, mais peu d'élus.
Le méfiant est fatalement voué au malheur. Tout comme l'acide corrode son contenant, le soupçon le ronge à force de se préserver jour et nuit de l'humanité tout entière.
Je quitte le bureau mais je ne quitte pas la bataille pour la paix.
La paix n'est pas bon marché, mais la guerre a un coût infiniment supérieur.
Otto est pessimiste, comme sa mère, qui ne cesse de dire : "Il y a des gens que la guerre rend plus forts. Moi, je lève les mains en l'air et je me rends. Je n'ai pas le courage de [...] ► Lire la suite
L'amour est une affaire intime, étrange et pleine de contradictions. On peut aimer quelqu'un parce qu'on s'aime soi-même, par égoïsme, convoitise, par désir ou par besoin de dominer l'objet de cet amour, le soumettre ou, à l'inverse, se livrer à lui.
Rien ne vaut le premier café de la journée, il nous restitue quelque chose de perdu et de précieux.
La nature de l'homme est initialement bonne et généreuse. Ce sont les injustices de la société qui le poussent à l'égoïsme et à la cruauté. Nous devons redevenir innocents comme des enfants.
La contemplation soulage quelque peu du malheur. Plus on contemple, plus la douleur diminue.
Il n'aime pas seulement ses plats. Sa présence lui procure la sensation d'être relié à la vie.
Il m'est aisé de découvrir la fragilité d'un être, en d'autres termes, son humanité.
La mort n'est pas sensible aux statuts, aux richesses, au pouvoir ni aux titres ronflants ; nous sommes tous égaux à ses yeux.
Dans le judaïsme, on considère que l'offense est pire que l'effusion de sang.
Notre problème n'est pas de nous soumettre aux différences mais de les surmonter.
Vous êtes aussi jeune que vos rêves, pas aussi vieux que votre calendrier.
Il y a des visions qui se sont gravées dans ma mémoire et beaucoup a été oublié, mais la méfiance est restée inscrite dans mon corps, et aujourd'hui encore je m'arrête tous les quelques pas pour écouter.
Comment parler à nouveau une langue baignée de sang juif ? Ce dilemme, avec toute sa gravité, n'entama pas le sentiment que mon allemand n'était pas la langue des Allemands mais celle de ma mère. C'était clair : lorsque je [...] ► Lire la suite
Vous avez appris qu'il a été dit : Oeil pour oeil, dent pour dent. Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui l'autre aussi.
Bois, mon petit, le café vivifie l'âme.
Nous devons accepter l'incompréhensible comme une part de nous-mêmes.
Il vaut mieux être controversé pour les bonnes raisons, que d'être populaire pour de mauvaises raisons.
Le fantasme penche le plus souvent vers le sentimental et le sublime.
Le président iranien devrait se rappeler que l'Iran peut aussi être rayé de la carte.
La lampe du corps, c'est l'oeil.
L'université est un lieu d'étude important, mais pas une école pour écrivains. L'apprentissage littéraire se passe entre soi et soi, ou entre soi et les êtres dont l'âme provient de la même racine.
Ce n'est que seul avec moi-même que je grandis et me lie à la terre.
La séparation entre les vivants et les morts est une séparation fictive. Le passage est plus simple que nous ne l'imaginons. C'est juste un changement de lieu, et le gravissement d'un degré.
Pour moi, rêver est simplement devenir pragmatique.
L'atome peut construire ou détruire cela dépend de nous, l'être humain ne peut pas être indifférent, il doit vivre et vibrer pour l'amour, la liberté, pour l'égalité, pour la fraternité. À mes yeux, le 14 juillet est la fête de toute l'humanité, c'est aussi donc la fête d'Israël.
J'ai la conviction que nous luttons pour une juste cause, et qu'elle finira par triompher.
Dans le ghetto et les camps, j'avais vu des gens dans tout leur égoisme, leur bassesse, mais aussi dans leur générosité....Ces instants rares ne faisaient pas qu' élever une lumière dans l'obscurité, ils ancraient en vous la foi en l'idée que l'homme n'est pas un insecte.
Les cieux admirables du printemps et de l'été devenaient en un rien de temps des cieux de plomb et ce qui semblait élevé et festif pouvait vous entraîner vers les ravins du désespoir.
Le silence de grand-père, lui, était tranquille et dénué de colère, il ressemblait à un gros oreiller sur lequel on pose la tête.
Le silence était si épais qu'on eût pu le découper en cubes.
Ce n'est pas la peine de parler, disaient ceux qui avaient été dans les camps. La parole ne permettra pas de mieux comprendre.
Une fois il dit à maman : "Cette séparation entre les vivants et les morts est une séparation fictive. Le passage est plus simple que nous ne l'imaginons. C'est juste un changement de lieu, et le gravissement d'un degré.".
Le jour où les religions et les révolutions disparaîtront - toutes sans exception - il y aura moins de guerres sur la planète, croyez-moi. L'homme est par nature constitué comme un bois tordu, a dit Emmanuel Kant. Inutile de le redresser au risque de se noyer dans le sang.