Nous croyons à la supériorité de la civilisation occidentale.
J'ai compris une chose, la civilisation musulmane est morte depuis Cordoue, Séville, Grenade. Après, ce n'est que suite de poignards derrière des tentures de velours, vizirs aux sourcils carquois, manigançant les coulisses du palais. Arabiades de tapis volants, oh, il a glissé tout seul, s'est fendu le crâne, le pauvre...
Comment réagiraient nos ancêtres si on leur présentait un ordinateur moderne ? Ils parviendraient probablement à le dompter à coups de pierres. Ils étaient beaucoup plus futés que nous le pensons.
La civilisation est en avance sur l'âme de l'homme, et elle produit plus vite qu'il ne peut penser.
N'avoir jamais et d'aucune façon besoin des autres et le leur faire voir, voilà absolument la seule manière de maintenir sa supériorité dans les relations.
Mieux vaut maintenir en place un adversaire docile qu'installer un ami indocile.
La couleur est par excellence la partie de l'art qui détient le don magique. Alors que le sujet, la forme, la ligne s'adressent d'abord à la pensée, la couleur n'a aucun sens pour l'intelligence, mais elle a tous les pouvoirs sur la sensibilité.
Toute la bassesse et la cruauté de notre civilisation se mesure à cet axiome stupide que les peuples heureux n'ont pas d'histoire.
Le loisir moderne ? L'art de brasser du vent travesti en surmenage.
Tout le monde le sait bien qu'il n'y a pas de racisme mais des racismes : racisme anti-pauvre, racisme anti-jeune, racisme anti-femme, racisme anti-arabe... Alors, si vous êtes une "pauvre jeune femme arabe !"...
Une civilisation n'a pas vocation à être un miroir.
Le monde moderne est plein d'anciennes vertus chrétiennes devenues folles.
Nous avons payé l'arbitre pour qu'il te déclare vainqueur ; nous avons payé ton adversaire pour qu'il te laisse gagner. Le reste dépend de toi.
On a si bien reconnu ce cercle vicieux de l'industrie que de toutes parts on commence à la suspecter, à s'étonner que la pauvreté naisse en civilisation de l'abondance même.
Le respect est une reconnaissance, mêlée de crainte, de la supériorité d'autrui.
Il n'y a pas d'amour moderne : ce sentiment quand il est sincère est immuable et immortel.
Ceux qui croient en Dieu y pensent-ils aussi passionnément que nous, qui n'y croyons pas, à son absence ?
Le vin est ce qu'il y a de plus civilisé au monde.
L'homme moderne perd son temps à essayer de le gagner.
La civilisation n'est autre chose que l'acceptation, par les hommes, de conventions communes.
L'extrême civilisation engendre l'extrême barbarie.
Il n'est pas un signe ou un acte de civilisation qui ne soit en même temps un acte de barbarie.
A cause de la non-disponibilité des femmes, la masturbation est devenue le fléau de la civilisation occidentale.
Nous avons beau les croire plus vaniteux que nous, nous croyons toujours les autres moins vaniteux qu'ils ne sont.
La nature veut qu'on jouisse de la vie le plus possible, et qu'on meure sans y penser. Le christianisme a retourné tout cela.
Nous ne donnons rien au poème qu'il ne nous rende au centuple. Nous croyons le faire ; c'est lui qui, secrètement, nous fait.
Le temps est le rivage de l'esprit ; tout passe devant lui, et nous croyons que c'est lui qui passe.
La liberté et le progrès sont le but dans l'art, comme dans la vie tout entière. Si nous ne sommes pas aussi solides que les maîtres anciens, le raffinement de la civilisation a du moins élargi bien des choses.
Que votre autorité ne tire sa force, ni de la dureté du commandement, ni de la rigueur des châtiments, mais de la supériorité de votre sagesse.
Le christianisme n'est pas une religion du sacré, mais de la sainteté.
C'est en faisant confiance aux possibilités des acteurs de générer des sens beaucoup plus larges que l'on peut avoir une maîtrise de l'espace qui ne soit pas rétrécissante.