Je suis dingue de cette fille, c'est vrai, dingue. Dès que je l'ai vue, je l'ai aimée. Je veux dire tout, j'ai tout aimé chez elle. Sa façon de marcher, sa bouche, son nez, ses yeux, et puis aussi son petit sourire triste. J'ai aimé aussi sa curiosité. Vous avez vu quand elle achète des pommes par exemple, elle veut savoir quel arbre les a portées, qui les a récolté, si aucun enfant n'a été exploité pendant la cueillette, un tas de truc comme ça. Elle est géniale. Et son rire, elle a un rire, nan ? Il est pas mal son rire. Bon bien sûr, elle est tête en l'air. Et même si à cette époque là on avait déjà vécu ensemble seuls, elle et moi, pendant, quoi, six-sept ans, elle n'a jamais été capable de savoir à quelle heure je sors du boulot. M'enfin, comment lui en vouloir ? Après tout c'est... Maman.
L'internaute découvre une déclaration d'amour et d'admiration passionnée et inconditionnelle. Le narrateur exprime son coup de foudre immédiat ("Dès que je l'ai vue, je l'ai aimée") et son affection pour l'intégralité de la personne ("tout, j'ai tout aimé chez elle"), de l'apparence physique (sa façon de marcher, sa bouche, son nez, ses yeux) aux traits de caractère comme son "petit sourire triste" et surtout sa "curiosité". Il admire profondément sa conscience et son sens éthique (l'exemple des pommes). Il reconnaît cependant un défaut (elle est "tête en l'air" et oublie son horaire de travail) qu'il balaye immédiatement. La chute de la réplique révèle l'identité de cette personne : sa "Maman".
Cette réplique est une puissante exploration de l'amour filial, le dépeignant avec l'intensité et l'exaltation typiques de l'amour romantique ou passionnel. Le langage utilisé ("dingue de cette fille") est délibérément ambigu jusqu'à la fin. Profondément, elle symbolise :
Bien que la réplique exacte ne soit pas un poncif de la conversation, son mécanisme narratif est très utilisé :
L'idée principale à retenir est que l'Amour Véritable est Inconditionnel et Global. Il ne s'agit pas de n'aimer que les qualités, mais d'aimer la personne dans son intégralité, ses manies, ses défauts, ses préoccupations. La plus grande forme d'amour est l'indulgence et l'admiration simple pour l'être cher, peu importe son rôle (parent, enfant, ami, amant).
Cette réplique est extraite du film Celle Que J'aime, réalisé par Élie Chouraqui et sorti en 2009. Elle est prononcée par le personnage principal.
Le monologue est prononcé par le personnage de Marc (joué par Marc Lavoine) à un ami ou un confident. Marc, réalisateur de films et écrivain, est en pleine crise existentielle et traverse une période de doutes et de remise en question de ses relations. C'est dans ce contexte d'introspection profonde qu'il se confie sur la personne la plus importante et la plus constante de sa vie : sa mère. La révélation finale est souvent placée en conclusion d'un long éloge, rendant la chute surprenante et émouvante.
Le film Celle Que J'aime explore les multiples facettes de l'amour, qu'il soit romantique, passionnel, filial ou amical. Le monologue sur la mère sert de pierre angulaire à cette exploration, proposant l'amour filial comme l'étalon-or, l'amour le plus pur et le plus durable. Le film met en évidence le contraste entre la complexité des relations amoureuses de Marc et la simplicité et la solidité de son lien maternel.
La réplique est particulièrement mémorable pour sa chute inattendue. Elle provoque d'abord un rire nerveux ou un choc, puis une profonde émotion. Culturellement, elle résonne car elle donne une voix et une légitimité à l'intensité de l'amour pour ses parents, un sentiment souvent tu ou sous-estimé par rapport aux grandes déclarations d'amour romantique au cinéma. Elle rappelle que le premier et peut-être le plus fort des amours est souvent celui que l'on porte à sa figure maternelle.