Vous êtes tous une bande foireux et des sales cons. Vous savez pourquoi ? Parce que vous n'avez pas les couilles pour vous imposer dans ce monde. Il vous faut des vrais mecs comme moi ! Ouais, il vous faut des vrais mecs comme moi !
Et alors là vous pointez vos sales pattes de rapaces et vous vous dites ça c'est un mauvais garçon. Vous vous prenez pour qui ? Pour des bons ? Vous n'êtes pas bons. Vous savez que vous cacher et mentir. Moi., je n'aurai pas ce problème. Moi, je dis toujours la vérité et même quand je mens c'est vrai. Alors dites bonne nuit au mauvais garçon. Ouais, c'est la dernière fois que vous voyez un mauvais garçon fringué comme ça. Attention ! Place au mauvais garçon ! Attention ! Mauvais garçon ! Chaud devant !
Cette réplique, crachée par Tony Montana lors de son dernier repas, est un déferlement de rage et d'arrogance. Littéralement, Tony insulte violemment les personnes présentes, les qualifiant de «bande de foireux et de sales cons», principalement parce qu'il les juge lâches et incapables de s'affirmer («vous n'avez pas les couilles pour vous imposer dans ce monde»). Il se pose en modèle, un «vrai mec», nécessaire pour dominer. Il dénonce ensuite leur hypocrisie, les accusant de se cacher et de mentir, alors que lui prétend dire la vérité, même quand il ment. La fin est un adieu tonitruant et théâtral au «mauvais garçon» qu'il incarne.
Symboliquement, cette tirade est le cri d'une bête acculée. Elle représente l'ultime expression du rêve américain perverti. Tony ne critique pas seulement les individus, mais un système et une société qu'il perçoit comme mous et hypocrites. Son insistance sur la «vérité» et le fait d'être un «mauvais garçon» symbolise son rejet total des conventions sociales et de la moralité bourgeoise. C'est l'affirmation brutale de la force brute et de l'honnêteté de la violence face à la fausseté des puissants et des nantis.
Bien que les insultes soient trop crues pour un usage courant, l'esprit de la réplique est souvent référencé dans la culture populaire pour exprimer:
L'idée principale à retenir n'est pas de suivre l'exemple de Tony, mais de comprendre les conséquences de la cupidité illimitée et de l'isolement moral. La réplique montre que même au sommet de son pouvoir, l'anti-héros est profondément seul et enragé. Elle souligne le danger de l'hybris et la vacuité d'une réussite construite uniquement sur la violence et la trahison. Tony a obtenu le pouvoir, mais a perdu son âme et toute forme de respect, ne laissant derrière lui qu'un cri de fureur.
La réplique est issue du film culte Scarface, sorti en 1983. Elle est prononcée par l'acteur Al Pacino dans le rôle principal, Tony Montana. Le scénario a été écrit par Oliver Stone et le film a été réalisé par Brian De Palma. C'est un remake moderne (déplacé de Chicago dans les années 30 à Miami dans les années 80) du film de 1932.
Cette scène se déroule dans le luxueux restaurant où Tony Montana dîne. Il est déjà au sommet de son empire de la drogue, mais il est paranoïaque, seul et sous l'influence de la cocaïne. Il est en train de se disputer bruyamment avec sa femme, Elvira. C'est à ce moment, alors qu'il est observé par les clients bourgeois et les hommes d'affaires, qu'il craque et leur lance cette diatribe. Il est en train de s'autodétruire publiquement et émotionnellement.
Cette réplique est l'essence même de Tony Montana. Elle exprime son charisme bestial, son mépris pour les faibles, son parcours de l'outsider qui a réussi par la force, et son honnêteté perverse. Le «mauvais garçon» qu'il dépeint est le rôle qu'il s'est forgé: un homme sans filtre, brutalement vrai, qui démasque l'hypocrisie du monde. C'est le reflet de son complexe de supériorité et de sa chute imminente.
Le thème central de Scarface est la critique du rêve américain et de la cupidité des années 80. La réplique s'inscrit parfaitement dans ce cadre en dénonçant la façade respectable de la société et en affirmant que le véritable moteur du succès (selon Tony) est la brutalité sans scrupules. Le film montre que la quête effrénée de richesse et de pouvoir, résumée par le slogan «The world is yours» (Le monde est à vous), mène inéluctablement à la destruction.
L'impact de cette réplique est immense. Émotionnellement, elle est ressentie comme une explosion cathartique, un moment de pure folie et de vérité dérangeante. Culturellement, elle est devenue emblématique de la rage antisociale, du culte du gangster charismatique et du cinéma de Brian De Palma. Elle est souvent citée, parodiée et sert de référence dans la musique (notamment le rap), les jeux vidéo et les mèmes internet, consacrant Tony Montana comme l'un des plus grands anti-héros du cinéma.