Trois choses font un savant homme, la lecture, la conversation et la rêverie ; l'une enrichit la mémoire, l'autre polit son esprit; et la dernière forme son jugement.
Je ne pouvais faire confiance en ma mémoire pour deux raisons : j'étais un vieillard, et j'étais un écrivain.
Si la société évacue la poésie comme mode d'expression non productif, c'est peut-être que la poésie est un foyer de contestation, un acte de résistance, une incompatibilité fondamentale avec le système dominant ?
Le pardon requiert la mémoire absolument vive de l'ineffaçable, au-delà de tout travail du deuil, de réconciliation, de restauration, au-delà de toute écologie de la mémoire.
Les femmes ont la mémoire courte lorsque cela leur convient : elles effacent ou gravent selon leur bon plaisir.
La vraie poésie est en dehors des lois.
Le vieillissement est essentiellement une opération de mémoire. Or c'est la mémoire qui fait toute la profondeur de l'homme.
Un roman est l'histoire des jours où une vérité se fait jour.
Changer d'avis à bon escient, c'est le fait de quelqu'un dont le jugement reste en éveil.
Un crime n'est véritablement un chef-d'oeuvre que si l'auteur reste impuni. D'autre part, l'impunité n'est complète que si la justice condamne un faux coupable.
Lire beaucoup. La lecture aide vraiment. Lisez tout ce que vous pouvez avoir sous la main.
La mémoire est la précieuse servante de l'intelligence.
On a deux vies au moins. Une qui s'installe dans notre mémoire comme une pierre au fond de l'eau, et l'autre qui disparaît au fur et à mesure qu'elle se déroule comme si c'était vaporeux.
La vie est un bail imposé aux locataires, sans lecture préalable du cahier des charges.
Lorsque donc quelqu'un te met en colère, sache que c'est ton jugement qui te met en colère.
Un bon avis vaut un oeil dans la main.
L'homme est devenu trop puissant pour se permettre de jouer avec le mal. L'excès de sa force le condamne à la vertu.
La mémoire de l'homme est sélective, pour certains faits, il la perd très facilement.
La poésie guérit les blessures infligées par la raison.
La reconnaissance a la mémoire courte.
Dans la lecture solitaire, l'homme qui se cherche lui-même a quelque chance de se rencontrer.
On lit comme on aime, on entre en lecture comme on tombe amoureux : par espérance, par impatience. Sous l'effet d'un désir, sous l'erreur invincible d'un tel désir : trouver le sommeil dans un seul corps, toucher au silence dans une seule phrase.
La poésie suggère. En cela, elle est plus proche qu'on ne pense de la vie, qui est toujours en deçà de l'instant qui frappe.
La pompe des enterrements funèbres intéresse plus la vanité des vivants que la mémoire des morts.
En un mot, la poésie ne peut exister sans émotion, ou, si l'on veut, sans un mouvement de l'âme qui règle les mots.
Celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre.
J'ai une mauvaise mémoire des noms, mais je me souviens rarement d'un visage.
L'histoire de la lecture est celle d'une exclusion, d'une renonciation.
Le roman offre d'immenses possibilités : les lois romanesques ne sont ni morales comme dans la vie, ni rationnelles comme au théâtre ; elles sont purement esthétiques.
La mémoire elle-même est rongée par un acide et il ne reste plus de tous les cris de souffrance et de tous les visages horrifiés du passé que des appels de plus en plus sourds, et des contours vagues.
La poésie n'est pas autre chose pour moi que l'art de décrire l'invisible, avec des images d'ange.