La confidence n'est parfois qu'un succédané laïque de la confession.
Jusqu'à présent toute grande philosophie fut la confession de son auteur, une sorte de mémoires involontaires.
La religion en tant que source de consolation est un obstacle à la véritable foi, et en ce sens l'athéisme est une purification.
Aucune confession n'apporte la perfection.
La religion est une question trop importante pour ses fidèles pour être un sujet de ridicule. S'ils se livrent à des absurdités, il faut les plaindre plutôt que les ridiculiser.
Ceux qui affirment que rien n'est plus démocratique que l'audimat se moquent du monde, bien entendu. L'audimat ne permet pas de mesurer ce que les gens veulent, mais de savoir jusqu'à quel point ils ont intériorisé ce qu'on les a habitués à vouloir.
Le degré d'inhumanité d'une religion en garantit la force et la durée : une religion libérale est une moquerie ou un miracle.
La chance est la forme laïque du miracle.
Toute religion n'est que le reflet fantastique, dans le cerveau des hommes, des puissances extérieures qui dominent leur existence quotidienne.
Parce que la religion est divine, doit-elle régner par la haine, les tortures, les meurtres ?
En science comme en religion il faut être attentif aux signes. Nombre de grandes découvertes sont la conjonction du hasard et de l'acuité d'observation et d'interprétation des signes.
L'immense supériorité de la religion sur toute autre forme de pensée tient à son sens aigu du mystère des choses.
C'est lorsque la religion atteint son apogée, sa plus haute puissance, qu'elle fait commettre le plus de crimes.
Ça, c'est le coup de théâtre démocratique : l'égalité est au départ, et non à la fin. C'est ce qui fait la différence entre la démocratie et l'égalitarisme : la démocratie suppose l'égalité au départ, l'égalitarisme la suppose à la fin.
Que dans une république laïque on puisse respecter les religions en autorisant leur critique, cela peut paraître une contradiction inadmissible.
L'essence de l'Amérique - ce qui nous unit vraiment - n'est pas l'ethnicité, la nationalité ou la religion - c'est une idée - et quelle idée c'est : Que vous puissiez venir de circonstances humbles et faire de grandes choses.
L'athéisme en France est une religion et l'anticléricalisme une église.
Un athée peut être vertueux aussi sûrement qu'un croyant peut ne pas l'être.
En fait, toute religion est une secte qui a réussi. On donne d'ailleurs le nom de secte à toute église non officielle qui concurrence les églises officielles.
La religion est l'intuition de l'univers.
Le Dieu vaincu devient le diable de la religion qui suit.
Combien il est contraire au dessein de Dieu que la vérité de sa religion soit aussi évidente et claire pour tous les hommes qu'une démonstration mathématique.
Un livre de maximes est une confession pudique.
Nous sommes pour la religion contre les religions.
La force principale de la religion vient de ce qu'on la croit : la force des lois humaines de ce qu'on les craint.
Une religion fournit aux hommes des mots, des actes, des gestes, des "pensées" pour les circonstances où ils ne savent que dire, que faire, qu'imaginer.
La religion du crime empoisonne tout autant que celle de la vertu.
La raison pour laquelle le christianisme est le meilleur ami du gouvernement est que le christianisme est la seule religion qui change le coeur.
L'amour est la véritable religion de l'hypercomplexité.
Nietzsche avait vu juste, avec son flair de vieille pétasse, le christianisme était au fond une religion féminine.
Un dévot est celui qui sous un roi athée serait athée.