Quand un cannibale mange avec une fourchette et un couteau, est-ce un progrès ?
La science avance par degrés et non par bonds.
Le progrès social consiste à ne rien laisser à ceux qui font presque tout, pour donner tout à ceux qui ne font presque rien.
Il est singulier que la politique, qui est sans contredit la science la plus ardue et la plus difficile, soit la seule que tout le monde croit posséder sans l'avoir apprise.
La science est un acquêt de l'homme.
Le progrès n'a que l'âme de celui qui s'en sert.
Le monde et la science ont leurs données propres, qui se touchent et ne se pénètrent pas. L'une nous montre à quel but nous devons viser, l'autre, le but étant donné, nous donne les moyens de l'attendre.
Une démocratie ne vaut et ne dure que si elle sait refondre constamment dans la communauté nationale l'individualisme qu'elle fait naître.
La science consiste à faire ce qu'on fait en sachant et en disant que c'est tout ce qu'on peut faire, en énonçant les limites de la validité de ce qu'on fait.
Les mathématiques peuvent être définies comme une science dans laquelle on ne sait jamais de quoi on parle, ni si ce qu'on dit est vrai.
La démocratie commence chez soi.
Ce n'est pas aux lecteurs de cet ouvrage que je croirai jamais devoir prouver que les idées gouvernent et bouleversent le monde, ou, en d'autres termes, que tout le mécanisme social repose finalement sur des opinions.
La dictature, c'est "ferme ta gueule" et la démocratie c'est "cause toujours".
L'industriel qui se plaint de la concurrence est un enfant qui se plaint de son maître. Il lui reproche de le punir ; il ne mesure pas les progrès qu'il lui doit.
C'est pourquoi le sport s'affirme comme un élément essentiel du progrès moderne.
Une terre et une humanité en équilibre, ce serait une population de cent à cinq cent millions de personnes.
La science va vite et droit en son chemin ; mais les représentations collectives ne suivent pas, elles sont des siècles en arrière, maintenues stagnantes dans l'erreur par le pouvoir, la grande presse et les valeurs d'ordre.
La science ne consiste pas seulement à savoir ce qu'on doit ou peut faire, mais aussi à savoir ce qu'on pourrait faire quand bien même on ne doit pas le faire.
Le progrès est le processus par lequel l'homme a supprimé les moustaches, l'appendice et Dieu.
Il me semble en effet qu'une des causes principales de l'erreur en sociologie réside dans un rapport incontrôlé à l'objet. Ou plus exactement dans l'ignorance de tout ce que la vision de l'objet doit au point de vue, c'est-à-dire à la position occupée dans l'espace social et dans le champ scientifique.
C'est être bien avancé dans la science de la vie que de savoir souffrir.
La démocratie est corrompue non seulement lorsque l'esprit d'égalité est corrompu, mais également lorsqu'ils tombent dans un esprit d'extrême égalité.
L'artiste est ce professionnel de la transformation de l'implicite en explicite, de l'objectivation, qui transforme le goût en objet, qui réalise le potentiel, c'est-à-dire ce sens pratique du beau qui ne peut se connaitre qu'en se réalisant.
Les théâtreux sont de gauche pour cacher que le théâtre est fondamentalement réactionnaire. C'est-à-dire que le mot de progrès provoque parfois un fou rire dans les coulisses du théâtre. Le théâtre est un doute sur les progrès de l'humanité qui ne se contente pas de rire.
Si le marché l'emporte sur la démocratie, il orientera la science dans des directions qui menaceront l'humanité.
La psychologie comme science a ses limites, et de même que la conséquence logique de la théologie est le mysticisme, ainsi la conséquence ultime de la psychologie est l'amour.
Quand il y a une fourchette à un carrefour, prenez-la !
De toutes les mauvaises habitudes, la plus nuisible au progrès spirituel est celle de mentir.
Notre système n'est ni le capitalisme d'État ni le collectivisme, mais une création intermédiaire. Je pense que l'ordre social prime l'ordre économique.
La démocratie est un système merveilleux dans lequel un homme est encore libre de faire ce que sa femme veut.
La Science est avant tout un système organisé de croyance, a priori nullement supérieur aux autres.