La prison ne peut pas manquer de fabriquer des délinquants. Elle en fabrique par le type d'existence qu'elle fait mener aux détenus : qu'on les isole dans les cellules, ou qu'on leur impose un travail inutile, pour lequel ils ne trouveront pas d'emploi, c'est de toute façon ne pas « songer à l'homme en société ; c'est créer une existence contre nature inutile et dangereuse » ; on veut que la prison éduque des détenus, mais un système d'éducation qui s'adresse à l'homme peut-il raisonnablement avoir pour objet d'agir contre le voeu de la nature ? La prison fabrique aussi des délinquants en imposant aux détenus des contraintes violentes ; elle est destinée à appliquer les lois, et à en enseigner le respect ; or tout son fonctionnement se déroule sur le mode de l'abus de pouvoir.
Cette citation de Michel Foucault dénonce l'institution carcérale comme étant intrinsèquement et paradoxalement productrice de la délinquance qu'elle est censée réprimer. Pour Foucault, la prison ne réhabilite pas ; elle fabrique des délinquants. Ce processus se déroule de deux manières principales :
Bien que concernant la prison, cette pensée peut éclairer d'autres domaines où une institution cherche à « éduquer » ou à « réformer » par des moyens qui vont à l'encontre de la nature humaine ou sociale :
Plusieurs critiques peuvent être adressées à cette analyse :
Le message essentiel à retenir est que tout système qui cherche à éduquer, réformer ou punir par l'isolement, l'inutilité et l'abus de pouvoir est voué à l'échec et risque d'engendrer l'effet inverse de celui recherché. Pour être juste et efficace, une sanction ou une contrainte doit être en adéquation avec la nécessité de maintenir l'homme dans le tissu social et de lui faire respecter la loi par la légitimité et non par la seule force.
Cette citation est au cœur de la pensée de Foucault, mais elle entre en résonance avec d'autres courants :
Cette idée est tirée de l'œuvre majeure de Michel Foucault, Surveiller et Punir : Naissance de la prison, publié en 1975. Ce passage résume le cœur de la thèse de l'ouvrage, qui analyse l'émergence et le rôle des techniques disciplinaires dans les sociétés modernes.
L'auteur est Michel Foucault (1926-1984), un philosophe, historien des idées et théoricien social français. Il est l'une des figures intellectuelles majeures du XXe siècle. Son travail se concentre sur les relations entre le pouvoir et le savoir et la manière dont le pouvoir s'exerce à travers des institutions comme les asiles, les hôpitaux et les prisons.
La citation s'inscrit dans le contexte des années 1960 et 1970 en France, marqué par une forte remise en question des institutions et des formes d'autorité établies (post-Mai 68). À cette époque, Foucault s'implique activement dans le Groupe d'information sur les prisons (GIP), qui visait à donner la parole aux détenus et à dénoncer les conditions de détention. L'ouvrage est publié à un moment où la prison fait l'objet de vives critiques, non seulement pour son inhumanité, mais pour son inefficacité sociale.
Merci à toi d'être à mes cotés
Merci à toi de m'écouter...
Hier lorsqu'en pleurs je t'ai appelé
Tu m'as consolée...
Tu es ma moitié
Tu es celui qui m'a montré
Que je ne suis pas qu'une poupée
Et que du cerveau j'en avais
J'aime te savoir heureux
J'aime [...] â–º Lire la suite