La lecture d'un poème, quel que soit son auteur, me réconcilie avec moi. L'écoute d'une symphonie me réconcilie avec les autres : c'est pourquoi je ne vais au concert que six ou sept fois par an.
Un des plus beaux présents que la nature puisse faire à un comédien, c'est la mémoire : si elle lui est infidèle, le personnage qu'il représente disparaît ; on ne voit plus que l'acteur.
La lecture est un billet d'absence, une sortie du monde.
Un poème bouge avec le temps.
Aucun poème ne peut être plus doux qu'un simple je t'aime.
Il y a une mémoire d'au-delà de la mémoire : c'est ce qui remonte à la surface grâce à ces grands coups de sonde que constituent l'acte poétique.
Il faut trancher dans le vif comme le chirurgien, être assez froid vis-à-vis de son propre texte pour le corriger, supprimer, alléger.
Il y a dans la vie des instants de bonheur qu'aucun poème ne peut résumer.
Pour le résumer, on pouvait dire que c'était un illuminé qui dénichait dans la lecture des grands écrivains son propre génie.
J'ai une mémoire admirable, j'oublie tout.
Dans la maison de NormandieTout a rouillé, tout a jauni,Mais le bonheur est encore là,Blotti dans les détails, dans les taillis,Dans les fleurs qui n'ont pas fleuri,Et le bonheur est dans mon coeur aussi.L'herbe rase et les pommiers morts,Rien n'est [...] â–º Lire la suite
Je n'ai pas pu convaincre mon poème de rester sage.
Lors de la dernière coupe du monde de football, dans l'équipe de Corée du Sud ils étaient sept joueurs à porter le même nom de famille : Kim. C'était tellement compliqué pour les commentateurs qu'ils ont décidés de rajouter les prénoms [...] â–º Lire la suite
Je remontais dans ma mémoire jusqu'à l'enfance, pour retrouver le sentiment d'une protection souveraine. Il n'est point de protection pour les hommes. Une fois homme on vous laisse aller.
Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie.
Notre tête ne serait-elle pas assez grande pour contenir à la fois la mémoire et imagination ?
La pure musique d'église devrait être exécutée seulement par les voix, à part le Gloria, ou tel autre texte de ce genre. C'est pourquoi je préfère Palestrina ; mais c'est une absurdité de l'imiter, sans posséder son esprit, ni ses conceptions religieuses.
Je suis toujours surpris par les coïncidences qui nous font un clin d'oeil du fond de leur mémoire en posant des bonheurs sur les journées d'absence et nous laissent à penser que rien n'est un hasard.
D'être né en 1945, après que des villes furent détruites et que des populations entières eurent disparu, m'a sans doute rendu plus sensible aux thèmes de la mémoire et de l'oubli.
Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c'est la présence des absents, dans la mémoire des vivants.
Perdre la mémoire n'aide pas à retrouver son chemin.
La peinture remonte des coups de pinceau comme un poème naît des mots. Le sens vient plus tard.
Les arcanes de notre mémoire sont comme d'immenses souterrains où la lumière de l'esprit ne pénètre jamais mieux que lorsqu'elle a cessé de briller au-dehors.
La maison est la première école de l'enfant, le parent est le premier enseignant de l'enfant et la lecture est le premier sujet de l'enfant.
Vous pouvez essentiellement dire n'importe quoi à quelqu'un sur un e-mail ou un texte tant que vous mettez LOL à la fin.
Le roman est autant un artefact verbal qu'un poème lyrique.
A soixante-dix ans, il est meilleur pour la santé d'avoir des femmes dans la mémoire que sur les genoux.
Une vie est une oeuvre d'art. Il n'y a pas de plus beau poème que de vivre pleinement. Echouer même est enviable, pour avoir tenté.
Il faut tourner sa langue sept fois avant de parler... Quatorze fois pour les bilingues.
La lecture des évangiles produit d'abord un choc en ma subjectivité, puis, au contact de ces textes, je découvre que Jésus enseigne le désir et y entraîne. Je découvre que ces textes de deux mille ans ne sont pas en contradiction avec l'inconscient des hommes d'aujourd'hui.
Le poème s'étirant dans les blés,Le poème s'allongeant vers les sphères.Le poème bondissant,Dans les pâturages de l'âme,Le poème frémissant,Dans le corps des cités.