N'importe qui pouvait écrire un roman en six semaines, avec du papier stylo et sans téléphone ni femme.
Celui qui progresse ne blâme personne, ne loue personne, ne critique personne, n'incrimine personne. Il ne dit rien, ni de son importance, ni de son savoir.
Qu'on écrive un roman ou un scénario, on organise des rencontres, on vit avec des personnages ; c'est le même plaisir, le même travail, on intensifie la vie.
Il faut écrire ses mémoires avant de ne plus en avoir.
J'ai été critiqué pour ne pas avoir de perspective dans le passé et je l'ai pensé moi-même plusieurs fois, mais pas là.
Le critique de livres ne lit plus que sa critique, que lui rédige son secrétaire.
Si le critique était un compositeur inspiré, il ne dirait pas comment l'oeuvre aurait dû être faite, il l'écrirait lui-même.
Quand ils m'ont vu dans ma combinaison spatiale et le parachute qui traînait à mes côtés, ils ont commencé à reculer de peur. Je leur ai dit, n'ayez pas peur, je suis un soviétique comme vous, qui est descendu de l'espace et je dois trouver un téléphone pour appeler Moscou !
J'ai dit un jour qu'écrire un roman c'est un peu comme construire les montagnes d'Edom avec des Lego. Ou comme édifier entièrement Paris, avec ses monuments, ses places, ses boulevards, ses tours, ses banlieues et jusqu'au dernier banc public, à l'aide d'allumettes.
Bien des gens prétendent qu'en art il ne faut pas raisonner ses impressions. C'est très possible, mais alors il faut se borner à prendre son plaisir où on le trouve et renoncer à juger quoi que ce soit. Un critique [...] ► Lire la suite
Ce n'est qu'à l'âge de 37 ans que j'ai compris la grande vérité qu'il faut écrire ses propres livres et ceux de personne d'autre, et tout s'est enchaîné à partir de là.
Je vais écrire des chansons jusqu'à ma mort. Il n'y a aucun doute.
Un critique doit goûter à tout, jouer avec l'eau et le feu et, au besoin, s'exposer aux éclaboussures de sauce et même de fumier. Il ne doit pas avoir de plus grand plaisir que de faire connaître ou surgir un talent jeune et neuf, ou ancien et méconnu.
Le roman est devenu une enquête générale sur l'homme et sur le monde.
Le lecteur de la poésie n'analyse pas, il fait le serment de l'auteur, son proche, de demeurer dans l'intense.
Ce que je préfère chez Truffaut, c'est qu'il a arrêté la critique. Il y a un moment où il faut arrêter la critique : elle ne sert à rien
Plus la critique est hostile, plus l'artiste devrait être encouragé.
Mes parents l'ont écrit dans leur autobiographie : ils n'ont jamais désiré avoir un enfant. Ma mère, je l'ai surtout fait chier dans sa carrière. Avec mon père, j'ai eu des rapports agréables, mais plutôt copain-copain. Ils pensaient surtout à [...] ► Lire la suite
Il faut de la solitude pour lire agréablement, il en faut davantage pour écrire avec aise.
Quelle chose étonnante que la lecture qui abolit le temps, transvase l'espace vertigineux sans pour cela suspendre le souffle, ni ravir la vie au lecteur ! On est emporté sur un tapis volant.
Tout lecteur est soit un voyageur qui fait une pause ou quelqu'un qui rentre chez lui.
- Il a l'air chouette ton frère. - Il est pas chouette... Il est plus que ça. Il a été renversé par un bus, il a du réapprendre à faire un tas de chose. Réapprendre à nager, à écrire son nom, réapprendre à être mon frère...
La chanson la plus difficile à écrire est une chanson de protestation, une chanson d'actualité qui a du sens.
On devrait toujours écrire comme à un très vieil ami.
La métaphysique est le roman de l'esprit.
Pas plus que le roman ne peut se borner à la fiction, il ne peut se passer d'elle.
Les femmes qui se marient tôt sont souvent du genre à s'enticher des hommes qui présentent bien sur la photo de mariage et donnent leur numéro de téléphone aux demoiselles d'honneur.
On préfère un compliment menteur à une critique sincère.
Il faudrait écrire sans jamais penser qu'on sera lue ou alors par des êtres dotés d'une immense compassion et qui vous pardonneront d'user votre vie à restituer l'impalpable traversée des heures, des minutes, des secondes. Autant dire rien.
Pour gagner des applaudissements, il faut écrire des choses si simples qu'un cocher pourrait les chanter.
J'ouvre ici une parenthèse, complètement inutile d'ailleurs, pour déclarer que le téléphone est une de mes haines. Je prétends qu'il est immoral de se parler de si loin, et que l'instrument susdit est une mécanique infernale.