Pour contraindre les prostituées, on a toujours utilisé la violence la plus barbare. Mais pour convaincre l'opinion et les parlements, on utilise le langage.
Comment ne pas répondre d'une voix mourante, quand on vous parle avec une extrême onction !
La violence sucrée de l'imaginaire console tant bien que mal de la violence amère du réel.
Aller à travers le monde et parler aux hommes ? Les convaincre d'avoir pitié les uns des autres, les bourrer de leur mort prochaine ? Rien à faire, ils aiment être méchants.
Personne ne se connaît vraiment soi-même, et il faut devoir vivre une situation extrême pour s'en apercevoir.
Nous n'aurions plus rien d'humain si le langage en nous était en entier servile.
Par la violence du dépassement, je saisis, dans le désordre de mes rires et de mes sanglots, dans l'excès des transports qui me brisent, la similitude de l'horreur et d'une volupté qui m'excède, de la douleur finale et d'une insupportable joie !
Je m'intéresse au langage parce qu'il me blesse ou me séduit. C'est là, peut-être, une érotique de classe ? Mais quelle classe ?
Perdre peut vous persuader de changer ce qui n'a pas besoin d'être changé, et gagner peut vous convaincre que tout va bien même si vous êtes au bord du gouffre.
Quelque horreur qu'inspire une violence amoureuse à la personne qui en est l'objet, il est à remarquer qu'elle en inspire encore davantage aux femmes à qui elle n'est point faite.
La vraie tendresse est avant tout affaire de violence contenue...
Un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le coeur des hommes que la violence et la barbarie.
C'est assez doux, vous le verrez un jour, d'être l'ombre de soi-même. De se dire que les autres n'ont pas réussi à vous modifier.
La violence physique et la fausse philosophie sont aussi nuisibles qu'une scène d'amour haute en couleur.
La violence conjugale est un rouleau compresseur qui écrase tout sur son passage : la capacité de discernement, la faculté de se révolter, le bon sens. C'est comme une maladie qui gagne chaque jour du terrain parce qu'on ne prend pas le temps de la soigner, occupé que l'on est à gérer le quotidien.
Le secret de mon succès est que j'ai toujours réussi à vivre pour voler un jour de plus.
En réalité, le pouvoir arbitraire a tellement le goût dépravé du vulgaire qu'à peu près toutes les discussions relatives à la société ne concernent pas la manière dont le pouvoir doit être exercé, mais dans quelles mains il doit être placé.
C'est un extrême malheur d'être sujet à un maître, duquel on ne se peut jamais assurer qu'il soit bon, puisqu'il est toujours en sa puissance d'être mauvais quand il voudra.
Un athée peut être vertueux aussi sûrement qu'un croyant peut ne pas l'être.
La morale n'entend que le langage des faits.
Pour moi, dans la tradition des Lumières, au contraire, tout est affaire d'argumentation rationnelle et de conviction intime. On peut donc convaincre tout le monde. Alors, il est heureux que l'on puisse constater qu'en effet d'aucuns changent d'avis ou d'angle d'analyses.
Il faut donc nous méfier de ceux qui cherchent à nous convaincre par d'autres voix que celle de la raison.
La traîtrise et la violence sont des lances à deux pointes ; elles blessent ceux qui y ont recours plus grièvement que leurs ennemis.
Reprocher à l'islam, à la doctrine de Mahomet, la décadence, peut-être irrémédiable, où sont tombées les nations qui la pratiquent aujourd'hui, serait une injustice souveraine. La religion d'un peuple n'a pas avec sa puissance politique de relation directe, absolue et [...] â–º Lire la suite
Il y a dans le scandale recherché quelque chose d'à ce point vulgaire que la bonne grosse hypocrisie des familles prend figure d'une conduite de qualité.
J'ai tout réussi sauf ma vie.
Quand les images sont perdues, l'espace aussi. Quand le son est perdu, le langage aussi.
La violence engendre la violence. C'est pourquoi la plupart des révolutions se sont perverties en dictatures.
Chez Ellroy il y a à la fois une violence extrême et fascinante. Mais en même temps, Ellroy arrive tout le temps à avoir une espèce de recul, qui fait qu'il y a un jugement moral sur la violence.
La violence se donne toujours pour une contre-violence, c'est-à-dire pour une riposte à la violence de l'autre.
Mes cieux ! Je parle en prose depuis quarante ans sans le savoir.