Citation d'Yasser Arafat sur Homme, Chose et Vivre

Si cette immigration des Juifs en Palestine avait eu pour but de leur permettre de vivre à nos côtés, en jouissant des mêmes droits et en ayant les mêmes devoirs, nous leur aurions ouvert les portes, dans la mesure où notre sol pouvait les accueillir. Tel a été le cas pour les milliers d'Arméniens et de Circassiens qui vivent parmi nous en tant que frères et citoyens bénéficiant des mêmes droits. Mais que le but de cette émigration soit d'usurper notre terre, de nous disperser et de faire de nous des citoyens de deuxième catégorie, c'est là une chose que nul ne peut raisonnablement exiger de nous. C'est pour cela que, dès le début, notre révolution n'a pas été motivée par des facteurs raciaux ou religieux. Elle n'a jamais été dirigée contre l'homme juif en tant que tel, mais contre le sionisme raciste et l'agression flagrante.

Yasser Arafat
Homme d'état, Homme politique, Président (1929 - 2004)

Explications

Sens de la citation

Cette citation exprime la position du leader palestinien Yasser Arafat selon laquelle le conflit avec les Juifs de Palestine n'est pas une question de race ou de religion, mais de territoire et de souveraineté.

  • Il affirme qu'une immigration juive visant à vivre aux côtés des Palestiniens, dans le respect des mêmes droits et devoirs (comme pour les Arméniens et les Circassiens), aurait été acceptée.
  • La révolution (palestinienne) n'est donc pas dirigée contre l'homme juif, mais contre le sionisme dont le but est d'usurper la terre, de disperser la population locale et d'établir une hiérarchie de citoyens, ce qui est jugé inacceptable.
  • L'essence du message est de distinguer l'opposition à l'idéologie politique et coloniale du sionisme de toute haine raciale ou religieuse envers les Juifs.

Interprétations possibles

  • Une revendication de légitimité : La citation sert à légitimer la lutte palestinienne comme une lutte de libération nationale contre une occupation et non comme un conflit antisémite. C'est une stratégie rhétorique forte sur la scène internationale.
  • Une ouverture conditionnelle : Elle peut être interprétée comme une porte ouverte à une coexistence future, à condition que le projet politique sioniste d'établissement d'un État exclusivement juif sur la totalité de la Palestine historique soit abandonné.
  • Une critique du racisme : L'utilisation des termes « sionisme raciste » met en lumière la perception que le projet sioniste implique une discrimination et une dépossession des non-Juifs.

Application dans la vie quotidienne

Bien que très politique, le principe sous-jacent a une portée universelle :

  • Distinguer les individus des idéologies : Il est crucial de faire la différence entre une personne (et son identité culturelle ou religieuse) et l'idéologie politique qu'elle peut soutenir ou qui est exercée en son nom.
  • L'accueil de l'Autre : La notion de l'ouverture des portes à condition d'une égalité de droits et de devoirs rappelle que l'acceptation de l'immigration et de la diversité repose sur le respect mutuel et l'intégration citoyenne, et non sur un projet de domination.
  • Résister à l'injustice : Le refus d'être des « citoyens de deuxième catégorie » illustre la nécessité de se dresser contre toute forme de discrimination ou d'usurpation de droits fondamentaux.

Critiques ou limites

  • Le fossé entre les mots et les actes : Les critiques soulignent que, malgré cette distinction rhétorique, les actions passées de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine) ont souvent ciblé des civils, rendant la distinction entre « l'homme juif » et le « sionisme » difficile à concrétiser.
  • Interprétation de l'histoire : L'idée que l'immigration juive avait dès le début pour but l'usurpation est contestée par ceux qui mettent en avant les motivations de sécurité et de refuge des premiers immigrants.
  • Une simplification du conflit : La citation peut être vue comme une simplification d'un conflit multidimensionnel où les facteurs religieux et identitaires sont également très présents.

Morale ou résumé à retenir

La leçon principale à retenir est que la lutte pour la libération palestinienne est fondamentalement une lutte politique et territoriale contre l'idéologie sioniste perçue comme un projet d'usurpation, et non un combat nourri par la haine du peuple juif en tant que tel. La coexistence pacifique est possible sous la condition de la pleine égalité et de la souveraineté de tous.

Analyse du vocabulaire et du style

  • Vocabulaire fort et contrasté : Le discours utilise des termes chargés comme « usurpation », « agression flagrante », « sionisme raciste » pour dénoncer, mis en opposition avec des termes positifs comme « frères et citoyens », « mêmes droits et devoirs » pour décrire le modèle d'acceptation souhaité.
  • Construction logique : Le style est très didactique : il commence par une hypothèse d'acceptation, introduit une condition d'échec (« Mais que le but... »), et conclut par une justification de la révolution basée sur la distinction entre l'homme et l'idéologie.
  • Référence à l'intégration : La mention des Arméniens et des Circassiens sert d'analogie historique pour prouver la capacité d'intégration des Palestiniens, renforçant l'argument que le refus est politique et non ethnique.

Lien avec d'autres pensées

Cette distinction entre le Juif et le Sioniste est centrale dans la pensée de nombreux mouvements antisionistes ou critiques d'Israël. Elle résonne également avec :

  • Les mouvements de décolonisation à travers le monde, qui luttaient pour leur indépendance contre des puissances coloniales sans que leur opposition ne soit dirigée contre la population du pays colonisateur.
  • La distinction philosophique entre une doctrine politique (le sionisme, ici critiqué pour son caractère « raciste ») et l'identité religieuse ou culturelle (l'identité juive).
  • Les concepts de citoyenneté et d'égalité qui sont au cÅ“ur des démocraties modernes, où le refus d'être un « citoyen de deuxième catégorie » est un principe universel.

Origine de la citation

La formulation exacte de cette citation est difficile à dater précisément sans le contexte direct (discours, interview ou écrit). Elle est cependant très représentative de la ligne politique de Yasser Arafat, en particulier après que l'OLP a commencé à chercher une légitimité internationale, notamment dans les années 1970 et 1980.

  1. Elle s'inscrit dans un effort pour présenter la lutte palestinienne comme une lutte de libération nationale laïque, et non comme une guerre sainte, afin de gagner le soutien de l'opinion publique et des États occidentaux.
  2. Cette distinction est devenue un élément de langage fondamental de l'OLP.

Auteur de la citation

L'auteur est Yasser Arafat (1929-2004).

  • Il fut le principal dirigeant de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à partir de 1969 et le premier président de l'Autorité palestinienne à partir de 1994.
  • Il est une figure centrale et emblématique du mouvement national palestinien, prix Nobel de la paix en 1994 pour son rôle dans les accords d'Oslo.

Contexte historique ou culturel

Cette citation est ancrée dans le contexte du conflit israélo-palestinien au XXe siècle :

  • Immigration et Dépossession : L'arrivée massive des immigrants juifs en Palestine, surtout après la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, a été perçue par la population arabe locale comme une menace existentielle.
  • Création d'Israël : Après la guerre de 1948 (la Nakba pour les Palestiniens, la Guerre d'Indépendance pour les Israéliens), l'établissement de l'État d'Israël a conduit à l'exil de centaines de milliers de Palestiniens, renforçant le sentiment d'« usurpation » et de « dispersion ».
  • La lutte armée et diplomatique : Arafat prononce cette phrase à une époque où l'OLP était engagée à la fois dans la guérilla contre Israël et dans une intense campagne diplomatique pour obtenir une reconnaissance internationale et justifier sa cause devant les Nations Unies.

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