- Alors d'où tu viens toi ?
- Moi ? je suis juif !
- Ohh tu es juif toi !
- Oh oui je suis juif ! je suis même juif arabe !
- Juif arabe ?! À mon avis, juif et arabe c'est bizarre et moi j'aime pas trop les gens bizarres.
- Oh putain j'peux pas encadrer les nazis mais laisse tomber.
- Précises ta pensée.
- J' pense que t'es un ouf, un ouf malade. En plus c'est du racisme.
- Ça c'est ton avis personnel que je suis raciste mais si tu veux savoir, j' pense que si il y a un raciste ici c'est wat !
- Oh t'façon ça sert a rien de discuter avec toi t'a toujours raison !
- Si ça sert de discuter avec moi C'EST TOI QUI A TOUJOURS RAISON !
Vous êtes face à un dialogue qui commence par une simple question sur l'origine ("Alors d'où tu viens toi ?") et dégénère rapidement en une violente altercation verbale centrée sur l'identité religieuse et ethnique. Le premier personnage s'identifie comme juif arabe, une double appartenance qui dérange l'interlocuteur. L'échange bascule ensuite dans l'insulte et l'accusation mutuelle de racisme, culminant dans une dispute absurde sur qui a « toujours raison ». Littéralement, vous assistez à une rencontre qui tourne mal à cause de l'étroitesse d'esprit et de la bêtise.
Cette réplique, grâce à la popularité culte du film, est souvent utilisée par les internautes ou dans la vie quotidienne pour marquer :
L'idée principale à retenir est que le ridicule ne tue pas le préjugé, mais l'expose avec force. En mettant en scène cette altercation absurde, le film nous rappelle :
La réplique est issue du film de montage culte français La Classe américaine (Le Grand Détournement) réalisé en 1993 par Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette. Le dialogue a été intégralement écrit par les auteurs pour être doublé sur des extraits de films et de séries américains des années 70 et 80, principalement tirés du catalogue Warner Bros.
La scène se déroule dans un bar (le « mec au bar »). L'acteur doublé pour Francky est Robert Redford. Le dialogue est totalement déconnecté de l'intrigue et de l'ambiance visuelle des films d'origine. C'est le principe même du détournement : créer une histoire et des dialogues originaux (ici, une conversation de comptoir), en plaçant ces mots dans la bouche de stars hollywoodiennes pour un effet comique maximal. La scène se trouve au début du film et établit d'emblée le ton du grand n'importe quoi et de l'absurdité du propos.
Le personnage de Francky (doublé sur Robert Redford) est souvent présenté dans le film comme un homme simple, direct, et parfois impulsif. Dans cette scène, il est l'élément perturbateur qui force l'interlocuteur à confronter son idéologie. Il défend son identité avec franchise et dénonce immédiatement l'antisémitisme larvé, quitte à être excessif. Francky, c'est l'homme qui met le doigt là où ça fait mal, mais avec l'énergie comique du film.
Le thème central de La Classe américaine est l'absurdité. Ce film se moque des clichés du cinéma hollywoodien tout en créant une narration loufoque et décousue, pleine de phrases choc et de non-sens. Cette réplique illustre parfaitement ce thème :
L'impact de cette réplique est principalement comique et mémétique. Elle est considérée comme l'un des passages les plus cultes du film :