La politesse est d'abord un cadeau qu'on se fait à soi-même.
Mais on supporte moins facilement pour autrui ce qu'on accepte assez convenablement pour soi-même.
Le mot "connerie" a dérivé loin de ses racines physiologiques et il a plus de force que le mot "bêtise" ou "stupidité". Mais juger de la connerie des autres supposerait qu'on est soi-même dénué de toute connerie. Donc, son usage doit inciter à l'auto-examen préalable.
On a l'air de craindre les autres, et l'on ne craint que soi-même.
Seules importent les vérités qu'on (re)découvre soi-même.
On est quelquefois aussi différent de soi-même que des autres.
Se voir soi-même (autrement que dans un miroir).
Qu'est-ce qu'une opinion ? Une limite imposée à soi-même.
Toutes les choses sont entièrement de nous. Il n'y a pas de plus grand délice que de découvrir cela en se cultivant soi-même.
D'être mécontent de soi-même, c'est faiblesse ; d'être content, c'est folie.
On ne réussit qu'en étant soi-même, pas en imitant les autres.
Il est interminable le chemin qui conduit à soi-même.
Il se peut qu'on s'admire sans mépriser autrui, mais le moyen d'admirer autrui sans se mépriser soi-même ?
N'avoir pas pitié de soi-même est le commencement de la cruauté envers autrui.
Je ne pense pas à être belle ou à ne pas être belle. Il s'agit plus de se sentir vraiment en confiance dans sa propre peau et de penser à soi-même aussi peu que possible.
Aimer, c'est rompre avec soi-même.
Le devoir : aimer ce que l'on se prescrit à soi-même.
On s'aperçoit qu'on ne devient vraiment soi-même qu'en cessant de n'être que pour soi.
Est-il un plus beau sacrifice ? Est-il une abnégation de soi-même et une mortification plus parfaites ?
Le désolant quand on vieillit n'est pas dans les choses, mais en soi-même.
En jouant un rôle, il arrive qu'on se trouve soi-même.
Il faut se faire aussi des serments à soi-même - et, ceux-là les tenir.
Si l'on doit aimer son prochain comme soi-même, il est au moins aussi juste de s'aimer comme son prochain.
C'est son prochain qu'il faut aimer comme soi-même. Les autres, c'est facile. Ils sont loin.
Il faut opposer aux hommes une surface lisse, leur livrer l'apparence de soi-même, être absent. De qui a-t-on dit qu'il regardait tous les citoyens comme ses égaux, ou pour mieux dire comme égaux entre eux, ce qui fait qu'il plaisait assez naturellement à la masse ?
La sévérité bien ordonnée commence par soi-même.
La congratulation de soi-même est comme une tour élevée sur laquelle est juché un vaniteux imbécile. Là, assis dans sa hautaine solitude, il n'est aperçu de nul autre que de lui-même.
Le regard de l'ami devrait nous livrer notre propre image avec exigence. L'amitié se tiendrait alors dans une réciprocité sans faille, guidée par le même principe d'amour : le respect qu'on se doit à soi-même pour que les autres nous le rendent, naturellement.
Celui qui sera le maître de soi-même le sera bientôt des autres.
On ne traduit que son trouble : c'est toujours de soi-même qu'on parle.
Si on n'a pas la conviction qu'autrui est dans des embêtements sans nombre, on n'est pas soi-même très heureux.
On plaint plus souvent qu'on admire, même si l'on aime mieux soi-même être admiré que plaint.
L'hypocondrie fraye la voie à la connaissance corporelle de soi-même - à la domination sur soi-même - à l'animation de soi-même.
Quand on court de soi-même à sa perte, les dieux y mettent la main aussi.
Un homme qui ne se fie pas à soi-même ne se fie véritablement à personne.
Être libre, c'est devenir quelque peu étranger à soi-même.
Il est plus facile de réformer autrui que soi-même.
Au fond, on n'aime pas le bonheur. On tricote soi-même son désespoir, on se donne un mal pour ça !
Il s'était éloigné de sa maison, de sa mère, de christina. Mais on en quitte pas l'enfance. On en garde la blessure, l'exigence, et des visages restent là, inflexibles témoins de ce qu'il faut donner pour essayer de se mériter soi-même.
Que nul n'attribue à soi-même les victoires qu'il doit à la grâce. Nous n'avons de force que pour le mal : tout le bien vient de Dieu en acte ou en volonté.
Je ne m'embête nulle part, car je trouve que, de s'embêter, c'est s'insulter soi-même.
Je n'aime pas le travail, nul ne l'aime ; mais j'aime ce qui est dans le travail l'occasion de se découvrir soi-même. Notre propre réalité, ce que nous sommes à nos yeux, et non pas pour les autres, ce que personne ne peut savoir.
Travailler seul et seulement pour soi-même, c'est insuffisant. Bien sûr, chacun doit travailler individuellement, car une collectivité doit être formée par des individus bien développés, mais sans jamais perdre de vue l'intérêt de la collectivité.
Ça me choque en tout cas de vivre dans une société où la mélancolie, la tristesse sont des fautes, qu'on n'avoue pas aux autres, et peut-être même pas à soi-même.
J'aime les citations car c'est une joie de trouver des pensées que l'on pourrait avoir, admirablement exprimées avec beaucoup d'autorité par quelqu'un de plus sage que soi-même.
On crée soi-même la boîte qui risque de nous enfermer.
Revoir les lieux autrefois visités, les amis autrefois fréquentés, les livres lus jadis, est une des passions du déclin. Or, c'est précisément se comparer à soi-même; c'est éprouver si l'on a toujours autant de facultés de sentir et si l'on a les mêmes.
Le besoin de l'homme, c'est de s'égaler soi-même.
Durer, c'est quasiment impossible. Ça demande beaucoup de temps, beaucoup de soi-même, beaucoup de blessures, beaucoup de sacrifices.
On écrit moins sur la Chine, au fond, que sur soi-même face à la Chine: elle est révélatrice encore plus que révélée.