L'amour est un chien. Un chien dont on ne sait jamais ce qu'il a dans le tête. Tu peux le caresser. Il répond à tes caresses. Et puis, un jour, il te mord, tu ne sais pas pourquoi.
A voir la manière dont on use auprès des malades dans les hôpitaux, on dirait que les hommes ont imaginé ces tristes asiles, non pour soigner les malades, mais pour les soustraire aux regards des heureux dont ces infortunés troubleraient la jouissance.
Généralement les hommes sont plus riches des mystères qui les constituent que de ceux qu'ils élucident, et les secrets dont on retire l'écorce deviennent de pauvres petites connaissances mises au jour.
Il y a deux sujets dont on ne peut parler avec autorité qu'après expérience : Dieu et l'amour. Comme il faut bien attendre de mourir pour faire l'épreuve de Dieu, reste l'amour.
Tout sentiment qu'on n'éprouve plus est un sentiment dont on n'admet point l'existence.
Une île, ça avait quelque chose de magique ; le mot seul frappait l'imagination. On perdait contact avec son univers quotidien - une île, c'était un monde en soi. Un monde dont on risquait parfois - qui sait ? - de ne jamais revenir.
C'est après dîner que l'homme a le plus d'idées. L'estomac rempli semble dégager la pensée, comme ces plantes qui suent instantanément par leurs feuilles l'eau dont on a arrosé leur terreau.
J'aime mieux être de ces écrivains dont on se demande pourquoi ils ne sont pas de L'Académie, qu'un de ceux dont on se demande pourquoi ils en sont.
On entend par "chef d'oeuvre", en matière littéraire, un ensemble de vers ou de lignes dont on ne conçoit pas qu'un seul mot puisse être remplacé par un autre.
Certains gestes irréparables s'accomplissent avec une facilité dont on ne manquerait pas de s'effrayer si on s'arrêtait à y penser.
On a tous des trucs dont on évite de parler.
Chacun poursuit en lui sa Route des Indes et l'homme est plus vaste que la terre, dont on fait le tour en quelques heures.
Le sens de soi, et la façon dont on l'associe, est peut-être le cadeau le plus précieux et poétique dans l'arsenal de sa vie et de son métier.
La parole est un acte pour les écrivains. C'est un acte dont on parle. Et donc ça fait des choses, ça produit des effets, ça agit. Ce n'est pas un jeu, un ensemble de règles de toutes sortes.
Cela nous vient de l'école primaire : volontiers, nous nous représentons l'Histoire comme une succession de tiroirs dont on ne tire l'un qu'après avoir fermé l'autre.
Oser encore recourir à l'espoir.Oser encore porter l'instant et le rendre à lui-même.Répondre quel qu'il soit au baiser de la terre,vouloir ce plus loin dont on ne sait le nom.
L'art dramatique, c'est une science exacte dont on ignore les données.
Le bonheur que l'on attend est plus beau que celui dont on jouit...
Peu importe la manière dont on l'appelle... Le soleil reste le soleil. Sa lumière reste sa lumière.
La civilisation est une multiplication indéfinie de besoins dont on n'a pas besoin.
C'est ça le succès : être traduit dans des langues dont on ignorait jusqu'à l'existence.
L'intelligence est un don, il n'y a que la façon dont on s'en sert qui ne l'est pas.
En disent plus long sur une époque les mots dont on n'use pas que ceux dont on abuse.
Enseigner, c'est uniquement donner des leçons ; apprendre, c'est donner des leçons dont on profite.
L'orgueil en fleur a pour fruit des épis de crime dont on n'engrange, aux moissons, que des pleurs.
La richesse est le nombre de choses dont on peut se passer.
Responsable signifie capable de répondre, c'est à dire capable de répondre de la manière dont on choisi de vivre.
On joue avec le langage comme un enfant joue aux cubes. Mais aux cubes, impossible de faire quelque chose de nouveau : on ne peut construire que des figures fixes quelle que soit la manière dont on les dispose.
Je rêve de grandes choses. Je travaille pour les petites choses. Si vous rêvez, vous pourriez aussi bien rêver grand. Une grande partie de cela venait de ma mère. Elle était catégorique sur l'éthique du travail - sur la façon dont on ne peut pas simplement rêver de choses.
Il y a une chose dont on ne loue jamais les morts et qui est cependant la cause de toutes les louanges qu'on leur a données : c'est qu'ils sont morts.
On s'habitue à une présence, à la présence d'un être qui vit là depuis longtemps mais dont on ne se lasse point, car pour l'essentiel, c'est bête à dire, il vit ailleurs.
Il n'y a rien dont on ne puisse parler à ses amis.
Ces droits dont on jouit si peu, nous ont surtout imposé des devoirs.
On n'a jamais pires ennemis que ceux dont on a refusé l'amitié.
On ne prévoit que les dangers ordinaires. Les pires sont ceux dont on ne se méfie pas !
Il n'y a qu'une chose dont on puisse parler : la justification qu'on apporte à sa vie.
L'histoire est semée de mots dont on dit qu'ils ont fait fortune !
Il y a des femmes dont on ne supporte ni la présence ni l'absence... c'est sans solution.
C'est là un livre dont on dit : « Lisons-le tout de suite pour n'avoir pas à le lire plus tard».
Se méfier des gens qui promettent des millions et dont on est forcé de régler les consommations.
Les privilèges dont on ne bénéficie pas sont absolument inadmissibles.
Blé, céréale dont on arrive, non sans peine, à tirer un assez bon whisky et qu'on utilise pour faire du pain.
Dieu , dont on croit parfois entrevoir le fantôme, Dépense à chaque instant l'infini pour l'atôme.
Il y a eu une femme dans ma vie et, comme pour tous ceux dont on dit "il y a une femme dans sa vie", ce n'était pas la mienne.
L'ami est d'abord celui dont on se raconte qu'il est votre ami.
Quand on entame une relation durable avec un orchestre dont on est directeur musical, on est garant de son unité. Il faut comprendre son fonctionnement, sa psychologie, ses points forts et ses points faibles.
Un hôte dont on est assuré de ne plus recevoir la visite trouve généralement bon accueil.
L'on ne ressent guère les peines dont on aperçoit la fin.
Lorsque vous vivez pour les opinions des autres, vous êtes mort. Je ne veux pas vivre en pensant à la façon dont on se souviendra de moi.
Il y a si loin de la manière dont on vit de celle dont on devrait vivre, que celui qui tient pour réel et pour vrai ce qui devrait l'être sans doute, mais qui malheureusement ne l'est pas, court à une ruine inévitable.