Que de choses nous mettrions au rebut si nous ne craignions pas de les voir ramassées par autrui.
Avoir des vices c'est dépendre d'autrui. Cela seul devrait rendre vertueux.
Que la folie d'autrui soit ta sagesse.
On a toujours assez de force pour supporter les peines d'autrui.
Il vaut souvent mieux donner au public l'esprit d'autrui que le sien.
Sourire, c'est parfois montrer que l'on n'est pas si sérieux qu'il semble, c'est atténuer les reproches, assurer une communion spirituelle que l'homme trop sérieux ne connaît pas. Sourire, c'est parfois détourner autrui du monde compact des intérêts pour l'appeler à une communion dans le non-sérieux.
On appelle cette mise en question de ma spontanéité par la présence d'Autrui, éthique. L'étrangeté d'Autrui - son irréductibilité à Moi - à mes pensées et à mes possessions, s'accomplit précisément comme une mise en question de ma spontanéité, comme éthique.
Mieux vaut porter le poids de son propre chagrin que le fardeau d'autrui.
On ne découvre jamais mieux son caractère qu'en parlant de celui d'autrui.
Ecrire est toujours un don de soit à autrui, un appauvrissement.
Le chagrin causé par le mal d'autrui est passager.
Pour avoir quelque chance d'être juste envers autrui, il faut être bien décidé à l'injustice envers soi.
La relation interpersonnelle que j'établis avec autrui, je dois l'établir aussi avec les autres hommes ; il y a donc nécessité de modérer ce privilège d'autrui ; d'où la justice. Celle-ci, exercée par les institutions, qui sont inévitables, doit toujours être contrôlée par la relation interpersonnelle initiale.
Rien n'est plus désagréable que de découvrir en soi les défauts que nous reprochons à autrui.
La faiblesse personnelle est aussi dangereuse que la violence d'autrui.
Je me demande à présent si ce que j'éprouvais était l'amour d'amitié, où le semblable aime le semblable et ne veut que le bien d'autrui, ou l'amour de concupiscence, où l'on veut son propre bien et l'incomplet ne veut que ce qui le complète.
La littérature est une machine qui nous permet de pénétrer dans les rêves d'autrui et dans les nôtres.
Ils sont plus honnêtes - et c'est naturel - ceux qui recherchent la simplicité de préférence à l'abondance ; car mieux on se contente de ce que l'on a, et moins on convoite le bien d'autrui.
Ici, où il n'y a rien, autrui comme le roi perd ses droits.
Le meilleur moyen pour amener autrui à "partager" votre conviction, n'est pas toujours de proclamer celle-ci.
Soyez circonspect lorsque vous avez trop bu, lorsque vous êtes près de la femme d'autrui, et quand vous vous trouvez parmi des voleurs.
Nous sommes capables d'aimer autrui, avec ses faiblesses, lorsque nous cessons de nous détester, pour nos faiblesses.
L'impuissance aime refléter son néant dans la souffrance d'autrui.
Avouer. Confesser une faute. Dévoiler les fautes d'autrui est un grand devoir imposé par l'amour de la vérité.
Aimer, c'est un peu aimer en autrui une autre réalisation de son propre destin social.
Beaucoup préfèrent vivre simplement chez eux que de manger richement à la table d'autrui.
Au reste, la reconnaissance n'est pas un sentiment d'une complète pureté: reconnaître ce que l'on doit à autrui, c'est aussi avouer sa propre insuffisance. Il faut beaucoup de force et d'orgueil, ou de placidité, pour supporter ses propres dettes sans inquiétude ni ressentiment.
Pardonne souvent à autrui, jamais à toi-même.
On voit les maux d'autrui d'un autre oeil que les siens.
Aimer, c'est se rebeller un peu ; c'est comploter une tendresse exclusive sous les regards d'autrui.
Se trouve autant de différences de nous à nous-mêmes que de nous à autrui.
Comment ne nous révélerions-nous pas profondément dans une relation aussi tenace que la dépendance ? Dans la manière dont nous conduisons une voiture, fumons ou buvons, ou mangeons, et, surtout, dans la manière dont nous traitons autrui ? C'est-à-dire dans ces constances -dépendances réciproques- qui jalonnent et enserrent notre vie.
La liberté et la justice consistent à rendre tout ce qui appartient à autrui ; ainsi l'exercice des droits naturels de la femme n'a de bornes que la tyrannie perpétuelle que l'homme lui oppose ; ces bornes doivent être réformées par les loix (sic) de la nature et de la raison.
Si l'on se forme soi-même suivant les conseils qu'on donne aux autres, alors, bien dirigé, on peut diriger autrui. En effet, il est difficile de se maîtriser.
Ceux à qui sourient bonheur et succès ont tendance à parler avec légèreté du malheur d'autrui.
Il est aussi naturel à celui qui emprunte à autrui sa pensée d'en cacher la source, qu'à celui qui retrouve en autrui sa pensée, de proclamer cette rencontre.
Le profane, quand il loue autrui, n'y entend rien ; il a du bon sens quand il nous loue.
Chagrin d'autrui semble querelle.
Bonheur. Agréable sensation qui naît de la contemplation de la misère d'autrui.
Qui est sans trouble ne tourmente ni lui-même ni autrui.
Le malheur d'autrui nous console de notre propre malheur.
Chacun est prêt à gémir de l'infortune d'autrui, mais la morsure du chagrin ne va pas jusqu'à l'âme.
Nous nous flattons d'aimer l'homme, mais nous haïssons notre voisin. Et rien ne nous réconforte autant que les malheurs d'autrui.
Consulter. Rechercher l'approbation d'autrui pour un projet déjà bien arrêté.
L'homme sage et simple ne s'abaisse point, ni ne se soucie d'abaisser l'orgueil d'autrui.
Conservons un peu d'ignorance, pour conserver un peu de modestie et de déférence à autrui.
Ne faites pas à autrui ce que vous pouvez faire le jour même.
Mais on supporte moins facilement pour autrui ce qu'on accepte assez convenablement pour soi-même.
N'avoir pas pitié de soi-même est le commencement de la cruauté envers autrui.
On rit peu de la gaieté d'autrui, quand on a de l'humeur pour son propre compte.