La littérature est une machine qui nous permet de pénétrer dans les rêves d'autrui et dans les nôtres.
Dans presque aucune littérature moderne, il n'y a coïncidence entre la langue écrite et la langue parlée.
Pour pénétrer dans le coeur d'un homme, il faut passer sur le ventre de sa femme.
Il faut critiquer, il faut constamment tout remettre en cause. Cela permet de rester jeune et de progresser.
Le concept de roman total m'intéresse, le roman qui explique tout un monde.
Il en est des paysages comme des hommes : il faut un peu les vivre pour pénétrer leurs secrets.
La littérature a un rapport différent avec le monde, elle exige la métaphore.
L'argent peut tout, il permet tout, il donne tout... Il ne faut qu'entrouvrir ce coffre et dire un mot : "Combien ?"
La littérature authentique est prométhéenne. L'écrivain authentique ose faire ce qui contrevient aux lois fondamentales de la société active.
Etre réaliste, c'est préférer une réforme modeste, qui en permet une autre, à un miracle impossible.
La musique vous permet de devenir imprévisible.
Selon moi,il n'existe que deux professions absolument honorables: la littérature car elle soigne les esprits, et la médecine car elle soigne les corps.
La vie consiste à pénétrer l'inconnu et à façonner nos actions en accord avec les nouvelles connaissances ainsi acquises.
Cette tricherie salutaire, cette esquive, ce leurre magnifique, qui permet d'entendre la langue hors-pouvoir, dans la splendeur d'une révolution permanente du langage, je l'appelle pour ma part : littérature.
Que reste-t-il du journalisme factuel et objectif ? C'est difficile à définir de nos jours, alors que la frontière entre fiction et réalité, entre mensonge et vérité, est de plus en plus floue.
La littérature reste une des meilleures garanties pour espérer une sorte de progrès dans nos sociétés hypertechniques.
Au zoo : c'est peut-être pour amuser les bêtes qu'on nous permet de défiler devant leurs cages.
La littérature est éparpillée en débris faits des hommes qui se sont bien trop occupés des opinions des autres.
Toute oeuvre qui appartient à la littérature française a pour caractère essentiel d'être écrite en français.
Le roman est un genre faux, parce qu'il décrit les passions pour elles-mêmes : la conclusion morale est absente.
Le roman est devenu une enquête générale sur l'homme et sur le monde.
La mémoire est un filtre malhonnête. Comme la littérature d'ailleurs. Et c'est sans doute bien ainsi.
Aux génies rapides le fusain permet de passer un instant du noir le plus velouté aux gris d'argent, de jouer avec les pouvoirs irradiants qui font de la poudre de charbon un pastel chaste.
Torture : nom commun féminin, mais ce n'est pas de ma faute. Bien plus que le costume trois pièces ou la pince à vélo, c'est la pratique de la torture qui permet de distinguer à coup sûr l'homme de la bête.
C'est étrange l'amitié. Alors qu'en amour, on parle d'amour, entre vrais amis on ne parle pas d'amitié. L'amitié, on la fait sans la nommer ni la commenter. C'est fort et silencieux. C'est pudique. C'est viril. C'est le romantisme des hommes. [...] â–º Lire la suite
J'ai écrit un roman qui tient en une seule phrase ! C'est la vie d'un moine racontée par lui-même : Il était une foi... la mienne.
Beaucoup de gens ont du talent, mais seul le travail permet de faire carrière.
La littérature contient toutes les composantes de la foi : le sérieux, l'intériorité, la musique, et le contact avec les contenus enfouis dans l'âme.
L'indignation morale ne lutte pas contre le mal au sens concret du terme. La légalité seule permet de sanctionner, c'est pourquoi je prétends que le plus sage, si l'on veut réduire les maux terrestres, consiste, comme le disait Kant, à favoriser un progrès de la légalité: la moralité suivra et non le contraire.
Quand le réalisme s'impose comme la vision unique, qu'il brandit comme idéal de représentation la photographie, qu'il fait du roman sa chasse gardée, qu'est-ce qu'il reste à faire au poète ?
Dépourvue d'âme, la femme est dans l'incapacité de s'élever vers Dieu. En revanche, elle est en général pourvue d'un escabeau qui lui permet de s'élever vers le plafond pour faire les carreaux. C'est tout ce qu'on lui demande.