Le drame de notre époque apporte comme de juste des dividendes à ses créateurs.
Nous nous sommes partagés les dieux, mais eux, se sont-ils partagé les hommes ?
Hygiène des esprits ? Alors que les âmes sont déjà si stérilisées ?
Les hommes naissent sur commande sociale passée auprès des particuliers.
L'opinion publique devrait être alertée sur son inexistence.
Faites confiance à l'intelligence des hommes, il y a beaucoup de choses qu'ils n'arrivent pas à comprendre.
Le mot peut être lui aussi un bâillon.
Et si nous n'étions rien de plus que le souvenir de quelqu'un ?
L'art doit-il être compréhensible ? Oui, mais seulement pour ses destinataires.
Même un tyran ne bénéficie pas de la liberté d'opinion.
Il est parfois plus facile de donner un prix que de donner raison.
Certains fruits de l'art demandent à être consommés non épluchés, avec leur légende.
La morale est une question soit de convention, soit de prix à payer tout de suite.
La faiblesse personnelle est aussi dangereuse que la violence d'autrui.
Malheur aux souverains vivants à qui on rend l'hommage dû aux morts.
Si l'homme n'était pas condamné à vivre dans le monde, je doute beaucoup qu'il s'intéresserait à la politique.
Serait-ce donc en vérité un miracle ? Les hommes idolâtrés comme des dieux perdent effectivement leurs traits humains au fil des jours.
Un véritable ennemi des hommes ne les fuit pas.
Les anges ont eux aussi leurs diables, et les diables leurs anges.
Même le pendule va avec son temps.
L'homme aime rire. Des autres.
Quand les idées ne savent où se loger, elles trouvent toujours refuge en l'homme.
Les montagnes elles aussi sont séparées par des gouffres.
Il est difficile, en lisant en soi-même, de voir son propre analphabétisme.
Dialoguer avec le monde ? Oui, mais sans table d'écoute !
Nos jours sont comptés : par des statisticiens.
Même les gens impartiaux ne sont pas impartiaux. Ils sont pour la justice.
Perdent le plus souvent la liberté ceux qui la désirent ardemment.
Tous les pasteurs n'emmènent pas leur brebis paître vers les sommets de l'esprit.
N'oublie pas que si ta position est indéfendable, tu peux toujours la conquérir.
Les ouvrages ont parfois le choix : devenir ou une oeuvre d'auteur ou une oeuvre d'art.
L'éternité ? Une unité de temps.
La première condition de l'immortalité est la mort.
Les opinions sont habituellement partagées : entre les puissants.
Les hommes ont des réflexes tardifs : ils ne comprennent en général qu'au cours des générations suivantes.
Même un manque de fruits produit des ferments.
Le néant, lui aussi, connaît ses propres drames.
Certains mots sont si grands et si vides qu'on peut y garder captives des nations entières.
Les pensées, comme les puces, sautent d'un être humain à l'autre. Mais elles ne les piquent pas tous.
Les hommes sont de plus en plus proches les uns des autres, le monde se surpeuple.
En général, ce qui s'est consumé en nous continue de nous noircir.
Combien d'hommes voyagent au-delà de leurs propres horizons ?
Si vous détruisez les statues, préservez les socles. Ils peuvent toujours servir.
L'histoire : une collection de faits qui n'étaient pas obligés de se produire.
Quand les arguments s'effritent, les positions se durcissent.
On ne peut plus revenir aux cavernes ! Nous sommes trop nombreux.
Il faut continuellement commencer par la fin.
Les dieux se transmettent en héritage leurs attributs et leurs sujets.
Rendez à Dieu ce qui est à Dieu, à César ce qui est à César. Mais qu'est-ce qu'il restera aux gens ?
Le mal, lui aussi, veut uniquement notre bien.
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