Non seulement il y a beaucoup d'esprits bornés, mais même leurs bornes sont mal posées.
Un livre, c'est pendant des semaines, pendant des mois, la pensée qui se recueille et se concentre : c'est ce corps qui fait converger ses muscles et ses nerfs vers un seul point... vers le bout de la plume.
L'être qui ne fait que sentir, ne pense pas encore, et l'être qui pense sent toujours.
Les idées perdront toujours leur procès contre les sensations.
Vous parliez beaucoup l'autre soir, et avec des gens bien ennuyeux. Je parlais de peur d'écouter.
Les hommes naissent semblables mais pas égaux.
Dans la vie comme aux échecs, on peut bien céder une tour, mais non la dame.
Les destins trop brillants amènent trop d'orages.
Quand le peuple est plus éclairé que le trône, il est bien près d'une révolution.
Les visions ont un heureux instinct : elles ne viennent qu'à ceux qui doivent y croire.
On a de la fortune sans bonheur, comme on a des femmes sans amour.
Les enfants crient ou chantent tout ce qu'ils demandent, caressent ou brisent tout ce qu'ils touchent, et pleurent tout ce qu'ils perdent.
La raison est inutile avant l'événement et odieuse après.
Le corps politique est comme un arbre : à mesure qu'il s'élève, il a autant besoin du ciel que de la terre.
Il est dangereux d'être trop empressé auprès des femmes et de les assouvir. Il faut de l'indifférence pour les enflammer ; et elles s'accoutument autant de caresses excessives qu'elles s'en dégoûtent à la fin.
Les esprits extraordinaires tiennent grand compte des choses communes et familières, et les esprits communs n'aiment et ne cherchent que les choses extraordinaires.
Lorsqu'un méchant fait le bien, on peut juger par un tel effort tout le mal qu'il prépare.
La vieillesse n'est pas supportable sans un idéal ou un vice.
On fait plus pour ceux qu'on craint que pour ceux qu'on aime.
En littérature, le vol ne se justifie que par l'assassinat.
Je ris deux fois d'un bon mot, d'abord de la manière dont je l'entends, et ensuite de la manière dont celui qui me l'a dit l'explique.
L'homme : c'est un voyageur qui finit avec sa route.
L'homme prendra toujours pour ses amis les ennemis de ses ennemis.
Il n'est pas besoin de passer devant les objets quand les objets passent devant nous : aussi les habitants des grandes villes ne croient pas avoir besoin de voyager.
Un homme habitué à écrire écrit aussi sans idées, comme ce vieux médecin qui tâtait le pouls de son fauteuil en mourant.
On veut de la sûreté pour soi et pour tout le monde. Il n'en est pas de même de la liberté. On n'en veut que pour soi et on se méfie de celle des autres.
L'amour naquit entre deux êtres qui se demandaient le même plaisir.
Si l'homme avait des yeux tout autour de la tête, "devant" et "derrière" n'existerait pas pour lui.
Se créer un nom par ses talents, c'est ne rien devoir qu'à soi-même.
La nature ayant à créer un être qui convînt à l'homme, par ses proportions, et à l'enfant, par son moral, résolut le problème en faisant de la femme un grand enfant.
Quand on règne par l'opinion, a-t-on besoin d'un autre empire ?
Les hommes ont quelquefois le droit de dire du mal des femmes, jamais d'une femme.
Celui qui n'a qu'un désir ou qu'une opinion est un homme à caractère.
L'avare manque autant de ce qu'il a que de ce qu'il n'a pas.
En parlant des révolutionnaires : que faire de ces hommes qui lancent autant de traits que de regards, qui combattent avec la plume et écrivent avec des poignards ?
L'incrédule se trompe sur l'autre vie, le croyant se trompe souvent sur celle-ci.
Quand on se propose un but, le temps au lieu d'augmenter diminue.
On ne se ruine jamais mieux , que lorsqu'on a beaucoup de fortune.
C'est un terrible luxe que l'incrédulité.
Une des propriétés de la vertu, c'est de ne pas exciter l'envie.
Toutes nos idées sont d'abord des sensations, et ensuite des souvenirs.
Je travaille autant que je peux, mais jamais autant que je voudrais.
L'imagination est une mémoire qui n'est point à nos ordres.
Je n'ai rien à faire, et c'est cela qui prend tout mon temps.
L'art doit se donner un but qui recule sans cesse.
C'est de la prose où les vers se sont mis.
Les abus, mais c'est ce qu'il y a de mieux !
En morale, on périt par des crimes, et, en politique, par des fautes.
L'éternité ? Je m'y plairai sûrement, cela commence couché.
Il y a des femmes honnêtes, comme il y a des vocations manquées.
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