Le sexe n'a pas de coeur et il n'en fait qu'à sa tête.
Nul n'arrose plates-bandes pelouse taillis myosotis et haies sans songer aux délys de l'amour.
Pour les riches il y a le ballet et pour les pauvres les contorsions de la rue.
Peut-être est-on les fourmis de quelque géant invisible.
Que vaut la peinture lorsqu'elle devient objet de spéculation ou toile de fond dans le living des cadres supérieurs.
Il n'y a plus d'espoir mais beaucoup de futur.
Toute route qui mène quelque part est mensongère.
Original est le seul mot que les gens connaissent pour étiqueter ceux qui vivent différemment d'eux.
L'idéologie : un problème démographique. Les intellectuels se multipliant il faut trouver de nouveaux champs de connaissance.
La vie est une avenue à deux voies.
Le créateur : celui qui a conquis le privilège de la vision. Il voit autrement, il discerne autre chose, il perçoit l'invisible.
A la longue on joue de plus en plus mal le rôle qu'on s'est octroyé.
Les révolutions politiques nous ont dotés de goulags. La révolution sexuelle de sex-shops.
La souffrance ne mène pas à la révélation.
Nous sommes tous plus ou moins amochés, il faut apprendre à se panser soi-même.
Personne n'échappe aux codes judiciaire et génétique.
La science reste en avance d'un siècle sur la philo.
Une larme suffit pour mieux voir.
Il serait indécent de renoncer au jazz.
Les génies n'existent que dans les contes pour enfants.
Le doute gronde comme une avalanche ou un feu de paille.
Le futur ne compte que vingt-quatre heures.
Les arbres sont des vestiges d'une autre époque, des taches sur l'uniforme cendreux du ciment.
Le corps se prête à toutes les philosophies, il demeure le même pour toutes les idéologies.
Toutes nos phrases sont dictées par les nécessités et les illusions de notre situation concrète.
Dix minutes de nouvelles télévisées ou un documentaire sur l'un des holocaustes de ce siècle invalident tous les traités d'éthique cogités depuis l'invention de l'alphabet.
La douleur distille des vers envoûtants et des sentences d'outre-tombe.
Écrire : une plume griffant le silex de la mort.
La gloire et les millions ne peuvent consoler de la jeunesse à jamais envolée.
On ne résout jamais un problème en jouant sur les mots.
Tous les individus sont égaux devant un chimpanzé qui se pourlèche les babines en ajustant sa casquette.
Mais pourquoi pensent-ils-elles si fort et créent-ils-elles si peu et pourquoi pensent-ils-elles si peu et crient-ils-elles si fort.
Les femmes excellent à se raconter, observatrices perspicaces proches de leur corps.
Les hommes dissertent froidement et quand ils ne parviennent pas à s'entendre ils s'emballent et font la guerre.
Mais quelle fantaisie pourrait encore nous soulever là où l'idée de dieu a échoué ?
L'amour est une enseigne lumineuse clignotante.
La pub, c'est le triomphe de la complaisance, c'est le miroir aux alouettes dans lequel se reflètent les croyances et les élans d'une nation s'accrochant à ses lieux communs.
On ne pardonne rien, on oublie peu.
Les peintres sont les évadés du mot.
Seul les mots sont aptes à rendre compte du rien.
Écrire pour comprendre. Ne pas encaisser silencieux.
Les choses nous détachent de l'amour.
Lubies et fantasmes se faufilent par le chas de l'oisiveté.
Les idées sont comme les âmes : fragiles et éternelles.
Vivre est un élan hasardeux et il n'y a aucune conclusion à en tirer.
Seules importent les vérités qu'on (re)découvre soi-même.
Enseigner c'est, qu'on le veuille ou non, opprimer, c'est plier ou rompre, par la persuasion ou la douceur, des volontés.
Il y a plus d'idées que d'étoiles et nous ne sommes pas heureux.
Tout se résume à la peau.
La musique rachète l'homme.