L'épée de Damoclès : la suspension à la mode du temps.
Suicide. On ne voit rien du tombeau, des horreurs de la mort, mais on a le désir infini de se mêler à la tristesse attirante des choses.
Le divorce est un moyen légal pour une femme de rester honnête sans passer sa vie avec le même homme.
La patrie, c'est toutes les promenades qu'on peut faire à pied autour de son village.
Notre égoïsme va si loin que nous croyons, en temps d'orage, qu'il ne tonne que pour nous.
Le féminisme, c'est ne pas compter sur le Prince Charmant.
La mort est douce : elle nous délivre de la pensée de la mort.
Si plaie d'argent n'est pas mortelle, elle ne se ferme jamais.
La vie n'est ni longue ni courte ; elle a des longueurs.
On gagne à être connu. On perd à être trop connu. Pourquoi mépriser le grand monde ? C'est l'aboutissement d'une marche ascensionnelle.
Le père et la mère doivent tout à l'enfant. L'enfant ne leur doit rien.
Le cerveau qui s'en va, impossible de le retenir. C'est comme si un pissenlit voulait rattraper ses poils.
La vie est courte, mais comme c'est long, de la naissance à la mort.
Ses idées ressemblent à des carreaux de vitres, entassées dans un panier de vitrier, claires une à une, et obscures toutes ensemble.
Les nuages sont comme les pensées, les rêveries, les cauchemars du ciel.
Les absents ont toujours tort de revenir.
Prends garde à cette phrase que tu vas écrire : des yeux de l'autre monde peut-être la liront. Il ne faut pas qu'elle y laisse un nuage trouble.
Une fois mariée, la femme se fane. Elle n'a plus ni jolité, ni coquetterie. Elle ne se soigne plus. Elle s'habille pour vivre dans l'arrière-boutique.
D'abord, tu sauras qu'il ne faut pas compter sur les fruits de la bonté, ensuite, même sur les fleurs.
Vous êtes ici comme chez vous, mais n'oubliez pas que j'y suis chez moi.
L'arbre. Son ombre lui fait une queue de paon qui ouvre et ferme ses yeux de soleil, selon que le vent agite leurs paupières, les feuilles.
A la fin d'une longue discussion, nous arrivâmes à conclure qu'au fond il n'y rien de plus particulier qu'une idée générale.
Le symbolisme. C'est toujours le "nous ferons route ensemble" des voyageurs qui partent en même temps. A l'arrivée, on se sépare.
La plus extraordinaire femme qu'on ait jamais rencontrée est celle qu'on vient de quitter.
Héritage. La mort nous prend un parent, mais elle le paie, et il ne nous faut pas beaucoup d'argent pour qu'elle se fasse pardonner.
Laver son linge sale en famille en utilisant pour la lessive les cendres des aïeux.
Il y a des gens qui ne passent une bonne soirée au théâtre que s'ils peuvent dire : "C'est idiot".
Le vrai ciel, c'est celui que vous voyez au fond de l'eau.
Les défauts de nos morts se fanent, leurs qualités fleurissent, leurs vertus éclatent dans le jardin de notre souvenir.
Il faut que l'homme libre prenne quelquefois la liberté d'être esclave.
Chaque fleur attire sa mouche.
Quand on veut embrasser une femme frigide, on a l'air de vouloir écarter de la neige.
La politesse exige que deux personnes qui se croisent lèvent ensemble leurs parapluies et s'accrochent.
Il n'y a là ni gaieté, ni philosophie. Il n'y a que de la tristesse mystérieuse, et de la douleur sans raison.
Au fond de tout patriotisme, il y a la guerre : voilà pourquoi je ne suis point patriote.
Que vous jetiez l'Océan ou un verre d'eau sur le trou d'une aiguille, il n'y passera toujours qu'une goutte d'eau.
Si l'on veut vivre d'une vie humaine extérieure et retentissante, il ne faut ouvrir que quelques fenêtres de son cerveau, et laisser fermées les autres.
Pour arriver, il faut mettre de l'eau dans son vin jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de vin.
C'est si ennuyeux, le deuil ! A chaque moment, il faut se rappeler qu'on est triste.
Le matin, chaque grande herbe porte une toile d'araignée comme une petite voile. Le soleil paraît, et tout sombre.
La vie mène à tout, à condition d'en sortir.
La vérité vaut bien qu'on passe quelques années sans la trouver.
La campagne se prête à toutes les divagations du rêve.
Le meilleur interviewer est celui qui dit que j'ai un oeil d'aigle et une crinière de lion.
Appelons la femme un bel animal sans fourrure dont la peau est très recherchée.
Si la girouette pouvait parler, elle dirait qu'elle dirige le vent.
Nous sommes ici-bas pour rire. Nous ne le pourrons plus au purgatoire ou en enfer. Et, au paradis, ce ne serait pas convenable.
Donnez la raison au loup, mais ne lui laissez pas la faim.
Toutes les pièces de théâtre ont fini par créer un monde à côté de la vie, qui se fait illusion à lui-même et finit par se croire vivant.
Une femme intelligente doit nous laisser nos rêves.
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