Penser ne suffit pas : il faut penser à quelque chose.
Certaines gens voient comme si leurs yeux étaient au bout d'une perche, très loin de leur cerveau.
La peur de la mort fait aimer le travail, qui est toute la vie.
Bigote : elle couche avec Dieu le dimanche et le trompe toute la semaine.
Le père et la mère doivent tout à l'enfant. L'enfant ne leur doit rien.
Le féminisme, c'est ne pas compter sur le Prince Charmant.
Ronfler, c'est dormir tout haut.
A la fin d'une longue discussion, nous arrivâmes à conclure qu'au fond il n'y rien de plus particulier qu'une idée générale.
Un ami ressemble à un habit. Il faut le quitter avant qu'il ne soit usé. Sans cela, c'est lui qui nous quitte.
Prends garde à cette phrase que tu vas écrire : des yeux de l'autre monde peut-être la liront. Il ne faut pas qu'elle y laisse un nuage trouble.
Il faut que l'homme libre prenne quelquefois la liberté d'être esclave.
Le vrai ciel, c'est celui que vous voyez au fond de l'eau.
En amitié, quand on s'est confié ses secrets d'argent, ça tourne mal.
Notre égoïsme va si loin que nous croyons, en temps d'orage, qu'il ne tonne que pour nous.
Héritage. La mort nous prend un parent, mais elle le paie, et il ne nous faut pas beaucoup d'argent pour qu'elle se fasse pardonner.
Vous êtes ici comme chez vous, mais n'oubliez pas que j'y suis chez moi.
L'arbre. Son ombre lui fait une queue de paon qui ouvre et ferme ses yeux de soleil, selon que le vent agite leurs paupières, les feuilles.
On gagne à être connu. On perd à être trop connu. Pourquoi mépriser le grand monde ? C'est l'aboutissement d'une marche ascensionnelle.
L'épée de Damoclès : la suspension à la mode du temps.
Le but, c'est d'être heureux. On n'y arrive que lentement. Il y faut une application quotidienne. Quand on l'est, il reste beaucoup à faire : à consoler les autres.
La patrie, c'est toutes les promenades qu'on peut faire à pied autour de son village.
Les absents ont toujours tort de revenir.
La vie est courte, mais comme c'est long, de la naissance à la mort.
Si plaie d'argent n'est pas mortelle, elle ne se ferme jamais.
Les défauts de nos morts se fanent, leurs qualités fleurissent, leurs vertus éclatent dans le jardin de notre souvenir.
Quand je pense à moi, c'est que je ne pense à personne.
Le cerveau qui s'en va, impossible de le retenir. C'est comme si un pissenlit voulait rattraper ses poils.
Il y a des gens qui retirent volontiers ce qu'ils ont dit, comme on retire une épée du ventre de son adversaire.
Un cerveau bien soigné ne se fatigue jamais.
Comme le souvenir que laisse un mort est supérieur à sa vie ! Il n'y a pas des déchets.
Ses idées ressemblent à des carreaux de vitres, entassées dans un panier de vitrier, claires une à une, et obscures toutes ensemble.
Au fond de tout patriotisme, il y a la guerre : voilà pourquoi je ne suis point patriote.
Le meilleur interviewer est celui qui dit que j'ai un oeil d'aigle et une crinière de lion.
Il y a des gens qui ne passent une bonne soirée au théâtre que s'ils peuvent dire : "C'est idiot".
La campagne se prête à toutes les divagations du rêve.
La morale est dans les faits, pas dans les sentiments. Si je soigne mon père, je peux m'amuser à désirer sa mort.
Le symbolisme. C'est toujours le "nous ferons route ensemble" des voyageurs qui partent en même temps. A l'arrivée, on se sépare.
Le scrupule, une maladie comme la paresse.
Chaque fleur attire sa mouche.
La vie mène à tout, à condition d'en sortir.
Dieu a fait l'homme avant la femme pour lui permettre de placer quelques mots !
La vérité vaut bien qu'on passe quelques années sans la trouver.
Il faut à l'amitié six mois de congé par an pour renouveler son répertoire. L'amour devrait en faire autant.
Que vous jetiez l'Océan ou un verre d'eau sur le trou d'une aiguille, il n'y passera toujours qu'une goutte d'eau.
Quel talent il faut pour écrire dans un journal ! 1° Prendre garde de glisser sur les épluchures et graillons de l'escalier qui monte au bureau de rédaction. 2° Plaire au garçon.
Laver son linge sale en famille en utilisant pour la lessive les cendres des aïeux.
Ne jamais rien faire comme les autres en art ; en morale, faire comme tout le monde.
Si l'on estimait sa famille on voudrait lui plaire, et, si l'on voulait lui plaire, on serait fichu.
Donnez la raison au loup, mais ne lui laissez pas la faim.
Passer sa vie à se juger soi-même, c'est très amusant et, au fond, ce n'est pas bien malin.
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