La mort est douce : elle nous délivre de la pensée de la mort.
Si, au lieu de gagner beaucoup d'argent pour vivre, nous tâchions de vivre avec peu d'argent ?
Une fois mariée, la femme se fane. Elle n'a plus ni jolité, ni coquetterie. Elle ne se soigne plus. Elle s'habille pour vivre dans l'arrière-boutique.
Les nuages sont comme les pensées, les rêveries, les cauchemars du ciel.
En amitié, quand on s'est confié ses secrets d'argent, ça tourne mal.
Le père et la mère doivent tout à l'enfant. L'enfant ne leur doit rien.
Le but, c'est d'être heureux. On n'y arrive que lentement. Il y faut une application quotidienne. Quand on l'est, il reste beaucoup à faire : à consoler les autres.
Quand je pense à moi, c'est que je ne pense à personne.
L'épée de Damoclès : la suspension à la mode du temps.
A la fin d'une longue discussion, nous arrivâmes à conclure qu'au fond il n'y rien de plus particulier qu'une idée générale.
Il faut que l'homme libre prenne quelquefois la liberté d'être esclave.
Notre égoïsme va si loin que nous croyons, en temps d'orage, qu'il ne tonne que pour nous.
Si plaie d'argent n'est pas mortelle, elle ne se ferme jamais.
La patrie, c'est toutes les promenades qu'on peut faire à pied autour de son village.
Le féminisme, c'est ne pas compter sur le Prince Charmant.
La vie est courte, mais comme c'est long, de la naissance à la mort.
Les absents ont toujours tort de revenir.
L'arbre. Son ombre lui fait une queue de paon qui ouvre et ferme ses yeux de soleil, selon que le vent agite leurs paupières, les feuilles.
Ses idées ressemblent à des carreaux de vitres, entassées dans un panier de vitrier, claires une à une, et obscures toutes ensemble.
On gagne à être connu. On perd à être trop connu. Pourquoi mépriser le grand monde ? C'est l'aboutissement d'une marche ascensionnelle.
Prends garde à cette phrase que tu vas écrire : des yeux de l'autre monde peut-être la liront. Il ne faut pas qu'elle y laisse un nuage trouble.
Héritage. La mort nous prend un parent, mais elle le paie, et il ne nous faut pas beaucoup d'argent pour qu'elle se fasse pardonner.
La peur de la mort fait aimer le travail, qui est toute la vie.
Le vrai ciel, c'est celui que vous voyez au fond de l'eau.
Le cerveau qui s'en va, impossible de le retenir. C'est comme si un pissenlit voulait rattraper ses poils.
Les défauts de nos morts se fanent, leurs qualités fleurissent, leurs vertus éclatent dans le jardin de notre souvenir.
Vous êtes ici comme chez vous, mais n'oubliez pas que j'y suis chez moi.
Il faut à l'amitié six mois de congé par an pour renouveler son répertoire. L'amour devrait en faire autant.
Le symbolisme. C'est toujours le "nous ferons route ensemble" des voyageurs qui partent en même temps. A l'arrivée, on se sépare.
Ronfler, c'est dormir tout haut.
Il y a des gens qui ne passent une bonne soirée au théâtre que s'ils peuvent dire : "C'est idiot".
Laver son linge sale en famille en utilisant pour la lessive les cendres des aïeux.
La plus extraordinaire femme qu'on ait jamais rencontrée est celle qu'on vient de quitter.
La vie mène à tout, à condition d'en sortir.
Quel talent il faut pour écrire dans un journal ! 1° Prendre garde de glisser sur les épluchures et graillons de l'escalier qui monte au bureau de rédaction. 2° Plaire au garçon.
La vérité vaut bien qu'on passe quelques années sans la trouver.
Quand on veut embrasser une femme frigide, on a l'air de vouloir écarter de la neige.
Le meilleur interviewer est celui qui dit que j'ai un oeil d'aigle et une crinière de lion.
Que vous jetiez l'Océan ou un verre d'eau sur le trou d'une aiguille, il n'y passera toujours qu'une goutte d'eau.
Chaque fleur attire sa mouche.
Au fond de tout patriotisme, il y a la guerre : voilà pourquoi je ne suis point patriote.
Le scrupule, une maladie comme la paresse.
Un cerveau bien soigné ne se fatigue jamais.
Appelons la femme un bel animal sans fourrure dont la peau est très recherchée.
Si l'on veut vivre d'une vie humaine extérieure et retentissante, il ne faut ouvrir que quelques fenêtres de son cerveau, et laisser fermées les autres.
La politesse exige que deux personnes qui se croisent lèvent ensemble leurs parapluies et s'accrochent.
La morale est dans les faits, pas dans les sentiments. Si je soigne mon père, je peux m'amuser à désirer sa mort.
Il n'y a là ni gaieté, ni philosophie. Il n'y a que de la tristesse mystérieuse, et de la douleur sans raison.
Il y a des gens qui retirent volontiers ce qu'ils ont dit, comme on retire une épée du ventre de son adversaire.
Toutes les pièces de théâtre ont fini par créer un monde à côté de la vie, qui se fait illusion à lui-même et finit par se croire vivant.
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