Désespoir, amour, gaieté. Qui a ces trois roses enfoncées dans le coeur a la jeunesse pour lui, en lui, avec lui.
Je trouve mes lectures dans la lumière du ciel. C'est le livre le plus profond qui soit - et ce n'est même pas moi qui en tourne les pages.
La vie est un cadeau dont je défais les ficelles chaque matin, au réveil.
Par le téléphone ne passe que l'anodin ou le tragique, le bavardage indéfini ou la mort abrupte. Entre les deux, rien.
Il nous faut devenir adultes pour comprendre que les adultes n'existent pas et que nous avons été élevés par des enfants que l'armure de nos rires rendaient faussement invulnérables.
La grâce ne chasse pas nos maladresses. Elle les couronne.
L'enfer c'est cette vie quand nous ne l'aimons plus. Une vie sans amour est une vie abandonnée, bien plus abandonnée qu'un mort.
Un livre est grand par la grandeur du désespoir dont il procède, par toute cette nuit qui pèse sur lui et le retient longtemps de naître.
Un homme sain d'esprit c'est un fou qui tient sa folie dans une poche de sang noir - entre le cerveau et le crâne, entre sa famille et son métier.
Tout le mal dans cette vie provient d'un défaut d'attention à ce qu'elle a de faible et d'éphémère.
Tu n'es jamais revenue. Ta voix tremble dans ma mémoire comme la lune dans un seau d'eau.
La vie écrit au crayon. La mort passe la gomme.
Aimer c'est aimer ce qui est simple, et donc mystérieux. Ce qui est compliqué n'est jamais mystérieux.
Avec le regard simple, revient la force pure.
Disposant un nuage dans le ciel, une orange dans une assiette, les peintres éclairent ce qu'il reste de jour dans le soir, inventent la juste distance qui permet à l'espace de s'ouvrir, et à l'amour de danser.
Le silence est la plus haute forme de la pensée, et c'est en développant en nous cette attention muette au jour, que nous trouverons notre place dans l'absolu qui nous entoure.
La comète de l'amour ne frôle notre coeur qu'une fois par éternité. Il faut veiller pour la voir. Il faut attendre longtemps, longtemps, longtemps.
Je t'ai toujours su inaccessible même dans la plus claire proximité. Je t'ai aimée dans ce savoir.
Sage, ce n'est pas une question de temps, c'est une question de coeur et le coeur n'est pas dans le temps.
Un peintre c'est quelqu'un qui essuie la vitre entre le monde et nous avec de la lumière, avec un chiffon de lumière imbibé de silence.
Les images vraies, les images pures de vérité trouvent asile dans l'écriture, dans la compassion de solitude de celui qui écrit.
Le fou c'est celui qui gagne les coulisses.
Où s'arrête la personne, ses contours, ses limites, où commence ce qui en elle est bien plus qu'elle, la douleur dans sa voix, l'innocence dans ses yeux ?
Cette vie nous est donnée, et avec elle nous est donné bien plus que ce qui nous sera repris le jour de notre mort.
La lecture du journal est une chose sérieuse, sans conséquence sur la vie comme toutes les choses sérieuses.
Car c'est être poète que regarder la vie et la mort en face, et réveiller les étoiles dans le néant des coeurs.
Le sommeil est un mystère et, en tant que tel, il touche la mort d'un côté, et l'amour de l'autre.
Il faut que le noir s'accentue pour que la première étoile apparaisse.
Nous n'habitons pas des régions. Nous n'habitons même pas la terre. Le coeur de ceux que nous aimons est notre vraie demeure.
Tout ce qui nous arrive nous survit ainsi, en souffrance dans l'espace. En attente. Echappant aux mots comme à l'absence de mots.
Quand on aime quelqu'un, on a des choses à lui raconter jusqu'à la fin des temps.
La parole est une denrée périssable, éphémère. Elle se teinte de toutes les circonstances de son apparition. Les mêmes mots, prononcés dans des lieux différents, ne sont pas les mêmes mots.
L'enfance est une chose étrange, à la fois adorable et exténuante, un trésor et un chaos.
L'oeuvre est achevée quand l'artiste est, devant elle, rendu à sa solitude complète.
Dans la mort le chemin devient d'un seul coup si étroit que, pour passer, on doit se laisser tout entier.
C'est toujours l'amour en nous qui est blessé, c'est toujours de l'amour dont nous souffrons même quand nous ne croyons souffrir de rien.
Etre amoureux, c'est souvent l'être "vaguement". Le flou est propice aux états sentimentaux.
Faire trop longtemps la même chose, au même endroit, à la même heure, cela rend vieux.
Certaines choses et certains êtres ont besoin de la distance qui les sépare de nous, et que cette distance demeure infranchissable. Ils y puisent leur nourriture.
Un jaloux ne peut trouver la paix que dans la mort de ce qu'il aime : là, enfin, il est sûr de ce qu'il possède.
Le travail des mères, c'est de protéger les enfants de la noire humeur des pères.
C'est cela l'état naturel de l'amour. C'est cela son état princier, la merveille de sa nature : attendre, attendre, attendre.
Rien de tel qu'un enfant pour vous mettre dans le bain du monde.
Le besoin de créer est dans l'âme comme le besoin de manger dans le corps.
Les hommes c'est comme tout le monde, les femmes c'est comme personne.
Ce qu'on sait de quelqu'un empêche de le connaître.
Les mères n'ont pas de rang, pas de place. Elles naissent en même temps que leurs enfants.
Avec la fin de l'amour, apparaissent les rois mages : la mélancolie, le silence et la joie.
Ce n'est pas l'encre qui fait l'écriture, c'est la voix, la vérité solitaire de la voix, l'hémorragie de vérité au ventre de la voix.
Il n'y a jamais plus de deux personnes dans une histoire. Il n'y a jamais plus d'un seul amour dans la vie.
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